Pêche artisanale : La Banque mondiale inquiète du régime d'accès ouvert à la pêche au Sénégal


Le régime d'accès ouvert à la pêche artisanale au Sénégal comme dans de nombreux pays côtiers, contribue à la surexploitation des ressources marines clés et donc à la perte de gains, a fait savoir Julio Ricardo Loayza, Economiste, qui prononçait un discours ce matin au nom de Mme Louise Cord, Directeur des opérations de la Banque mondiale au Sénégal.
Il se prononçait lors de la cérémonie de clôture du projet régional de la pêche en l’Afrique de l'Ouest.
« Comme vous le savez, le poisson est la principale ressource pour les communautés côtières de pêcheurs qui font partie des plus pauvres et des plus vulnérables au Sénégal. Ce mode de vie, cependant, est menacé car les principaux stocks de poissons ont été surexploités en raison de la défaillance des systèmes de gestion conventionnels qui n’ont pas permis de gérer l'accès aux ressources marines ou de réduire la pêche illicite, évitant ainsi la reconstitution des stocks », dira t-il.
Et pourtant, selon l’économiste, la zone économique exclusive du Sénégal, une des plus riches du monde pour la pêche, représente une importante source d'opportunités si le Sénégal se donne les moyens d’une gestion innovante de la pêche, capable de gérer l'accès et de réduire le pillage des ressources halieutiques par les pêcheurs illégaux. Mais, ajoutera t-il « le régime d'accès ouvert à la pêche artisanale au Sénégal comme dans de nombreux pays côtiers, contribue à la surexploitation des ressources marines clés et donc à la perte de gains ». La conséquence en est la dégradation des ressources halieutiques et des pertes économiques. Aussi, devant la rareté des stocks de poissons, les pêcheurs prennent plus de risques en allant très loin de leur base de pêche, avec des coûts toujours plus élevés et, parfois, des conséquences dramatiques comme les 95 cas de décès en 2015.
Le gouvernement du Sénégal et toutes les parties prenantes ajoutera t’il devraient s’engager à continuer à promouvoir la gestion communautaire de la pêche comme un outil efficace pour contrôler et gérer l'accès à la pêche artisanale et de réduire la pêche illégale dans les zones de cogestion riches en ressources.
Le PRAO-Sénégal dont la date de clôture est fixée au 15 septembre 2016, est estimé à sept milliards deux cent millions (7 200 000 000) francs CFA dont six milliards sept cent cinquante millions (6 750 000 000) francs CFA assurés par la Banque mondiale. « La mise en œuvre du PRAO-Sénégal a également offert l’opportunité d’impulser des réformes essentielles pour le secteur comme la définition d’un nouveau permis de pêche artisanale basé sur les espèces, l’implication et la responsabilisation des acteurs dans la gestion des ressources halieutiques en relation avec les services étatiques », fera savoir le ministre.
Pour sa part, la coordonnatrice du Prao a informé que son organisation a obtenu d’importants résultats au niveau de la ressource qu’au niveau de la lutte contre la pêche illégale mais aussi dans le cadre de la valorisation des produits halieutiques. En matière de gestion durable des ressources halieutiques des importants résultats ont obtenu surtout dans le domaine de la cogestion des pêcheries, a indiqué Mariama Dalanda Barry. 
Mardi 6 Septembre 2016
Dakaractu



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