Relations avec l'opposition : Pourquoi Wade a échoué pendant 12 ans


Relations avec l'opposition : Pourquoi Wade a échoué pendant 12 ans
L’un des faits marquants des douze ans de règne de Me Wade aura sans doute été ce jeu de cache-cache entre le pouvoir et l’opposition. Pour ne pas dire un dialogue de sourds caractérisé par la vingtaine d’appels de Me Wade qui ne sait plus par quel bout prendre Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Bathily et compagnie. Si vers les années 2007, l’opposition semblait prête à dialoguer en posant des conditions draconiennes, ce n’est plus le cas depuis le 23 juin.

Ceux qui sont chargés de comptabiliser les appels au dialogue ou à la collaboration lancés par le chef de l’Etat vont ajouter un autre trait à leur tableau. Ils en sont peut-être au 22e. Et c’est toujours ou presque la même réponse à quelques différences près. Mais cette fois-ci, l’appel lancé par Me Wade invitant Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse à venir le rejoindre dans le gouvernement, relève tout simplement du ‘ridicule’ ou du ‘délire’ pour parler comme Hélène Tine, le porte-parole de l’Afp. En effet, Wade sait mieux que quiconque que la seule déclaration qui importe actuellement à l’opposition, c’est de l’entendre dire qu’il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2012. C’est d’ailleurs ce que Bennoo Siggil Senegaal avait signifié au groupe des six (G 6) qui tentait de renouer le fil du dialogue entre le pouvoir et l’opposition en juillet dernier. Et Me Wade fait comme si Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng qu’il appelle dans le gouvernement ne font pas partie du groupe qui a remis au G 6 ses conditions sine qua none pour un dialogue entre le pouvoir et l’opposition.
‘Nous avons bien précisé que, si le dialogue doit s’organiser, ce ne sera ni avec la société civile, ni avec Bennoo Siggil Senegaal, mais avec le Mouvement du 23 juin. Et nous leur avons signifié que le peuple s’est exprimé le 23 juin de façon très nette et le pouvoir en a tiré les conséquences en retirant son projet de loi. Après cet événement rempli de symboles, on attend que Wade s’exprime en envoyant un signal fort au peuple, mais également par rapport à notre plate-forme qui tourne autour du retrait de la candidature de Me Wade à la présidentielle’.

A cette revendication, Me Wade avait fermé les oreilles en proposant autre chose. ‘Je suis dans les mêmes dispositions pour ouvrir un large et sincère dialogue avec l’opposition, la société civile et d’autres forces vives de la Nation, pourvu que ce soit dans un cadre républicain. Aux leaders de l’opposition en particulier, je voudrais dire que sous réserve du respect des prérogatives du Chef de l’Etat, je suis prêt, comme toujours, à entamer un dialogue qui n’exclut aucun sujet’, avait lancé Me Wade le 14 juillet dernier lors de sa première sortie après les évènements du 23 et 27 juin. Et comme le récent appel adressé à Niasse et à Tanor, Me Wade se disait ‘même prêt, au-delà des questions purement électorales qui ont déjà réuni un large consensus sur le fichier et le processus électoral, à associer l’opposition à l’exercice du pouvoir’. C’était beau. Mais l’opposition avait estimé que ‘Abdoulaye Wade n’a pas parlé aux Sénégalais mais à son camp. Il est resté sourd au message que le peuple sénégalais a voulu exprimer le 23 juin 2011’.

Ce qui fait dire à l’opposition que les appels au dialogue du chef de l’Etat ne sont jamais sincères. Car en 2007, au sortir de la présidentielle contestée, l’opposition était d’accord sur le principe du dialogue politique, mais le pouvoir a préféré un dialogue épistolaire qui a fini en queue de poisson.

En avril 2010, Wade était pourtant très proche de réussir ce dialogue entre pouvoir et opposition. Mais en quelques mois, il a tout fait foirer. En effet, alors que le pouvoir et l’opposition avaient convenu de la désignation de Serigne Abdou Aziz Sy Junior comme médiateur devant faciliter le dialogue, Me Wade, un beau jour nomme son Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye pour prendre langue avec Bennoo Siggil Senegaal. Un doublon qui n’arrange pas les choses si l’on sait qu’avant Souleymane Ndéné Ndiaye et Abdou Aziz Sy Junior, le Président Wade avait nommé un ministre chargé des Affaires politiques en la personne de Serigne Mbacké Ndiaye qui s’était fixé comme mission de réconcilier le pouvoir et l’opposition.

Mais dans ce dialogue des sourds, Bennoo Siggil Senegaal n’est pas exempt de reproches. Cette coalition a parfois posé des conditions draconiennes qui ressemblent même à certains égards à de la provocation. C’est le cas quand en juillet 2009, Niasse Tanor, Dansokho, Bathily et consorts ont pesé comme conditions préalables au dialogue la reconnaissance par Me Wade des conclusions des Assises nationales, la dissolution du Sénat, de l'Assemblée nationale et du Conseil économique et social. Une requête qu’ils savaient d’avance difficile voire impossible à satisfaire. Et sauf miracle, Me Wade et son opposition ne se mettront pas de sitôt autour d’une table pour parler de l’intérêt du Sénégal et non de politique politicienne.

Georges Nesta DIOP

( WALF )
Vendredi 11 Novembre 2011




1.Posté par biba le 11/11/2011 11:19
Mon cher GEORGE en lisant ton article on sent nettement de quel bord tu te situe. On ne peut pas t'interdire d'avoir un penchant pour un camp fusse t-il l'opposition mais relate la véracité des faits. Ce qui est constant est que Wade a toujours montré ses dispositions au dialogue.

2.Posté par babs le 11/11/2011 11:20
Il'y a une réelle manque de volonté de la part de l'opposition qui ne veut surtout pas du dialogue. Mais s'agissant du président Wade il est ouvert au dialogue et le montre toujours. Tout l'effort qu'il fourni dans ce sens milite pour la stabilité du pays.

3.Posté par yahoo le 11/11/2011 11:20
Monsieur, le journaliste Wade n'a pas échoué dans sa mission pendant d'avec l'opposition pendant douze ans. La preuve il a réussi à maintenir la stabilité dans ce pays pendant toutes ces années. Malgré les menaces répétées des leaders de l’opposition.

4.Posté par bili le 11/11/2011 11:21
Un dialogue se fait entre deux personnes ou deux camp. La majorité en ce qui le concerne lance l'appel au dialogue et l'opposition sans conditions préalable doit pouvoir y répondre. Maintenant si elle est animée de mauvaise fois elle pose des conditions insensées

5.Posté par mor le 11/11/2011 11:21
Quand on vous appelle au dialogue et que vous dites à votre potentiel interlocuteur de divorcer d'avec sa femme avant que le dialogue ne se tienne c'est à se demander si vous êtes disposés à dialoguer. C'est ce que l'opposition sénégalaise a toujours fait

6.Posté par pythagor le 11/11/2011 11:22
Un président démocratiquement élu pour une durée bien déterminée, s'il appelle son opposition au dialogue c'est parce que il a le sens du partage. Maintenant si l'opposition est constituée de cancres elle se dit on tient le bon bout alors que ...............

7.Posté par black le 11/11/2011 11:22
Les conditions de Benno ont toujours montré l’absence véritable de leur disposition à aller discuté d'avec le président autour de l'essentiel. Ce qui les importe c'est d'être dans les médias, de toujours critiquer sans jamais proposer des solutions.

8.Posté par bira le 11/11/2011 11:22
"Il faut que le président annonce qu'il ne sera pas candidat avant toute discussion avec lui" voilà ce que l'opposition avait dit au Groupe des 6. Comment peut-on demander à un citoyen de renoncer à sa candidature (légitime) dans un pays démocratique avant toutes discussions?

9.Posté par kabila le 11/11/2011 11:23
Il a fallut que je termine de lire l'article pour me rendre compte qu'il est d'un journaliste d'un quotidien. Au début je pensais à une contribution d'un militant du PS ou de L'AFP tellement cet article est partisan. Mais il faut aussi se dire qu'il n'y a pas une grande différence entre ses partis et Walfadjiri.

10.Posté par bilal le 11/11/2011 11:23
Il est évident que dans cette presse sénégalaise il 'y a tellement de faux types qui sont à la solde de l'opposition. Vous perdez votre temps, votre jeu est découvert les populations ne vous accordent plus de crédit Wade est aimé par son peuple qui va le réélire en 2012



Dans la même rubrique :
Fidel Castro est mort

Fidel Castro est mort - 26/11/2016