Remaniement ministériel : Les dilemmes du Président…


Remaniement ministériel : Les dilemmes du Président…
Ces derniers jours, des confrères ont fait état d’un éventuel remaniement ministériel  qui déboucherait sur la formation d’un gouvernement « Dionne II ». Bien que chassées par « Le Témoin », les rumeurs, telles des « selbé ndom » dans les pouvoirs discrétionnaires du président de la République, persistent et signent ! Au finish, nous sommes en mesure de confirmer que le président Macky Sall projette effectivement de remanier l’actuel gouvernement dirigé par Mahammed Boun Abdallah Dionne.  A tout le moins de réajuster l’attelage gouvernemental pour lui donner un nouvel élan d’efficacité, de solidarité et de solidité.  En effet, alors qu’il vient de fêter le troisième anniversaire de son accession au pouvoir et que l’économie piétine, pour ne pas dire ronronne, le président a besoin de secouer son attelage dans le sens d’y attirer des forces capable de tirer tous les wagons et autres charriots politiques (vides ou pleins)  désirant l’accompagner à la gare à l’enseigne « Présidentielle 2017 ». A l’image d’un aiguilleur ferroviaire, le président de la République s’active pour faire changer de rails tous ces wagons de l’opposition afin de les mettre sur les voies de la mouvance présidentielle, quitte à  les huiler pour les rendre silencieux. Il est vrai que, ces derniers temps, certains leaders de l’opposition en mal de légitimité ont profité de la crise politico-judiciaire née de l’affaire Karim Wade,  pour multiplier les attaques aux allures d’un appel du pied à l’endroit du pouvoir. C’est justement dans ce contexte que le président  de la République a décidé de remanier son gouvernement dans un sens que l’on qualifiera de plus politique. A en croire une source très bien informée,  il  devrait former un gouvernement de majorité présidentielle élargie à l’opposition.  Du moins à quelques « trouble fêtes » ou « trouble régimes » issus de l’opposition.  Le Président voulait que sa nouvelle équipe gouvernementale assiste à la cérémonie de prise d’armes du 4 avril prochain. Il semble que ce ne sera plus possible en raison de quelques imprévus liés notamment à la difficulté de pêcher des poissons suffisamment gros dans le camp du Pds. Ce de manière à déstabiliser cette formation. Certes, le remaniement tant annoncé est toujours d’actualité, mais le temps semble très  court à une semaine du 4 avril pour changer l’attelage gouvernemental.  Car, depuis le moment où le président de la République avait envisagé de remanier l’équipe exécutive, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts.  En effet, des ténors libéraux qui faisaient des appels du pied en direction du pouvoir, se sont brusquement — et étrangement — radicalisés.  Cela dit, le camp présidentiel ne désespère pas qu’avec la condamnation de  Karim Wade, qui a été désigné candidat du Pds à la présidentielle 2017, certains libéraux vont revoir leur position. Et, pourquoi pas, migrer vers la mouvance présidentielle dès lors qu’ils n’auront plus rien à gagner avec le Pds de Karim Wade. Ce serait alors l’occasion pour le président Macky Sall de leur ouvrir grandement les portes de Benno Bokk Yakaar, à défaut de celles de l’APR (Alliance pour la République). D’où, sans doute, la nécessité pour lui d’attendre encore  que les nuages politico-judiciaires qui brouillent la vue politique de certains cadres libéraux  se dissipent pour procéder à un remaniement ministériel. Et surtout un gouvernement ouvert à l’opposition. Attention ! Rejoindre la mouvance présidentielle ne veut pas dire intégrer forcément le gouvernement. Et le président de la République se voudrait sans équivoque sur ce point, selon notre source. Il est vrai que, dans le cadre de sa politique d’ouverture prônée depuis son investiture, le Président souhaite toujours travailler avec l’ensemble des forces politiques aux fins de promouvoir  la cohésion nationale et la paix politique.  Ce bien que cette  probabilité ne soit pas faite pour rassurer certains membres du gouvernement et autres alliés dont, on l’imagine bien, certains seront « sacrifiés » sur l’autel de la décrispation politique et de la réconciliation nationale. Comme quoi, c’est plus facile de gérer des amis ou alliés que de « domestiquer » des opposants-ennemis dont on ne peut avoir meilleur instrument pour les domestiquer qu’un train gouvernemental. 
Cela dit, en dehors de l’hypothèse des ministres d’ « ouverture », qui paraît bien improbable, on nous confie que certains ministres dont nous préférons taire les noms vont quitter le gouvernement pour laisser la place aux autres. Ce dont on est sûr, c’est que pour cause de loyauté jusqu’à l’implosion de son parti, l’Afp, M. Moustapha Niasse  devrait être récompensé par un portefeuille supplémentaire.  Ne serait-ce qu’un ministère-délégué. L’heure de l’ancien maire de Pikine, Pape Sagna Mbaye, aurait-elle sonné ? Ou alors celle du Dr Malick Diop, ancien maire du Point E ? Ce bien que ce dernier ait un strapontin avec la direction générale de l’Asepex (Agence sénégalaise pour la promotion des exportations). Bien qu’ils aient abattu un travail extraordinaire, mais pour cause de nécessaire pacification avec les syndicats d’enseignants, les titulaires des ministères de l’Education et de l’Enseignement Supérieur risquent  de migrer vers d’autres départements. Mais bon, tout cela, ce sont des spéculations !
 Les rumeurs et spéculations vont bon train dans les allées du pouvoir. Chaque audience ou réunion de conseil des ministres est scrutée et décodée avant d’être  interprétée. Mais une chose est plausible, compte tenu de la crise politico-judiciaire et, surtout, de l’affaire Karim Wade, un remaniement est dans l’air du temps. Toute la question est, dès lors, de savoir quand est-ce que le décret du président Macky Sall va tomber.

 "Le Témoin"
 
Dimanche 29 Mars 2015
Dakaractu




1.Posté par ndiaye le 01/04/2015 19:22
J'apprécie vos articles.



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