Pertinence et fiabilité, régularité, éthique… : Les défis de la Cour des Comptes du Sénégal

La Cour des comptes du Sénégal, malgré ses performances par rapport aux autres institutions supérieures de contrôle, membres du Conseil régional de formation des organes de contrôle des finances publiques d’Afrique francophone subsaharienne, devrait relever un certain nombre de défis en termes de communication en direction de ses parties prenantes. Entre autres, Cheikh Lèye, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, a relevé hier à Yaoundé le défi de la pertinence et de la fiabilité, et aussi celui de la régularité.


Pertinence et fiabilité, régularité, éthique… : Les défis de la Cour des Comptes du Sénégal
La communication de la Cour des comptes en direction de ses parties prenantes, notamment la société civile, les médias, les entités auditées… lui a permis d’asseoir des relations de confiance fondées sur la mise à disposition régulière d’informations de «qualité». Ce faisant, elle peut se targuer de participer à la promotion de la bonne gouvernance financière et de la transparence dans l’utilisation des ressources publiques. Mais elle est consciente que beaucoup reste à faire, avoue le conseiller référendaire à la Cour. Faisant hier le diagnostic de la situation communicationnelle de l’organe de contrôle, Cheikh Lèye a identifié un certain nombre de défis à relever. Défis liés à la pertinence et à la fiabilité, à la régularité, à l’éthique et à l’appropriation. Autrement dit, de l’utilisation judicieuse des informations.  Le magistrat intervenait au Colloque international organisé à Yaoundé par le Conseil régional de formation des institutions supérieures de contrôle des finances publiques d’Afrique francophone subsaharienne (Crefiaf).

Sur le premier point, M. Lèye a expliqué que la Cour des comptes devra mettre à la disposition de l’Etat, du Parlement, des partenaires techniques et financiers du Sénégal et du public, à savoir les citoyens, la presse, la société civile… des informations fiables et pertinentes sur l’utilisation des ressources publiques, la sincérité des comptes publics et les résultats de l’exécution des lois de finances. Concernant la régularité, il a précisé qu’elle est essentielle d’une part, dans la production des informations, notamment des rapports, arrêts, entre autres, à mettre à la disposition des parties prenantes, et d’autre part, dans le respect de la périodicité de diffusion de cette information. La régularité, soutient le magistrat, est un élément clé dans la communication de la Cour. 
Quid de l’éthique et de l’appropriation ? Cheikh Lèye a souligné que chaque magistrat est d’une manière ou d’une autre un agent de communication de la Cour. A ce titre, il doit être suffisamment imprégné des objectifs et moments clés de communication pour éviter les abus, notamment une banalisation du travail de la Cour, à cause d’une présence intempestive dans les médias et surtout la diffusion sélective d’informations en faveur «d’amis» journalistes.  A son avis, la Cour des comptes et en particulier les magistrats doivent veiller à un traitement équitable de la diffusion de l’information en direction de la presse. L’équidistance de la Cour vis-à-vis des médias dans la diffusion des informations sera un atout fondamental pour la réussite du plan de communication. Tout écart nuit à l’image de la Cour et ruinerait sérieusement le succès du plan global de communication, a indiqué le magistrat dans son exposé portant sur le sous-thème «Communication et gestion des relations avec les parties prenantes : attentes, défis, expériences et leçons apprises de la Cour des comptes du Sénégal».
Les spécialistes de contrôle rappellent que la communication et la gestion des relations avec les parties prenantes figurent parmi les sept domaines clés d’évaluation de la performance des institutions supérieures de contrôle, selon le Cadre de mesure de la performance des Isc (Cmp Isc) élaboré par le Groupe de travail technique sur la valeur et les avantages des Isc de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (Intosai). Par conséquent, considèrent-ils, le développement adéquat de ce domaine par chaque Isc en tenant compte de son environnement politique, des institutions étatiques et de la législation en vigueur conditionne la capacité des Isc à faire la différence dans la vie des citoyens.

Le Quotidien
Mercredi 30 Mars 2016
Dakaractu




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