Primaire : un débat, un perdant et des gagnants

Les sept candidats à la primaire à droite participaient jeudi soir à leur premier débat télévisé.


Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils s'étaient préparés: ils avaient bien révisé leurs chiffres, leurs punchlines, leurs propositions (forcément radicales), leurs priorités (toujours plus absolues). Globalement, à l’occasion du premier débat des sept candidats à la primaire à droite, chacun a eu largement l'occation de rappeler ce qu’il propose en matières économiques et sociales, avec parfois des lignes de fracture un peu techniques pour être intelligibles du plus grand nombre. Mais grosso modo un sacré paquet libéral, à coups de centaines de milliers de fonctionnaires en moins et des dizaines de milliards de dépenses publics supprimées. 



En matière d’immigration, d’islam, de terrorisme, de laïcité et de cannabis - autant de sujets parfois abordés pêle-mêle, chacun a campé sur son credo et Juppé n’a pas été mis en difficulté avec son horizon de «l’identité heureuse». C’était un enjeu important pour lui. La question des «fichés S» a, comme prévu, donné lieu autour de lui à un festival de surenchères, Sarkozy en tête. Mais c'est seuelement quand les affaires - et en particulier la mise en examen de Nicolas Sarkozy - ont été abordés, que l'ambiance s'est électrisée. Ah si, cela a aussi été le cas quand Sarkozy a tancé à Copé après que celui-ci eut affirmé avoir imposé au président au Premier ministre d'alors de légiférer sur le voile intégral, «incapable» qu'il en était a lancé Sarkozy à l'ancien président du groupe UMP. Lequel n'a pas tort quand il revendique la paternité de ce texte qui n'avait pas immédiatement convaincu l'Elysée.

Bouillir
S’il fallait désigner les gagnants et les perdants, Jean-Frédéric Poisson, le moins connu, a par moments (presque) cassé la baraque. Le plus souvent sans esbroufe ou surenchère. Favori avant le débat, Alain Juppé reste plus que jamais l’homme de cette primaire. Son principal challenger, Nicolas Sarkozy, sacrément moins à l’aise quand il est contraint de partager la scène, a souvent semblé bouillir (Jean-François Copé en a fait les frais) et il a régulièrement manqué de précision, comme s’il n’avait pas ce soir la «grinta» qu’on lui connaît souvent.

François Fillon a, lui, déroulé son credo de la rupture à la fois radicale et raisonnable, tandis que Bruno Le Maire a peiné à faire exister son «renouveau» pas toujours si neuf. NKM a, elle, affirmé crânement sa singularité sans trouver beaucoup d'adhésion chez ses concurrents, tandis que Jean-François Copé, étonnamment souriant pour un candidat crédité avant le débat de 1% dans les sondages et à d'autres moments diablement agressif, a joué le père fondateur de la droite décomplexée. Mais le maire de Meaux n’a sûrement pas réussi le numéro qu’il espérait. En fin de compte, un grand perdant: Sarkozy. Ce n’est pas avec cette prestation que l'ancien chef de l'Etat va faire vaciller Juppé, le grand gagnant de cette soirée. Deux autres débats sont prévus avant le premier tour du 20 novembre.
Jeudi 13 Octobre 2016
Dakaractu



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