Présidentielle au Gabon : La casse du siècle à Libreville


Présidentielle au Gabon : La casse du siècle à Libreville
‘’Les autocrates, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.’’ Il est tentant, après l'annonce ce mercredi de la ‘’réélection’’ du sortant Ali Bongo Ondimba à la tête du Gabon, de paraphraser, quitte à le retoucher à la marge, le fameux aphorisme dû à la gouaille du dialoguiste Michel Audiard. Bien sûr, la formule date un peu. De 1963, le millésime des Tontons Flingueurs de Michel Audiard, au temps où un certain Albert-Bernard Bongo -le futur Omar-, régnait sur le cabinet du président Léon Mba. Elle date, mais n’a pas pris une ride, du moins dans les corridors et les salons du Palais du Bord de Mer.
‘’Changeons ensemble’’ : le leitmotiv paradoxal d’ ‘’Ali 2016’’ renvoie quant à lui plus que jamais à l'adage du vieux prince de Lampedusa : ‘’Tout changer pour que rien ne change.’’ En tout cas, au rayon des modalités de confiscation du pouvoir.

Un bastion familial aux comptes douteux

Combinaison magique d’autant plus inepte que le bastion familial n’échappe pas, il s’en faut, aux tensions et querelles qui sapent l’assise du Parti démocratique gabonais (PDG), surgeon de l’ex-parti unique. Et que, à l’échelon du pays, l’abstention dé- passe les 40%. ‘’Difficile de faire croire ça, concède un membre pro-Bongo de la Commission électorale nationale auto- nome et permanente, cité par l’AFP. On n’a jamais vu des scores pareils, même au temps du Papa.’’ Dès lors, comment s’étonner que le président de ladite Commission ait obstinément refusé tout ‘’recomptage’’ bureau par bureau, procédé recommandé, entre autres, par les observateurs de l’Union européenne (UE) ?
Qui l’eût cru ? La compilation diffusée par l’équipe Ping accouche d’un tout autre dénouement: 57,3% en faveur de l’ancien patron de la Commission de l’Union africaine et ex-baron du PDG en rupture de ban, contre 40,4% à ‘’Ali’’. Dans un message transmis dans l’après-midi à Me Eric Moutet, l’avocat de Jean Ping pour la France, l’entourage de ce dernier certifie détenir le procès-verbal d’un huissier de justice assermenté dans lequel deux délégués de l’opposition siégeant au sein de la Cénap provinciale du Haut-Ogooué confessent avoir perçu 50 millions de francs CFA [76200 euros environ]. Butin à partager avec un troisième larron, pour prix de leur ‘’trahison’’.
Jeudi 1 Septembre 2016
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :