Présidentielle 2012 : Les propositions du candidat Talla SYLLA


Présidentielle 2012 : Les propositions du candidat Talla SYLLA
Une Education, une Santé et un cadre de Vie de Qualité pour Tous.

Pour un Vivre Ensemble dans la dignité individuelle et collective et au nom de la bonne gouvernance, nous jugeons fondamental de revoir la dimension sociale de notre politique sous l’angle de la Qualité et de l’Equité. Ma conviction est que la question de la satisfaction de la demande sociale incombe d’une part à l’Etat mais est également liée à la solidarité citoyenne et nationale qu’il nous faudra susciter, créer et organiser.

Nous croyons qu’un regard nouveau doit être porté sur les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’assainissement et de l’aménagement en axant notre politique sur le Qualitatif pour Tous.

La réflexion sur les questions d’éducation au Sénégal à travers les EGEF (états généraux de l’éducation et de la formation) de 1981 ou le PDEF (programme décennal de l’éducation et de la formation de 2000 à 2010) n’ont pas véritablement permis la révolution dynamique attendue. Les planificateurs et les chercheurs en développement de l’éducation reconnaissent unanimement que l’EDUCATION est une ressource en péril. La qualité est souvent médiocre, l’efficacité faible, la pertinence douteuse et le gaspillage significatif tandis que les buts et les objectifs sont souvent peu clairs. Pour rendre à notre éducation nationale son rôle et son rang, notre politique d’éducation s’articulera autour de deux axes majeurs : l’instruction et la formation. La formation socio-civique aura vocation à bannir de notre vie commune certains types de comportements qui constituent des goulots d’étranglement à notre propre avancement en générant de nouveaux types de comportement, de pensée et d’être. Pour cela, il faudra permettre à notre jeunesse de mieux s’imprégner de notre univers philosophique et moral durant son processus de scolarisation. Dès 2012, la réflexion sera ouverte sur les mécanismes d’intégration dans le processus de scolarisation de nos enfants des contes, énigmes, proverbes et mythes sénégalais et africains qui seront décodés pour leur permettre de s’approprier des valeurs et vertus fondatrices de nos Sociétés, de Notre Société et de notre modèle de vie.

Une chaîne de télévision nationale « Jeunesse » sera ouverte pour consolider ce processus éducatif. Des programmes d’éveil et de suivi pratiques, d’instruction civique et à la vie citoyenne seront proposés. Cet outil de communication promouvra également les initiatives « jeunesse » et permettra le débat entre jeunes autour de leurs participations et exigences pour la construction nationale et la préservation de notre modèle socioculturel de vie.

Le contenu et la qualité de l’Instruction de nos enfants devront être en phase avec le marché de l’emploi local et l’évolution du monde. Cela nécessite de prendre une série de mesures précises qui concerneront le personnel, les infrastructures et la qualité de l’Enseignement.

Pour le personnel :

Enseignement élémentaire et préscolaire

- Une généralisation de l’enseignement préscolaire (prise en charge actuellement à 80-90% par le privé) avec l’extension du réseau pour mettre très tôt l’enfant dans des dispositions d’éveil sur son environnement.

- Une clarification des objectifs de l’enseignement élémentaire qui doit permettre la maitrise de la langue officielle, de pouvoir transcrire au moins une langue nationale et d’asseoir le sens de la citoyenneté chez nos apprenants.

- Instaurer un recrutement unique sur concours et supprimer toute autre forme parallèle de recrutement surtout le quota sécuritaire.

- Créer un statut unique de l’enseignant.

- Amélioration de la formation des gestionnaires du système surtout les chefs d’établissement et revoir les critères d’attribution de ces postes de responsabilité.

Enseignement moyen et secondaire

Eriger des Centres Régionaux de Formation de Professeurs afin de décentraliser la formation et couvrir la demande.

Pour la qualité :

- Augmenter le temps d’apprentissage des élèves.

- Une réussite des apprenants comme critère objectif d’évaluation des enseignants.

- Renforcer la place de nos savoirs endogènes dans le processus de scolarisation de notre jeunesse.

- Politique d’incitation des acteurs du privé à recruter et pérenniser le personnel de leur secteur.

- Introduction de l’option d’orientation vers l’Enseignement Technique et Professionnel des élèves dès le 1er cycle secondaire en créant des opportunités de formations techniques dès la 3ème année du secondaire (menuiserie, mécanique, artisanat, hôtellerie, BTP etc…).

- Une adéquation entre enseignement technique et professionnel et les besoins réels du pays en termes d’emplois,

- Promouvoir une politique hardie d’édition de manuels scolaires en Français mais aussi en langues nationales (pour l’Alphabétisation en Langues nationales) et en Arabe.

- Développer un corps exclusif d’encadreurs et de conseillers pédagogiques de proximité.

- Rallonger de manière consensuelle la durée de la formation initiale des enseignants.

- Réformer les programmes d’enseignement dans le sens d’une adéquation formation/emploi.

- Aller résolument vers une réforme et une application de nouveaux programmes en phase avec l’évolution du Monde.

- Introduire l’outil informatique dans les Apprentissages.

Pour les infrastructures :

- Rationaliser la carte scolaire.

- Réfléchir sur un type de classe plus adapté et moins coûteux.

- Mettre en place un système de contrôle sérieux pour la construction et la réhabilitation des infrastructures scolaires.

- Définir une politique de réhabilitation et de maintenance systématiques des infrastructures.

- Résorption de tous les abris provisoires.

Pour la Gestion

- Au niveau du Ministère chargé de l’Education et de la Formation, favoriser la création de Directions Nationales pour réduire les coûts.

- Création d’une Direction de la Maintenance des Infrastructures Scolaires et Universitaires

- Aller dans le sens de structures d’encadrement et de contrôle à la base en créant des districts pédagogiques qui coïncident avec la division administrative la plus au bas de l’échelle administrative.

- Renforcer les capacités humaines et financières des collectivités locales dans la gestion de l’école.

- Décentraliser effectivement les moyens vers ces structures à la base dans une gestion concertée avec les Collectivités Locales.

- Favoriser l’implication des Collectivités Locales et des Parents d’Elèves dans la gestion du budget destiné à l’éducation, par un suivi et un contrôle participatifs, pour une gouvernance juste et démocratique.

Pour l’Enseignement Supérieur

- Généralisation effective des bourses de l’Enseignement supérieur et mise en place de procédures de paiement efficaces.

- L’assainissement du secteur de l’enseignement privé supérieur et la mise à disposition aux étudiants et aux parents de tous les éléments informationnels sur les diplômes et leur reconnaissance par l’autorité publique.

- Désengorgement effectif de l’université de Dakar par la délocalisation de certaines facultés vers d’autres zones de la région de Dakar. Ce système déjà pratiqué par d’autres pays d’Afrique ayant été confrontés aux mêmes contraintes d’engorgement de leurs universités a montré toute son efficacité. Il contribuera également à pacifier durablement le climat social au niveau de l’UCAD.

- Renforcement de l’équipement des CUR nouvellement crées (locaux, équipements pédagogiques, campus sociaux, accueil des étudiants…) et politique performante de recrutement d’enseignants-chercheurs afin d’assurer un suivi pédagogique efficace des étudiants.

- Développement au niveau des universités et CUR actuels de pôles de formation et de recherche spécialisés en adéquation avec les besoins actuels et futurs du Sénégal (Energie Solaire, NTIC…).

- Développer et appuyer le partenariat Entreprises Privées/ Laboratoires de Recherche pour le financement des travaux de recherche des Doctorants Chercheurs et Enseignants-Chercheurs.

Parler d’instruction et de formation de nos enfants nous oblige à nous intéresser à celles des enfants talibés. L’histoire récente a montré que trouver des solutions à ce phénomène nécessite concertation et courage mais également sens des responsabilités. Nous ouvrirons un débat national inclusif qui définira les solutions optimales pour éradiquer durablement de nos rues le spectacle des enfants mendiants. Les propositions qui en découleront seront appliquées avec responsabilité et fermeté dans le respect de nos traditions et des intérêts de la petite enfance.

Nous changerons de paradigme en matière de SANTE en faisant primer les soins de santé sur les dépenses de santé. Les dispositifs et mécanismes sanitaires seront adaptés aux spécificités territoriales et prendront en compte les aspirations des citoyens en matière de prévention, de soins et d’organisation. Les mesures qu’il me semble essentielles à appliquer si nous voulons une Santé de Qualité pour Tous s’articulent autour de :

1) La lutte pour une meilleure couverture sanitaire des plus vulnérables. Notre constitution biologique individuelle rendant certains de nous plus exposés que d’autres face aux risques sanitaires, il faut travailler à une prise en charge médicale totale des couches les plus vulnérables de notre société (enfants de 0-5 ans, femmes enceintes, handicapés, personnes du 3éme âge). Je veillerai à la prise en compte dans toutes nos politiques publiques (constructions, recrutement, aménagements du territoire, programmes publics de Santé…) des contraintes auxquelles font face les handicapés. Ainsi les programmes infrastructurels publics et d’aménagement urbain prendront-ils obligatoirement en compte l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Nous veillerons également à ce que les promoteurs privés intègrent dans leurs cahiers de charges la prise en charge de l’accessibilité.

2) La rationalisation de la carte sanitaire. Nous œuvrerons au redéploiement des moyens humains et matériels pour lutter contre les déserts médicaux par des mécanismes incitatifs (revalorisation salariale pour les spécialistes qui s’installent dans les zones où leurs spécialités sont faiblement représentées, prise en charge des frais d’installation et de déplacements...). À court terme, nous faciliterons la prise en charge pour les personnes vulnérables devant venir à Dakar pour des soins de spécialistes.
3) La mise en place d’un programme de dotation de chaque région d’un hôpital moderne fonctionnel avec présence de personnels sanitaires spécialisés grâce aux mécanismes incitatifs précités. Rendre fonctionnel dés début 2013 l’hôpital de Fatick et la maternité de l’hôpital Aristide Le Dantec.

4) L’Elaboration d’une nouvelle politique de subvention(s) dans la prise en charge de certaines maladies au traitement onéreux (dialyse…).

5) Renforcement de la prévention sanitaire notamment au niveau de l’éducation sanitaire à l’école et au collège mais également par le biais des média publics.

6) Création, avec les acteurs du secteur de l’informel, d’un système d’assurance maladie pour les travailleurs du secteur informel permettant d’améliorer leur prise en charge médicale (chaque travailleur une assurance maladie).

7) La création d’un fond de solidarité sociale indépendant pour apporter des compensations sectorielles et conjoncturelles pour une meilleure capacité et rapidité d’action en cas d’épidémie.

8) Par la coopération internationale, nous renforcerons la logistique roulante des régions médicales et des districts sanitaires (ambulances, véhicules de supervision et de liaison...).

9) Nous érigerons l’ENDSS en Institut Supérieur de Formation en Santé et Social (création d’un corps d’accueil des futurs diplômés en Master)

10) Nous renforcerons le niveau de formation des formateurs des établissements d’enseignement des soins infirmiers et obstétricaux au minimum au Master.
L’objectif d’offrir à nos concitoyens une santé de qualité pour tous passe nécessairement par un espace et un cadre de vie de qualité.

L’inflation notée dans les prix de l’Habitat particulièrement dans nos centres urbains sera maîtrisée par l’instauration de dispositifs réglementaires fixant les prix locatifs pour chaque type d’habitation en tenant compte de critères objectifs et en concertation avec tous les acteurs sociaux et de l’immobilier. La priorité étant l’accès à un logement décent pour les foyers à revenus faibles. Il s’agira également de développer une politique de logement social adaptée à toutes les couches sociales et à chaque ville en ramenant la SICAP ET l’ONHLM à leurs fonctions premières. Il est impératif de revoir les règles fiscales et financières relatives à l’urbanisme, au service d’une gestion raisonnée des ressources et de l’espace, d’investir dans les autres régions afin de réduire l’exode massif des populations vers la capitale et d’éviter les concentrations des populations dans des zones à risque.

Insalubrité, inondations, promiscuité sont des fléaux qui s’installent durablement en certains endroits de notre pays. De nouvelles politiques d’aménagement et d’assainissement publics viseront à éradiquer ces fléaux. La lutte contre les inondations passera par l’établissement d’un partenariat indispensable entre l’Etat, les collectivités locales et les populations. Il s’agira de définir ensemble des normes fiables, viables et rentables d’ « installabilité », de «constructibilité » et d’« habitabilité » permettant de mieux anticiper les problèmes liés à l’environnement écologique et trouver solutions à ceux auxquels nos concitoyens sont actuellement confrontés. Il faudra également concevoir des plans de reconversion et/ou délocalisation des zones inondées actuelles.

De façon décisive, l’Etat adoptera une politique d’aménagement cohérente du territoire national pour maîtriser l’ensemble du système hydrographique et hydro-géographique, l’évolution démographique et influer sur la mobilité des populations et l’évolution urbanistique de nos villes. Nous nous engageons à entamer de vastes chantiers de canalisation, de reboisement et de viabilisation de l’environnement immédiat des constructions habitables (parcs, espaces verts…).
La réalisation de ces propositions nécessite des moyens humains et financiers adéquats. Nous comptons créer un corps citoyen « JeuneSén » qui constituera un organisme de veille socio-économique par l’information, le suivi et l’accompagnement des grands projets publics dans le secteur de l’assainissement et de l’aménagement mais également de l’éducation et de la santé. Ils seront en relation directe avec les autorités étatiques déconcentrées (Gouverneurs, Préfets, Sous-Prefets) et les collectivités locales (communes, régions, communautés rurales).

La formalisation de notre projet de gouvernance économique permettra de définir les mécanismes de financement de ce programme « JeuneSén » ainsi que des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation que nous préconisons.

Pour un mieux-être palpable pour chaque Sénégalais !

Yokku Ba Yegko

Talla SYLLA

Candidat à l’Election Présidentielle sénégalaise de 2012
Mercredi 21 Décembre 2011




1.Posté par Ben le 21/12/2011 21:57
Bien! Mais l'Etat est trop présent à mon avis, ce qui ne favorise guère l'initiative individuelle ou collective.



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