Pogba a perdu l'étincelle


Pogba a perdu l'étincelle

Une Coupe du monde qui ne se déroule pas vraiment comme prévu. Arrivé avec un statut d’indéboulonnable du milieu de terrain, Paul Pogba n’a pour l’heure pas encore réussi à prendre la vague tricolore dans cette Coupe du monde. Après avoir manqué une partie du duel contre la Suisse, il n’a pas brillé contre l’Equateur. De quoi inquiéter.

Il est resté muet. C’est avec le visage fermé que Paul Pogba est passé en zone mixte. Le milieu de terrain de la Juventus Turin  a préféré ne pas s’arrêter. Peut-être pour ne pas dire de bêtise. Toujours est-il que sur le terrain, cela n’a pas tourné comme il l’aurait souhaité. Pas du tout même. Pourtant, à l’issue de la préparation, le meilleur lui était promis pour ce Mondial brésilien et Didier Deschamps devait même calmer les ardeurs le concernant.

Mais rien n’a tourné dans le bon sens jusque-là. D’impérial, il a glissé vers l’approximation. Un début de Mondial qui a même failli tourner au vinaigre face au Honduras avec une vilaine réaction qui l’a fait frôler la correctionnelle. Et si Evra s’est amusé d’un « La pioche, t’aurais pris rouge, on t’aurait tous mis une bonne baffe ! », cet événement a été marquant. Ses coéquipiers l’ont rappelé à l’ordre et il l’a peut-être un petit peu payé par la suite. D’ailleurs, Didier Deschamps s’est régulièrement montré assez dur avec lui en conférence de presse.

Et si l’on veut bien croire que le sélectionneur avait de longue date prévu d’installer Sissoko à son poste pour mieux bloquer le couloir face à la Suisse (5-2) avec le succès que l’on connaît, cela lui a sans doute fait mal de ne pas débuter contre Lichtsteiner et compagnie. La passe décisive offerte à Benzema sur le 4e but aurait dû lui faire du bien mais contre l’Equateur, il est passé au travers. "C’est un jeune joueur, il ne faut pas l’oublier. On attend souvent un peu trop de lui. Il faut le laisser faire, il a tellement de talent et de qualités. Il y a des moments où ça passe, d’autres ou ça passe moins. Mais il n’y a aucun problème, c’est quelqu’un qui peut nous faire gagner un match", plaide Blaise Matuidi.

On a tout de même eu le sentiment qu’il jouait avec le frein à main. Comme si à force de lui rabâcher de simplifier son jeu, de ne pas en rajouter, il n’avait pas réussi à tout mettre à l’endroit, perdant du même coup cette étincelle qui le rend habituellement si fort. Il a multiplié les mauvais choix et manqué deux opportunités majeures, la dernière en toute fin de match. C’est aussi lui qui prend un énorme vent par Montero sur le centre qui amène la tête d’Enner Valencia (41e) ou qui se fait bouger dans un duel avec le même Enner Valencia…

Avec 11 kilomètres au compteur et 7 frappes, ce n’est pas un souci de rendement mais bien d’efficacité. Matuidi a sans doute raison en expliquant que l’attente est parfois trop grande. C’est l’apanage des joueurs de son talent. Il doit vivre avec. Car il possède à la fois la technique et la capacité à trouer les lignes pour débloquer les situations et faire gagner un match. "Il est encore jeune, il lui reste des étapes à franchir, il ne faut pas perdre ce qui fait sa force", plaidait récemment Deschamps. Manifestement un petit tête-à-tête entre les deux hommes s’impose…

sport.fr

Jeudi 26 Juin 2014




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