RÉFÉRENDUM DU 20 MARS : Il faut savoir raison garder (Par Modou Diop N'diaye)


RÉFÉRENDUM DU 20 MARS : Il faut savoir raison garder (Par Modou Diop N'diaye)
Dans un peu moins d'un mois les sénégalais vont se prononcer sur les propositions de reforme soumis au peuple par Monsieur le Président de la République. Par oui ou non, ils adopteront ou rejetteront ces propositions. Quoiqu’il arrivera cette situation aura fini de lever dans mon esprit le doute que les sénégalais sont un peuple exceptionnel. Mais autant notre peuple est exceptionnel, autant il est malade d’une frange considérable de ses élites. 
Reconnaître la clairvoyance du peuple sénégalais n’est pas un acte d’autoglorification. C’est un fait réel et incontestable qui nous est démontré tous les jours. Le Sénégal a un peuple de paix, c’est un peuple qui sait, dans les moments les plus cruciaux de son évolution, prendre les bonnes décisions. Le référendum nous en donnera la preuve. C’est un peuple courageux aux imbrications sociales, traditionnelles et religieuses uniques dans le monde. Nulle part ailleurs vous ne verrez autant d’humanité dans son organisation religieuse, sociale et coutumière. En cela notre peuple est une exception à prendre en exemple. 
Au milieu de ce peuple si humain et si généreux évolue une classe politique aux comportements ahurissants, aux antipodes des valeurs qui régissent notre société. Autrement comment devrait –on comprendre toute la rumeur entretenue par une frange de l’opposition et de la société civile sur la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Y-a-t-il une raison pour autant d’invectives, de hargne, de rage et de mots déplacés dans une Afrique ou ailleurs l’on cherche à se pérenniser au pouvoir, dans un monde ou nulle part, même dans les plus grandes démocraties, vous ne verrez un candidat proposer la réduction de son mandat ? A se demander finalement s’il ne s’agit juste que de politique spectacle.  
Il faut savoir raison garder ! 
Allez dire un Rwandais, à un congolais, à un ougandais, à un Burundais, etc… que l’opposition sénégalaise, ainsi qu’une partie de la société civile s’attaquent de manière si véhémente au pouvoir parce que le Président de la République de ce pays n’a pas réussi à diminué son mandat déjà entamé de 7 à 5 ans. Ils vous diront sans doute que notre classe politique fait dans le spectaculaire. 
Il faut savoir raison garder ! 
Ici et là, des hommes dont le comportement dans un passé récent a été aux antipodes de la morale, de l’honneur, de l’honnêteté et de l’éthique tout simplement, embouchent la trompette de la vertu et s’érigent en sentinelle de l’orthodoxie républicaine.  
Idrissa Seck pense-t-il vraiment pouvoir convaincre les sénégalais, en leur parlant d’honneur ? Omar Faye qui squatte tous les plateaux de télévisions, peut-il donner une leçon de vertu à quelqu’un ? Est-il admissible que des universitaires reconnus comme des constitutionnalistes avertis puissent prôner le non respect d’une décision ou avis d’une instance aussi importante que le Conseil constitutionnel, participant ainsi, en toute connaissance à l’affaiblissement de ce maillon fondamental de notre arsenal et de notre pouvoir judiciaire ?  
Notre pays est malade d’une bonne frange de ses élites. Chacun s’exprime à toutes les occasions comme si c’était lui-même le peuple. Le peuple ceci le peuple cela. Aucun d’eux n’est le peuple, sinon juste une infime partie de lui 
Tout ce qui est excessif est insignifiant. Un peuple mûr, imbu de sagesse et d’une grande responsabilité vous observe. Ne le sous estimer pas et donner lui la place qu’il mérite amplement. 
Cette levée de bouclier d’une frange de l’opposition politique et de la société civile qui met la question du mandat au centre du débat, participe juste de la gestion de carrières politiques de leurs membres.  
Cette question qui agitent tant notre élite politique et civile n’est qu’un problème périphérique pour l’écrasante majorité des sénégalais, face au règlement et à l’amélioration de conditions d’existence de nos compatriotes. 
L’homme d’Etat disait l’autre, se soucie des générations futures tandis que le politicien est juste préoccupé par la prochaine élection. 
Il n’est du pouvoir de personne, d’assurer que tout ce qu’il promet il le fera. L’important c’est d’en avoir sérieusement l’intention et de travailler à sa réalisation. 
La volonté du Président de la République d’approfondir et de moderniser notre modèle démocratique est incontestable. Elle est saluée en Afrique et fait de notre pays, une nation estimée et respectée dans le monde. 
Alors Messieurs !  
Sachons  raison garder ! 
  
  
Modou Diop Ndiaye 
Mardi 1 Mars 2016
Dakaractu




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