Passé/présent - Promesse d’un mandat de 5 ans : Niasse-Tanor, le reniement

Le Président Macky Sall n’est pas le seul à reconsidérer sa position sur la durée du premier mandat. Ses principaux alliés se sont aussi appliqués un wax waxeet. Opposants déterminés à en découdre avec le Président sortant, Abdoulaye Wade, Mous­tapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng et bien d’autres prétendants au fauteuil présidentiel promettaient et insistaient qu’ils feraient un mandat de cinq ans. Mieux, contrairement au candidat de Macky2012, ces deux challengers qui portaient en bandoulière la Charte de gouvernance démocratique des Assises nationales, déclaraient à hue et à dia qu’ils allaient assurer un seul et unique «mandat de transition de cinq ans».


Passé/présent - Promesse d’un mandat de 5 ans : Niasse-Tanor, le reniement
Niasse : « Si je suis élu, je serais un Président de transition pour un mandat de cinq ans »

Curieux peut-être de découvrir le président de l’Assemblée nationale répondre à la sollicitation d’avis du chef de l’Etat en ces termes diplomatiques : «Mettez la Constitution et votre serment au-dessus de toutes autres considérations.» Autre­ment dit, il invite Macky Sall à oublier son engagement qu’il n’a cessé de réitérer et à faire un mandat de sept ans, tel que mentionné dans la Consti­tution. Avant et après la validation des candidatures par le Conseil constitutionnel, le candidat de Benno siggil senegaal incarnait la transition recommandée à l’époque par les «Assisards». Il se proclamait d’ailleurs candidat des Assises nationales. Le 6 février 2012, devant les 49 partis et organisations de la société civile de sa coalition, il réaffirmait sa volonté d’appliquer le programme des Assises nationales. «Benno est une synthèse de la diversité dont l’objectif est de faire partir Abdoulaye Wade du pouvoir et de refonder la démocratie qui est une tradition sénégalaise et ce, durant un mandat de cinq ans», revendiquait-il. Dans un entretien diffusé par Rfi le 22 février 2012, le leader de l’Alliance des forces de progrès (Afp) insistait sur la détermination à manager le pays pendant un quinquennat, une fois au Palais : «Si je suis élu, je serais un Président de transition pour un mandat de cinq ans.» Ainsi dit, Niasse serait dans la peau de Macky. Autrement, comment pourrait-il s’appliquer le quinquennat pour le premier mandat ?

Tanor : «Je ferais un seul mandat de cinq ans. Pour le reste, je laisserais les nouvelles générations…»

Le secrétaire général du Parti socialiste n’entendait pas perdre des  points devant son rival politique historique. Se revendiquant aussi des Assises nationales qui ont tenu en haleine le pays durant le dernier mandat de Abdoulaye Wade, le candidat de la coalition Benno ak Tanor avait juré de s’appliquer un quinquennat au premier mandat. Il en avait fait un des thèmes de sa campagne. Le 1er décembre, jour du clash avec Moustapha Niasse dans le salon de Amath Dan­sokho, Tanor répétait ceci : «Le Premier ministre sera choisi par l’Assemblée nationale et qui a tous les pouvoirs gouvernants. Et je ferais un seul mandat de cinq ans. Pour le reste, je laisserais les nouvelles générations prendre le pouvoir et continuer le travail.» Il n’a pas attendu le lendemain de la déclaration du chef de l’Etat sur le maintien du septennat en cours pour dire : «A sa place, j’aurais fait la même chose.»

Latif : «Si je suis élu, je ferais un seul mandat de cinq ans pour redresser ce pays»

Candidat choisi par la coalition Benno alternative 2012 avant son désistement, Abdou Latif Couli­baly ne cessait de ressasser que le septennat était révolu dans le monde. Selon l’ex-journaliste, invité de l’émission de «Yoon-wi» de la Rfm, «les gran­des démocraties cherchent plutôt à instaurer un mandat de cinq ou quatre ans». Il a raison puisqu’à partir de 2019, ce sera 5 au lieu de 7 ans. Mais le candidat à la candidature est allé plus loin dans son idée le jour de son audition par le jury mis en place par Benno alternative 2012. Les murs de l’hôtel Ndiam­bour retiennent encore l’engagement de Latif : «Si je suis élu, je ferais un seul mandat de cinq ans pour redresser ce pays.» Profitant d’une tribune qu’il animait à Ziguinchor au lendemain de la publication de l’arrêt des 5 «sages» du vendredi 27 janvier 2012, validant la candidature du Pape du Sopi, M. Coulibaly accusait ce dernier d’avoir manipulé la haute juridiction. «La décision du Conseil constitutionnel a été négociée par le Président Wade», estimait-il. A l’épreuve du pouvoir, le Secrétaire général du gouvernement considère que le président de la République doit suivre le septennat indiqué par les 5 «sages». Il a lui aussi oublié ses 5 ans.


Le quotidien
Vendredi 19 Février 2016
Dakaractu




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