Relations tendues entre les autorités et les ONG (rapport)


Relations tendues entre les autorités et les ONG (rapport)
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (OPDDH) relève, dans un rapport publié vendredi à Dakar, des relations tendues entre le pouvoir et les ONG au Sénégal, des cas de harcèlement de journalistes et des mesures d’interdiction ou de répression de marches pacifiques.

Le 14ème rapport annuel de l’OPDDH a été présenté mercredi à New York (Etats-Unis). Il est intitulé : ‘’L’obstination du témoignage’’. Il a fait l’objet d’une conférence de presse régionale, à l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Dakar, vendredi.

Etaient présents Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), Yacouba Doumbia du Mouvement ivoirien des droits de l’homme (MIDH), Assane Dioma Ndiaye, président de Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) et d’autres défenseurs des droits humains.

Paul Nsapu, secrétaire général de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme devait aussi être présent. Mais, il s’est vu refuser l’entrée dans le territoire sénégalais et est retenu à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar depuis jeudi soir, selon ses confrères.

Ils signalent aussi que la douane sénégalaise détient, depuis le 19 octobre, des exemplaires en français de ce nouveau rapport.

Le rapport fait état de relations tendues entre le pouvoir sénégalais et la société civile en 2010. Les organisations de la société civile, selon l’étude, sont assimilées par les autorités à l’opposition politique. L’Etat du Sénégal a tenté de contrôler les activités des ONG, selon le document, qui annonce que des journalistes ayant dénoncé des actes de corruption ont été victimes de harcèlement judiciaire en 2010-2011.

Plusieurs manifestations pacifiques ont été interdites et réprimées, relève l’OPDDH.

A l’échelle continentale (Afrique), les auteurs du rapport dénoncent aussi le harcèlement dont sont victimes, selon eux, les personnes engagées dans la promotion d’élections équitables et transparentes.

Des dirigeants africains ont aussi restreint les libertés d’expression, de réunion, d’association et muselé toute voix dissidente ou fait arrêter ceux qui dénoncent les détournements impliquant les autorités, indique le rapport. L’OPDDH dénonce les actes multiformes de répression dont souffrent les défenseurs des droits de l’homme dans le monde.

‘’Chaque jour, avec leurs proches, ils subissent attaques et harcèlements, menaces et arrestations, détentions arbitraires, campagnes de diffamation, restrictions en matière de liberté d’association et d’expression...’’, relève l’étude.

Elle rend compte du combat des défenseurs des droits de l’homme dans 70 pays répartis entre l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, l’Asie, les Amériques, l’Europe occidentale, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale.

Le Printemps arabe a marqué, comme aucun autre événement, la période couverte par ce rapport annuel de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, selon les auteurs du document.

Le rapport est préfacé par Aung San Suu Kyi, femme politique birmane et Prix Nobel de la Paix, Stéphane Hessel, ancien diplomate français et auteur du livre ‘’Indignez-vous !’’.

‘’Et partout, le respect des droits fondamentaux a été placé au cœur des revendications des populations. Ce n’est pas à un +choc+ prédit des +civilisations+ que nous avons assisté, loin s’en faut !’’, écrivent-ils dans leur préface.

’’Ces mouvements ne se sont pas nourris de revendications identitaires, religieuses ou culturelles, mais des principes inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme : la justice sociale, les libertés fondamentales – expression, association et réunion pacifique, le droit à la dignité... ‘’, soulignent les préfaciers de l’étude, parlant des vagues de mécontentement qui ont écarté du pouvoir plusieurs leaders des pays arabes.

‘’C’est pour cette seule raison et au moyen des nouvelles technologies de l’information, véritables armes de ces révolutions aux mains d’une nouvelle génération d’+indignés+ que le message a pu résonner par-delà les frontières’’, ajoutent Aung San Suu Kyi et Stéphane Hessel.

‘’Pouvait-on donner plus belle leçon d’universalité, à l’heure où les particularismes culturels sont utilisés comme autant de prétextes pour justifier des violations des droits de l’homme, notamment à l’encontre des populations les plus vulnérables ?’’, questionnent-ils.


( APS )
Vendredi 28 Octobre 2011




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