Présidence de la commission de l’Union Africaine : Pourquoi le Professeur Abdoulaye Bathily doit batailler ferme pour gagner...


Abdoulaye Bathily, le candidat du Sénégal pour la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA) devra manœuvrer ferme, avec le soutien de Macky Sall, pour tirer son épingle du jeu à l’issue de l’élection prévue en janvier 2017.
Aujourd’hui, cinq prétendants se disputent le soutien des chefs d’Etat du continent. Depuis plusieurs mois, cette élection, qui devait se tenir en juillet à Kigali et qui a été reportée, donne lieu à des négociations feutrées dans les palais présidentiels ou les coulisses de sommets internationaux. Elle se prête à des alliances inédites et à des ruptures tout aussi inattendues, à des déclarations enflammées et à des coups bas.
Et pour cause : en jeu, la direction de l’organe le plus stratégique de l’organisation panafricaine.
Cinq candidats se présentent : quatre ministres des Affaires étrangères du Tchad, du Kenya, de la Guinée équatoriale et du Botswana ainsi qu’un diplomate intellectuel sénégalais (Bathily).
Et en ce mois de novembre, la machine diplomatique kényane est mobilisée pour promouvoir la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Amina Mohammed. Nairobi dit vouloir renoncer au poste de vice-président – qui lui revient depuis plusieurs années – et claironne avoir déjà recueilli les promesses de vote de vingt Etats d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe. Pourtant, les quinze ministres des Affaires étrangères de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont rappelé, en octobre, soutenir une autre candidate, la ministre des Affaires étrangères du Botswana, Pelonomi Venson-Moitoi.
Avec empressement et enthousiasme, la communication du gouvernement kényan n’hésite pas à annoncer que même l’Algérie, le Nigeria et la Sierra Leone s’apprêteraient à voter pour Amina Mohamed. A Marrakech, en marge de la COP22, le chef d’Etat kényan Uhuru Kenyatta n’a cessé de vanter les qualités de sa ministre. Son vice-président, William Rutto, a, lui, reçu un accueil mitigé lors d’une récente tournée de campagne en Afrique occidentale et centrale, notamment au Tchad qui, contre toute attente, a son propre candidat.
Le 21 octobre, le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mohamet, a en effet annoncé sa candidature. Au dernier moment, ce diplomate expérimenté est venu bouleverser l’équilibre de cette campagne et amoindrir les chances déjà faibles de son homologue équato-guinéen, Agapito Mba Mokuy, candidat issu de la même sphère géographique.
L’Afrique centrale a désormais deux candidats, même si Malabo n’exclut pas un compromis de dernière minute avec N’Djamena. Mais c’est en Afrique de l’Ouest que la candidature inopinée du chef de la diplomatie tchadienne a vraiment surpris. A commencer par le Sénégalais Abdoulaye Bathily qui pense pouvoir compter sur la majorité des chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, à l’exclusion de la Gambie de Yayah Jammeh, hostile à Dakar.
Intellectuel respecté, ancien ministre et représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale, cette figure panafricaniste de gauche qui a ses entrées sur le continent avait cru sur parole le président tchadien Idriss Déby lorsque ce dernier l’avait assuré de son soutien.
Par ailleurs, la Guinée, le Ghana et le Nigeria, trois poids lourds de la région, n’ont pas encore fait connaître leur choix. La soudaine apparition du chef de la diplomatie tchadienne sur la liste des prétendants à la présidence de la Commission de l’UA laisse apparaître des germes de division en Afrique francophone.
Ainsi, au Niger, le président Mahamadou Issoufou est confronté à un choix difficile : privilégier son ami de longue date, Abdoulaye Bathily, ou son allié, voisin et sauveur, le Tchadien Idriss Déby Itno qui avait accepté en juin de mobiliser près de 2 000 soldats pour combattre Boko Haram sur le sol nigérien. Si le président tchadien a fini par présenter l’un de ses proches à la dernière minute, c’est, selon plusieurs sources, sur pression d’une puissance africaine redoutée dans le Sahel : l’Algérie.
Pour Alger, la candidature d’Abdoulaye Bathily, adoubé par le président Macky Sall, est perçue comme un montage et un cheval de Troie du Maroc.
Lundi 21 Novembre 2016
Dakaractu



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