Présence d’antibiotiques dans les assiettes : L’Ascosen sensibilise les autorités


Présence d’antibiotiques dans les assiettes : L’Ascosen sensibilise les autorités
La célébration de la journée mondiale des droits des consommateurs, qui aura lieu ce 15 mars, est l’occasion saisie par l’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN), pour interpeller les autorités et sensibiliser les Sénégalais sur la présence des antibiotiques dans l’alimentation au Sénégal.
Le thème de cette année de la journée mondiale est « Non ! A la présence d’antibiotiques dans nos assiettes. »
 Au Sénégal, indique l’association de défense des consommateurs, les viandes de volaille représentent environ 22% de la consommation, la viande bovine 48%, les ovins et caprins 25%, le porc 5%. Toutefois, la production de ces denrées est soumise à des aléas économiques et sanitaires.
 « Afin de lutter contre les pathologies et améliorer leur rendement, les éleveurs utilisent, sous la responsabilité ou non des vétérinaires, des produits variés parmi lesquels, les antibiotiques occupent une place de choix », révèle t-elle.
 De nombreux éleveurs traitent eux-mêmes leurs animaux poursuit Momar N'dao et ses camarades. Alors que, légalement, seuls les vétérinaires et techniciens vétérinaires sont autorisés à délivrer les médicaments pour traiter les animaux.
Les traitements sont effectués à l’initiative des éleveurs (sans ordonnance) dans 60 % des cas. Les éleveurs ne sont que 45% à suivre un plan de prophylaxie. Parmi ceux qui suivent un plan de prophylaxie, seul, 66% le respectent.
 Cette utilisation non conforme et cette sur-utilisation des produits est en train de créer plus de bactéries résistantes aux antibiotiques et devient une réelle menace sur la santé publique dit Ascosen.
 Les bactéries résistantes transportées par les animaux de ferme peuvent se transmettre aux humains par la consommation de nourriture contaminée, le contact direct avec les animaux, ou par propagation dans l’environnement, par exemple dans de l’eau ou des sols contaminés.
Les résidus d’antibiotiques présents dans les viandes fraîches sont les traces de traitements antimicrobiens antécédents, dont le délai d’attente, la dose, la durée de traitement ou les modalités d’injection n’ont pas été respectées.
La présence de résidus d’antibiotiques dans les aliments a des conséquences directes sur la santé du consommateur à cause des résidus et de l’apparition de souches résistantes.
Ces bactéries résistantes provoquent de nombreuses infections qui sont beaucoup plus difficiles à traiter.
 L’utilisation, sans contrôle, des anti-infectieux, en général, et des antibiotiques, en particulier, peut conduire à la formation des résidus dans les produits issus de ces animaux, surtout, lorsque les délais d’attente ne sont pas respectés par les utilisateurs.
Les risques potentiels liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale sont de plusieurs ordres :
Risques cancérigènes (Nitrofuranes), risques allergiques (Pénicillines, Streptomycine), risques toxiques (Chloramphénicol), modification de la flore intestinale (Tétracyclines), sélection de bactéries résistantes aux antibiotiques (plusieurs antibiotiques sont concernés).
Aujourd’hui, l’antibiorésistance est de plus en plus observée au Sénégal, tant par les médecins que les vétérinaires.
Ce fait complique, considérablement, la tache des cliniciens et vétérinaires, réduit l’efficacité des traitements de première intention et, est à l’origine des échecs thérapeutiques observés par les vétérinaires et les Médecins.
C’est pourquoi, des investigations sur la présence des résidus dans les viandes commercialisées à Dakar ont été menées  par l’Ecole Inter-Etats des Sciences et médecine vétérinaires (EISMV) et l’Institut Pasteur de Dakar (IPD).
En 2003, le service de Pharmacie et Toxicologie de l’EISMV a entrepris une étude dont les résultats ont montré que 43% des échantillons contenaient des résidus d’antibiotiques à des taux dépassant parfois les limites maximales de résidus (L.M.R).
La même année, une étude effectuée par l’Institut Pasteur de Dakar, a porté sur 231 échantillons de viandes bovines, 228 échantillons de viandes ovines et 100 carcasses de poulets. Les pourcentages des résultats positifs ont été les suivants : 42 % chez les bovins, 11,4% chez les ovins et 3% chez les poulets.
Ces différentes études montrent que les résidus d’antibiotiques sont présents dans les viandes que nous consommons.
Dans notre pays, on constate que les résistances des bactéries aux antibiotiques, sont importantes.
Vu la très forte proportion de résidus détectés, et la présence de certaines molécules interdites, les conséquences sur la santé humaine sont préoccupantes.
C’est pourquoi, l’ASCOSEN interpelle les différents acteurs (pouvoirs publics, vétérinaires, éleveurs et  consommateurs) pour la mise en œuvre d’actions permettant de garantir la qualité et la sécurité sanitaire de ces denrées.
« Nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place un plan de contrôle permanent et systématique de la qualité des viandes pour vérifier la présence de résidus d’antibiotiques et détecter le résistances bactériennes ».
De même les autorités doivent surveiller, particulièrement, les pratiques lors de l’étape d’embouche des animaux, toutes espèces confondues.
L’Etat doit réglementer les conditions d'utilisation des antibiotiques qui ne doivent être autorisée que sous certaines conditions pour les animaux destinés à la consommation, recommande-t-elle pour finir.
                                                                                                             
Vendredi 11 Mars 2016
Dakar actu




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