Rentrée politique Bës Du Niakk/Paris : Le pétrole et le gaz au centre des débats


Le premier café itinérant de la rentrée politique du parti de la refondation nationale Bës Du Niakk /Paris consacré à l’exploitation des ressources naturelles de ce samedi 22 octobre 2016 pour faire écho au débat national sur les découvertes récentes de pétrole et de Gaz au Sénégal, a tenu toutes ses promesses.
Le Secrétaire chargé de l’Orientation politique et de la Formation Saliou GOMIS, conférencier du jour, résumera l’enjeu en ces termes : « Il est tout à l’honneur de notre parti politique de participer au débat qui agite le landerneau politique Sénégalais sur des questions de fond, des questions d’avenir économique, tant il est important pour l’avenir du pays. Ceci afin de comprendre, se positionner, informer,  peser, faire des propositions, bref être des agents actifs de la préparation de notre avenir… »
Pour comprendre les enjeux pour le Sénégal, M. GOMIS a jugé utile de définir un certain nombre de concepts fondamentaux à la prise en main du débat par les citoyens que nous sommes, premiers concernés par l’avenir du Sénégal. Ces notions clés que sont respectivement : ressources naturelles, développement durable et externalités sont importants pour la mise en place des différents mécanismes de préservation des ressources pour les générations actuelles et futures.
En effet, sachant qu’il faut des milliers d’années pour qu’elles se reconstituent, les ressources non renouvelables sont des ressources limitées. On les appelle également les énergies fossiles (pétrole (35% de la demande mondiale d’énergie primaire), charbon (24% de la demande mondiale d’énergie primaire), gaz (21% de la demande mondiale d’énergie primaire),… car elles proviennent de la terre et leur fabrication se déroule sur des temps géologiques.
Environ 80% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile. Les énergies fossiles sont principalement utilisées pour le chauffage, les transports et l’industrie. Leur combustion est polluante et responsable de l’émission de gaz à effet de serre et du réchauffement climatique.
Il reviendra ensuite sur le concept de développement durable selon le rapport Brandland rédigé en 1987 par la commission mondiale pour l’environnement et le développement des NU, :
« Le Développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs… »
Il citera en application de cela, les propositions de l’ONG OXFAM qui préconise le modèle Ghanaéen en matière de prise en compte des générations futures dans l’exploitation des ressources énergétiques non renouvelables. Le Ghana est doté d’un fonds pour les hydrocarbures dont les recettes sont automatiquement affectées à l’agriculture et à l’éducation.
Il dira que la fiscalité que Dakar veut imposer aux compagnies pétrolières doit intégrer une volonté de taxer les externalités négatives pour le réinvestir en partie dans la préservation des aires marines.
Revenant sur l’urgence et la nécessité de préparer des ressources humaines ayant une expertise pointue en matière juridique et fiscale, économique et environnementale, il a donné les propositions du président de l’ITIE (initiative pour la transparence dans les industries extractives du Sénégal) Ismaila Madior FALL qui demande de préparer des ressources humaines ayant une expertise pointue pour négocier les contrats avec les multinationales.
Abondant dans le même sens le professeur FALL a demandé la mise en place d’un cadre juridique incitatif, un code pétrolier, un code général des impôts et  des domaines attractifs pour les investisseurs mais rentable et intéressant pour l’économie nationale, sans oublier le développement des ressources humaines et du savoir pour les quelques 500 métiers du pétrole. Le conférencier rappellera que c’est dans ce sens que Pierre Goudiaby Atépa abonde en appelant le président de la république à accélérer la création d’une école des mines et d’une école du pétrole dans son interview à TFM du Samedi 22 octobre 2016.
L’exposant reviendra ensuite pour information sur l’historique de l’attribution des permis d’exploration à l’homme d’affaire australo-roumain Franck Timis, sur l’affaire opposant Franck Timis/ Aliou Sall à la coalition regroupant différents partis d’opposition Mankoo Wattu Sénégal. En reconnaissant que le débat posé par l’opposition est une chose saine pour la démocratie et que l’opposition est dans son droit de poser un débat pour demander des éclaircissements et réclamer de la transparence sur l’ensemble des dossiers autour de la découverte du pétrole et du gaz. Les membres de Bës Du Niak/Paris sont d’avis que pour une démocratie apaisée, les membres de la famille du président ne devraient pas se mêler de ce type d'affaires, ils demandent que toute la lumière soit faite.
Le débat a ensuite porté sur le développement du Sénégal  qui doit passer par la théorie dite "industrialisation en chaîne". Elle  consiste à développer les collectivités territoriales par une industrie forte localement ensuite le département puis la région et enfin une industrie nationale forte (globale). La chaîne ne doit pas être coupée pour que la production soit bénéfique pour chaque étape de la chaîne.
Sur l’indépendance économique, mythe ou réalité ? Les différents intervenants ont souligné la nécessité d’une monnaie nationale et d’un marché de taille régionale pour pouvoir amorcer le développement économique. Aujourd’hui le F CFA garanti par la banque de France n’offre pas la flexibilité nécessaire pour maîtriser la monnaie comme instrument de politique économique. Et de citer l’inventeur Sénégal Atta Diouf « On a jamais vu un pays se développer sans battre sa propre monnaie. »
Au terme d’un riche débat où les apports ont été de grande qualité, le coordonnateur du mouvement Bës Du Niak a clos le débat en remerciant les participants à ce café de la rentrée au parfum de pétrole et de gaz qui brûle déjà au Sénégal avant l’heure.
Samedi 5 Novembre 2016
Dakar actu




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