Radicalisme et dialogue : « Nous devons être intransigeants sur nos valeurs afin de faire régner le dialogue » (Rudy Demotte)


Radicalisme et dialogue : « Nous devons être intransigeants sur nos valeurs afin de faire régner le dialogue » (Rudy Demotte)
L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD II) a accueilli dans le cadre de la quinzaine de la Francophonie, une conférence portant sur le thème : « La problématique de la migration irrégulière et de la Paix en Afrique francophone ». Une rencontre animée par le ministre-président de la Fédération Wallonie Bruxelles, sur le sous-thème «Radicalisme et dialogue».
 
Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, conférencier du jour,   a fait savoir que le radicalisme a un mal très profond, et que les attentats de Paris et de Bruxelles ont profondément bouleversé la manière de voir les choses. « La négation des dignités humaines nous préoccupe aujourd’hui. Les crises de la matérialité sont sources de tout débordement. Ce qui cause la perte des valeurs et la crise identitaire », a-t-il fait savoir.  Pour cela, il lance un appel aux autorités africaines de former les étudiants à la capacité de critiquer pour apporter des réponses positives à l’humanité. « Nous devons être intransigeants sur nos valeurs afin de faire régner le dialogue. L’université est interpelée dans la formation intellectuelle des étudiants », a fait savoir M. Demotte. Cette rencontre était organisée par le Secrétariat général de la Conférence des Ministres de la jeunesse et des sports de la francophonie (Confejes), en partenariat avec le Groupe des Amis de la Francophonie.
 
La menace terroriste se radicalise et la zone francophone reste la plus touchée, sinon paye un lourd tribut, avec des attaques perpétrées dans son espace en Afrique comme en Europe et au Moyen-Orient. Selon l’historienne Penda Mbow, et ministre-conseiller du président de la République sur la Francophonie, « Aujourd’hui il n’y a pas un espace plus touché par le terrorisme que la francophonie au cours de ces deux dernières années, où presque tous les pays (France, Belgique, Mali, Liban, Algérie, Burkina Faso) qui sont confrontés par ce fléau parlent Français ». Et d’ajouter : « Tous ces pays sont extrêmement importants pour cet espace même s’ils ont commencé à faire face à ce radicalisme », tout en indexant l’Organisation des nations unies (ONU) qui est incapable d’apporter des réponses à ce désarroi et cette angoisse existentielle.  « L’ONU doit appeler à une nouvelle réflexion dans tous les domaines pour apporter des solutions à cette crise civilisationnelle profonde que nous vivons, même si la francophonie est très bien placée pour essayer d’apporter des solutions à ce fléau », dira-t-elle. Elle a indiqué  également que les attentats du 11 septembre constituent le déclic de ce 21ème siècle, où des réponses sont attendues. Parlant de notre islam qui est « soufiste », la ministre-conseillère à la francophonie du président Macky Sall de souligner qu’elle « constitue une alternative à ce radicalisme ». Et de poursuivre : « Ce que nous devons faire c’est d’utiliser cet espace pour en faire une francophonie post-attentat, qui devra mettre l’accent sur comment lutter contre le terrorisme ».
 
Selon elle toujours, Il reviendra à la francophonie d’être plus audacieuse pour reprendre le flambeau et revenir au devant de la scène pour jouer son rôle. Penda M'bow s’exprimait hier en marge d’un conférence tenue sur « la problématique de la migration irrégulière et de la paix en Afrique  francophone » suivie d’une conférence-débat sur le « radicalisme et le dialogue ».
 
De brillants intellectuels, comme le recteur de l’UCAD, Ibrahima Thioub, le Pr Bacary Samb, directeur de Timbuktu Institute, l’ancienne ministre de la Femme sous l’ère Diouf, N'dioro N'diaye, ont pris part à cette rencontre de dimension planétaire.
Mardi 12 Avril 2016
Dakaractu




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