Participation et la concertation pour un dialogue social: deux piliers d'une gouvernance territoriale innovante au service d'une démocratie réconfortée au Sénégal (Mamadou GAYE)


Le 28 mai 2016, Son Excellence Monsieur Macky SALL Président de la République du Sénégal a organisé un dialogue social dans la salle des banquets du palais de la République. Les cinq points listés dans le corps du texte de son discours d'ouverture relève des éléments empiriques d'une approche territoriale pour une gouvernance différentielle.Les réflexions sur les processus et les mécanismes de régulation publique sont liées à la recherche d’autres modes de gestion alternatifs, renouvelés et ascendants contrairement aux démarches classiques descendantes d'un pouvoir central autocrate. Le concept de gouvernance territoriale, prônée depuis son accession au pouvoir en 2012, englobe à la fois les capacités d’implication et de mobilisation des acteurs territoriaux, des décideurs politiques et de la société civile pour leur propre prise en charge face aux enjeux ainsi qu'aux défis de développement territorial durable. Dans ce contexte, les modes de régulation publique suscitent de nouveaux changements de comportement et un maximum de décentrement au profit d’autres mécanismes aptes à gérer les réalités de la proximité territoriale. C’est dans cette perspective, révolutionnaire, innovante et basée sur une intelligence territoriale que les forces vives de la nation sont placées au centre de la dynamique des acteurs pour des actions collectives en étant en même temps des porteurs de projets territoriaux comme Faure (2001) l'a mis en exergue : « Incontestablement, le système sociopolitique traverse une tourmente territoriale de grande amplitude, tourmente paradoxalement confortée par les processus de globalisation qui s’appuie sur les dynamiques des réseaux de territoires et des dynamiques d'acteurs ». Les pouvoirs publics sont ainsi en face d’acteurs territoriaux dont les partis politiques, les réseaux d'affaires et les congrégations religieuses qui interrogent le pilotage centralisé de l’action publique (Duran, 2001).  Dans une perspective territoriale, comme prônée par le Yoonu Yokkute du Président Macky SALL, l’appropriation par les acteurs territoriaux et les communautés des principes et finalités du développement durable à l’échelle concernée est une nécessité. Le dialogue social à l'échelle du territoire national participe ainsi d'une vision territoriale et d'un leadership affirmé du Président dans ce domaine. L’approche territoriale du développement durable accorde aussi une place importante au respect de l'altérité, de la diversité, des cultures, des identités et des valeurs symboliques dans la formulation des politiques publiques et les arrangements institutionnels. Gilly et Pecqueur (1995) signalent que la gouvernance territoriale se démarque par les normes et procédures qui permettent d’apprécier les interactions entre les acteurs d’un territoire qui est un espace de cohérence où se développent des rapports basés sur la proximité géographique et institutionnelle. Nous définissons ainsi la gouvernance territoriale comme un autre mode d’action collective par une mise en commun des forces et des faiblesses économiques, sociales, politiques et environnementales d’un territoire dans la lutte contre les disparités socio spatiales. C'est ici qu'il faudra s'arrêter pour analyser le dialogue social avec les forces vives de la nation déclenché par le Président de République. Est-il possible de promouvoir un développement territorial durable sans une participation et une concertation des acteurs territoriaux?

A certains échelons territoriaux, les prises de décision ne sont plus entièrement concentrées entre les mains des décideurs étatiques. Les collectivités territoriales et les autres forces vives de la nation sont en partie responsables de la mise en œuvre de l’action publique au service des communautés de vie. La gouvernance territoriale, dans ce nouveau contexte, met en jeu le partage des pouvoirs entre des acteurs territoriaux (Brassard et Gagnon, 2000). Selon notre point de vue, c’est dans une dynamique collective des acteurs dans les bassins de vie que la complexité territoriale est mieux appréhendée. Pour Brodhag (1996), les mécanismes qui permettent des interactions entre l’État, les citoyens, les partis politiques, les collectivités territoriales et les organisations publiques comme privées sont importants mais ne suffisent pas pour l’atteinte d’objectifs de développement durable. « La participation est l’exercice et l’expression de la citoyenneté active et engagée sous trois dimensions : la participation démocratique aux débats dans l’espace publique et la participation sociale ou civique aux instances de base de la société civile par l’action des mouvements sociaux et associatifs au plan macro-social ou des communautés locales ».
De ce point de vue la notion de participation prend des formes renouvelées d’implication où l’inclusion de tous les acteurs comme un principe de justice sociale vers une gouvernance territoriale éprouvée. La gouvernance territoriale par le biais de la participation de tous les acteurs territoriaux à la prise de décision et à la formulation des politiques permet la définition d’espaces d’élaboration d’actions et de production communes (Pecqueur et al, 2005). Est-il possible de promouvoir une gouvernance territoriale sans une concertation entre l'État, les collectivités locales, les communautés et les autres acteurs autour des enjeux territoriaux? Dire non à la concertation et à la participation relève d'un manque de conscience territoriale pour un leader convaincu de l'approche territoriale du développement durable. Les espaces ruraux ou urbains sont soumis à des activités politiques, économiques, sociales et environnementales qui mettent en jeu des dynamiques de concurrence et des conflits d’usage qui interpellent les décideurs. La concertation est certes un terme flou, assez complexe qui relève d’une construction sociale d'ailleurs. Selon notre point de vue, la concertation stipule la volonté de l’acteur à participer aux discussions tandis que dans une négociation, certaines situations sont contraignantes ou forcées. Le dialogue social n'est pas du tout une négociation comme nous le pensons au Sénégal mais plutôt la mobilisation des processus de concertation permettant d’aller au-delà des intérêts politiques, personnels, ou des perceptions spécifiques des acteurs. Il facilite la mise en œuvre d’une opinion collective (Habermas, 1978). L’intérêt du dialogue social dans un territoire favorise la mise en œuvre de processus permettant de galvaniser l’action collective autour de préoccupations communes. Il est appréhendé ici comme une démarche de construction et d’organisation collective d’une innovation sociale. La concertation recèle une pertinence sociale dans la mise en réseaux de différents acteurs pas uniquement dans les lieux de concertation politique mais au-delà dans l’élargissement des possibilités de mise en synergie d’efforts solidaires dans la lutte contre les inégalités sociales existantes. Elle permet une mise en commun d’expériences diverses, de partage de savoirs, de savoirs faire et atténuent l’exclusion sociale dans un champ public partagé.
La concertation comme la participation sont des caractéristiques importantes dans l’acquisition de nouveaux comportements dans une perspective d’action collective dans un territoire en devenir. En dehors des appartenances politiques, j'exhorte mes compatriotes à une lucidité et un leadership territorial pour accompagner les échanges autour de l'essentiel dans l'ouverture et l'humanisme. C'est seulement par cette voie révolutionnaire que le Sénégal décollera vers l'émergence. L'avènement   du Yoonu Yokkute est certainement au centre du triptyque dialogue social entre tous les acteurs politiques, la clairvoyance économique avec la mise en œuvre de l'acte II de l'acte III de la décentralisation avec les 9 pôles territoire dans le pays, et le souci d'une gestion durable des ressources naturelles. sans exagération aucune, le Président Macky est le père fondateur des processus de gouvernance des territoires dans notre pays. Ni Senghor, ni Diouf, ni Wade, même s'ils sont brillants et de férus politiciens, ils n’y avaient pas réussi. Le Sénégal d'alors a vécu les plans quinquennaux dirigistes et centralisés. Maintenant nous respirons l'ère des territoires viables au service d'une émergence au bénéfice de tous. Revenons tous à de meilleurs sentiments et mettons nous dans une logique de débat public sain, responsable, inclusif et citoyen.
 
Mamadou GAYE
Analyste en développement territorial 
Mercredi 1 Juin 2016
Dakar actu




1.Posté par Babacar Diop le 03/06/2016 11:46
Excellent Mr GAYE Macky Sall doit vous couronner :)



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