RDC : La défense des militants congolais arrêtés en mars embarrassée par le silence de la justice

Kinshasa - La défense de deux militants arrêtés en mars 2015 à Kinshasa s'est déclarée mercredi soir embarrassée par le silence de la Cour suprême de justice de la République démocratique du Congo, qui était censée rendre sa décision sur leur demande de remise en liberté


RDC : La défense des militants congolais arrêtés en mars embarrassée par le silence de la justice
La loi prévoit que la décision en matière de mise en liberté provisoire soit rendue dans les 48 heures en audience publique. Mais, dans le dossier qui concerne Yves Makwambala et Fred Bauma, on est au-delà de 8 jours (...) nous sommes dans l'embarras, nous ne comprenons pas ce qui se passe, a déclaré à l'AFP Me Venance Kalenga, un de leurs avocats.

L'attitude de la Cour est une forme de violation des droits civiques des gens, des libertés fondamentales des citoyens, a-t-il regretté, estimant que ses clients étaient en droit de connaître leur sort.

MM. Bauma et Makwambala, âgés tous deux d'une vingtaine d'années, sont poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

Ils avaient été arrêtés à Kinshasa le 15 mars 2015, lors d'une rencontre sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté, non-partisan et non-violent. 

Cette rencontre avait été présentée par les autorités comme une réunion terroriste, un qualificatif réfuté depuis par une commission parlementaire. 

Leur procès s'est ouvert il y a plusieurs mois et est suspendu à la décision de la Cour suprême de justice, qui avait annoncé le 7 mars qu'elle rendrait son verdict le 9 mars, avant de le reporter au 16 mars.

Mais les juges de la Cour suprême de justice ne se sont pas présentés mercredi, et n'ont pas fourni d'explication au public qui les attendait dans la salle d'audience.

La décision de remise en liberté conditionnelle d'un autre militant associatif - Christopher Ngoyi Mutamba, détenu pour atteinte à la sûreté de l'État et dont la santé est dégradée - attendue mardi, n'a pas non plus été rendue.

Arrêté le 21 janvier 2015, les autorités tiennent M. Ngoyi pour l'un des principaux organisateurs des émeutes contre le pouvoir de janvier 2015, dont la répression avait fait plusieurs dizaines de morts à Kinshasa.

On est déçu, quand la justice ne tient pas parole, ça devient suspect, s'est inquiété son épouse, Noella Ngoyi.

On a attendu toute la journée, les juges ne sont pas là, nous sommes déçus, surpris , a déclaré Ida Sawyer de la division Afrique de Human Rights Watch (HRW), espérant que la libération sera accordée aux jeunes activistes Fred et Yves mais aussi au défenseur des droits humains Christopher Ngoyi.

Le climat politique est très tendu en RDC alors que s'éloigne la perspective d'une élection présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année.

L'opposition soupçonne le président Kabila de vouloir demeurer à la tête du pays au terme de son mandat en décembre 2016, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.
Mercredi 16 Mars 2016
Dakaractu




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