Port de Foundiougne-Ndakhonga : Du rêve au cauchemar


Port de Foundiougne-Ndakhonga : Du rêve au cauchemar
A la veille de l’inauguration de la gare maritime du port de Foundiougne-Ndakhonga le 23 juillet 2015, je me faisais l’écho des populations du département de Foundiougne en publiant un texte sur les réalisations à mi-parcours du Président de la République dans notre contrée. Avec un enthousiasme triomphal débordant, j’ai énuméré un chapelet de réalisations allant, en plus de cette infrastructure portuaire, de l’acquisition des bateauxAguène et Diambogne, en passant par le butimage de la route Foundiougne-Passy, KeurWalyNdiaye-Sokone, la réalisation de pistes rurales (PUDC), l’adduction en eau potable des îles du Saloum, au choix du département, notamment le Niombato pour abriter l’UFR Environnement, Biodiversité, Développement durable de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima NIASSE. L’annonce de la découverte du pétrole au large de Sangomar et surtout celle du démarrage des travaux de construction du pont de Foundiougne en janvier 2017 sont venues couronner le tout. Avec toutes ces réalisations structurantes, nous hommes politiques et élus du département de Foundiougne, disions que nous n’aurions même pas besoin de battre campagne pour les prochaines échéances électorales, car le bilan plus qu’élogieux du Président allait se traduire en un plébiscite.
Mais voilà que les immenses espoirs suscités par cette infrastructure sont en train de fondre comme du beurre au soleil. En effet, le Ministre de la formation professionnelle et de l’Apprentissage, M. Mamadou Talla, a procédé ce 10/11/2016 à Ndakhonga, au lancement officiel du démarrage de la formation des jeunes aux métiers portuaires. Mais il faut le dire tout de suite, les populations du département de Foundiougne n’en reviennent pas en apprenant que sur les 300 jeunes retenus pour suivre cette formation professionnalisante, au plus sept(07), je dis bien sept (07) sont issus du département où l’infrastructure est pourtant implantée. La cartographie de la provenance des jeunes retenus dans cette formation révèle une injustice et une iniquité territoriale aux antipodes de la morale, qui frisent l’indécence devrai-je dire. Sachant que cette formation est préparatoire à d’autres recrutements de jeunes (on sait que des choses se passent dans ce domaine) qui viendront travailler dans ce port, il est évident que d’emblée, ceux du département  de Foundiougne n’ont aucune chance d’y exercer un travail décent. Comment en est-on arrivé à cette situation déplorable que nous ressortissants et surtout élus du département ne saurions cautionner, encore moins laisser passer ?
En effet, les populations de Foundiougne n’ont eu l’information relative au dépôt des dossiers de candidatures à la formation aux métiers portuaires à Fatick, qu’à trois jours de la clôture. Résultat, sur les trois milles et poussière demandes reçues par le service compétent, seule une infime partie provient du département de Foundiougne ; nos jeunes n’ayant pas eu le temps matériel de préparer leurs dossiers. D’ailleurs, pour l’essentiel, ils ont eu l’information bien après la clôture du dépôt des dossiers de candidatures. Evidemment, personne n’acceptera d’endosser la responsabilité de ce que nous populations du département de Foundiougne considérons comme un forfait, comme une main basse sur cette infrastructure implantée dans le territoire communal de Djirnda.
Nous élus du département, mandataires des populations, portons la voix de celles-ci, de celle des jeunes des départements de Foundiougne et de Gossas et de tout le Pôle Sine Saloum, pour exiger, pendant qu’il est encore temps, la rectification de cette forfaiture rampante. Nous ne saurions accepter de voir dans un futur proche, des gens issus d’autres contrées, faire la navette quotidienne entre le port et leur lieu proche de résidence, au moment où, les jeunes de Foundiougne, de Gossas, de Kaolack continuent de sombrer dans le désœuvrement. Mettez à l’aise, les autorités politiques du département, mettez à l’aise le 1er ministre dont les jeunes issus de son département sont apparemment zappés, ainsi que le Président de la République qui ne sera certainement pas content lorsqu’il apprendra ce hold-up. S’il vous plaît, ne transformez pas le rêve de toute une contrée en cauchemar ! Nous dénonçons avec la dernière énergie cet excès de zèle, car c’en est un. On a voulu certainement faire plaisir à Lycurgue, prince législateur, en lui casant toute sa clientèle politique au détriment des jeunes du département où l’infrastructure est implantée. Nous savons ce qui se passe et nous ne le cautionnons pas. Les recrutements déjà faits sont connus de tous. Vous êtes en train de rendre un mauvais service au Président en noyant dans les eaux du Saloum tout le travail qu’il a accompli dans notre beau département.
J’en appelle donc au sens des responsabilités pour corriger cette injustice. J’en appelle également à la mobilisation des élus du département, Maires, conseillers départementaux et municipaux des 18 collectivités locales de Foundiougne (communes de Foundiougne, Djirnda, Bassoul, Dionewar, Mbam, Soum, Djilor, Diagane Barka, Passy,Niassène, Nioro Alassane TALL, Diossong, Karang, Keur Saloum Diané, Toubacouta, Sokone, Keur Samba Guèye, Conseil départemental) et de tous les responsables politiques, notamment nous de l’APR, pour défendre la cause de nos jeunes. Leur avenir se joue sous nos yeux. Nous devons alors user de notre légitimité pour défendre leur cause. Exigeons l’intégration des jeunes issus de chacune des 18 collectivités locales du département dans cette formation qui démarre.
Mieux, nous devons exiger, l’implication effective des collectivités locales, notamment les départements de Foundiougne, Fatick et Gossas dans la gestion de cette infrastructure,conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution et du Code général des collectivités locales. En matière de recrutement, à compétences égales, priorité doit être donnée aux fils de la zone d’implantation de l’infrastructure.C’est une question de bon sens.
Messieurs, rectifiez le tir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Sinon…Magoumwaxoonnako, mo guënmagoumxamoonnako dit l’adage wolof.
 
Lamine SARR
2ème Secrétaire Elu du Conseil départemental de Foundiougne
Responsable politique APR, Commune de Mbam
Conseiller municipal à la Commune de Mbam
E-mail : lamsarren@gmail.com
 
Samedi 12 Novembre 2016
Dakaractu



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