Réponse à la coordination SAES/Université Thiès : Témoignages sur Aly Ngouille Ndiaye, une tête bien faite ( Par Aliou Diack)


Réponse à la coordination SAES/Université Thiès : Témoignages sur Aly Ngouille Ndiaye, une tête bien faite ( Par Aliou Diack)
Dans sa livraison N°4099 du jeudi 21 juillet 2016 et dans la rubrique textos en page 2, le quotidien « Libération » a reproduit pour ses lecteurs, une sortie au vitriol du Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES)» relative à la question d’une éventuelle remilitarisation de l’Ecole Polyttechnique de Thiès (EPT). Cette sortie était surtout dirigée contre M. Aly Ngouille Ndiaye, Ministre de l’Industrie et des Mines et M. Abdoulaye Sène, ancien Polytechnicien et enseignant, qui auraient eu le tort d’avoir fait part lors de la dernière semaine culturelle des élèves ingénieurs de l’EPT, de leur penchant pour un retour à une gestion de cette école d’élite par les militaires. 

Je voudrais avant tout rectifier certaines informations foncièrement erronées diffusées dans le journal er prêtées à la coordination/SAES de l’université de Thiès. Dans l’article il est dit ce qui suit, je cite : 
« La semaine culturelle des élèves ingénieurs de l’EPT a servi de prétexte pour 2 hôtes, anciens diplômés de I’EPT, Abdoulaye Sène et Aly Ngouille Ndiaye, pour faire l'apologie de la militarisation de I'EPT. Selon un communiqué de la Coordination Saes/Université de Thiès de poursuivre : «Mr Abdoulaye Sène, 1êre promotion de I'EPT, ingénieur à la retraite, ancien Président de l’Association des diplômés de I’EPT (ADEPT), s’adressant aux élèves, en vrai mégalomane, retraçait son parcours scolaire et professionnel en insistant sur les bienfaits de la militarisation, affirmant par ailleurs, que sous le règne militaire, il existait un statut pour le corps enseignant. 

Mr Aly Ngouille Ndiaye (promotion 1988), actuel ministre des Mines, ayant rempli les conditions minimales pour obtenir son diplôme d'ingénieur, a poussé le bouchon jusqu’à dire que «si cela ne tenait qu’à lui, le projet de militarisation serait signé». Pour le Saes local, «ces assertions démagogiques et gravissimes constituent la preuve irréfutable que ces sires, avec leurs acolytes tapis dans l’ombre, sont les vrais manipulateurs des élèves et les instigateurs des perturbations engendrées à I’EPT.» (fin de citation). 

Au-delà des passions soulevées, des invectives et des condamnations par le SAES/Thiès de ces deux personnes susvisées, je voudrais apporter d’abord quelques éclaircissements et précisions pour avoir été au cœur de la gestion de l’Ecole Polytechnique. J’étais en effet le chef du Département de Génie Civil de 1984 à 1988 (le premier Sénégalais à l’avoir été) et j’étais aussi le Professeur de la promotion à laquelle appartenait M. Aly Ngouille Ndiaye. 

L’assertion qu’Aly Ngouille Ndiaye aurait obtenu son diplôme d’ingénieur en ne remplissant que les conditions minimales, est totalement fausse ! Au contraire, et les notes que chacun peut consulter au département de génie civil de l’EPT, en attestent : Aly Ngouille Ndiaye était un crack parmi des cracks. Il était le meilleur en mécanique des Fluides et en Structures et béton armé, que je dispensais moi-même, le meilleur en mathématiques et Recherche Opérationnelle que dispensait le Professeur Oumar Dioume, et dans d’autres matières encore. Il est sorti avec brio major de la promotion de génie civil de 1988, avec la meilleure note globale toutes matières confondues. Je l’avais, pour cette principale, raison fait embaucher sans qu’il en fît la demande, à la Banque de l’habitat du Sénégal (BHS), où Abdoul Mbaye le Directeur Général d’alors tenait coûte que coûte à recruter des cadres Sénégalais d’excellence. M Ndiaye, ingénieur de conception a excellé à la Direction Technique de la BHS sous ma responsabilité, en gérant beaucoup de projets difficiles de construction de logements, depuis le montage technique et financier jusqu’à la réception des chantiers, en passant par les procédures d’appel d’offres et le suivi physiques des travaux sur site. 
Je peux donc en âme et conscience, témoigner, que l’ingénieur Aly Ngouille Ndiaye était le meilleur de sa promotion et fait partie des meilleurs ingénieurs de génie civil à un niveau international. Les anciens professeurs de M. Ndiaye peuvent certainement corroborer mes témoignages, ainsi que les nombreux polytechniciens et polytechniciennes partout présents dans les plus hautes sphères de l’état, dont Maïmouna Ndoye Seck, ministre du tourisme et des transports aériens (Première Polytechnicienne de l’EPT, promotion 1987 en génie mécanique), Abdou Ndéné Sall, secrétaire d’état chargé des réseaux ferroviaires, de la promotion 1986, pour ne citer que ceux-là. 

Concernant le statut des enseignants de l’EPT, je peux aussi témoigner qu’il n’a effectivement pas vu le jour sous la gestion des militaires, mais la faute ne leur en incombait nullement. C’était plutôt une option de blocage des autorités sénégalaises de l’époque, qui sous la pression d’intérêts étrangers, ne voulaient pas laisser prospérer un modèle anglo-saxon nord-américain, qui faisait pourtant partie des meilleures du monde et que nous avons fini d’adopter avec le système LMD (Licence-Master-Doctorat) dans nos universités. 

Je crois qu’il faut mener le débat de l’EPT avec beaucoup de sérénité et de responsabilité. Cette école qui a formé une élite d’ingénieurs africains de grande compétence, est la seule école d’ingénieurs dont les diplômes étaient reconnus aux USA, au Canada, en Allemagne etc, où ses diplômés pouvaient s’inscrire directement en cycle de Master puis Doctorat (PhD) sans avoir à faire des cours de rattrapage qu’on imposait à pourtant à beaucoup d’autres.. 

Sur la gestion des militaires, je voudrais juste en magnifier la qualité, la compétence, la visibilité et les excellentes performances avec des officiers de qualité exceptionnelle, en l’occurrence, le colonel Sidy Bouya Ndiaye, le général André Nelson et le général Lamine Cissé, que j’ai tous bien connus en tant que chef de département, professeur et souvent porte-parole des professeurs Sénégalais qui y professaient. Chaque fois que je retourne à l’EPT, j’éprouve un pincement de cœur et beaucoup d’amertume sur la dégringolade physique des infrastructures et des laboratoires. 

Toute la nation est interpellée pour sauver ce haut lieu du savoir. 

Pr. Aliou Diack 
Dr. es Sciences en Structures 
Ancien Professeur à l’EPT 
Ancien Chef du Département de Génie Civil 
Membre de l’Association Internationale des Ponts & Charpentes 
Ancien Directeur Technique de la BHS. 
Mercredi 27 Juillet 2016
Dakaractu




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