Page Facebook de Abdou Khadre LO : CPI OR NOT CPI, THAT IS THE QUESTION.


Page Facebook de Abdou Khadre LO : CPI OR NOT CPI, THAT IS THE QUESTION.
La polémique sur la probable arrestation du président soudanais Omar El Bechir par les autorités sud africaines révèle quelque chose de complexe chez nous autres africains. Nous détestons nos chefs d’Etat lorsqu’ils se transforment en bourreaux sanguinaires et massacrent leurs concitoyens. En même temps, nous sommes prêts à les absoudre dès que la justice pénale internationale s’intéresse à eux. Quel paradoxe ! C’est peut-être, parce que la Cour pénale internationale (CPI) est perçue par beaucoup comme une « justice de blancs ». Beaucoup d’Africains qui étaient prêts à tuer à main nue Laurent Gbagbo ou Charles Taylor vivent mal qu’ils se soient retrouvés en Europe pour y être jugés. On dénonce avec force la politique du « deux poids deux mesures » de la CPI. Et nos dirigeants profitent bien de ce sentiment diffus chez nous pour lancer la contre offensive. Lorsque des poursuites ont été engagées par la CPI contre le président Uhuru Kenyatta, fraîchement élu au Kenya, Hailemariam Desalegn, président en exercice de l'UA de l’époque et premier ministre éthiopien, avait accusé la Cour de mener "une sorte de chasse raciale" contre les Africains. Ce sentiment n’est pas non plus fondé sur un fantasme. La CPI a ouvert des enquêtes dans huit pays, tous africains.
Pour moi, ceci remet à l'ordre du jour, et avec plus d'acuité, la nécessité de se doter d’un tribunal intra (ou inter) africain, avec des magistrats africains, en Afrique. Sur le modèle des Chambres africaines extraordinaires, mais avec des compétences élargies. Une sorte de tribunal permanent (et non plus ad hoc) que les citoyens africains et les victimes d'exactions pourraient saisir. Il se poserait néanmoins la question de son financement.  Je vois mal nos dirigeants financer un tribunal qui pourrait les faire juger plus tard. C’est donc la quadrature du cercle. En attendant cet hypothétique tribunal, et ne nous en déplaise, c’est malheureusement souvent chez nous, en Afrique, que nos chefs d'Etat tuent, torturent et persécutent leurs propres concitoyens. Il ne viendrait jamais à l'idée d'un Bush, Blair ou Sharon d'assassiner impunément leurs nationaux, comme ont pu le faire certains de nos dirigeants. Les exemples sont nombreux: Tchad, Soudan, Guinée, RCA, Burkina Faso, Gambie, Burundi… Oui, la CPI doit aussi s'intéresser aux crimes commis sur d'autres territoires, par d'autres dirigeants, mais cela ne doit en aucune manière exonérer les sanguinaires qui martyrisent leurs populations. Je n’éprouve aucune sympathie pour El Bechir et ne lui trouve aucune excuse. Il doit répondre des crimes commis au Sud Soudan, sur des soudanais. Je pense que pour les victimes et leurs familles, que cela soit à la Haye ou en Afrique n’est pas une question pertinente.
 
Abdou Khadre LO
DG de Primum Africa Consulting

 

Lundi 15 Juin 2015
Dakaractu




1.Posté par Abdoulaye Bilal Traoré le 15/06/2015 12:20
Cher M Abdou Khadre, avec tout mon respect, votre analyse de la question me semble souffler du chaud et du froid qui perdit le point Sud de la Mère.

2.Posté par Ibson le 15/06/2015 19:15
mon cher, tu es le véritable modèle des africains complexés, penses tu un seul instant à ce que sarkozy a fait à la libye, à ce que bush a fait à l'irak, l'afganistan, à ce qui se fait présentement en syrie, au yemen etc...
c'est vrai que nos présidents ont commis de bavures sur leur peuple, et maintenant quel sort est réservé à ceux qui vont le commettre sur un peuple étranger?
alors arrêtez de nous tympaniser avec ce cercueil de CPI. Nous africains nous sommes malheureux et le plus marrant est que ce sont nos soient disant intellectuels qui devraient servir de flambeau pour éclairer la marche de nos peuples qui réfléchissent comme ça. Ou se trouve notre indépendance, notre liberté quand un tribunal peut se permettre de commanditer l'arrestation d'un président en plein exercice. c'est en afrique seulement de cela est tenté. alors réveillez vous messieurs et mesdames.

3.Posté par Yacine le 15/06/2015 21:44
Ibson ce n'est pas la faute de Abdou Khadre s'il te montre le ciel et que tu regardes son doigt. Tu es certainement trop bete pour comprendre ce qu'il dit. C'est vrai qu'il n'est facile d'etre à son niveau.

4.Posté par mamadou ndiaye le 15/06/2015 22:26
On a beau invoqué le fait que les pays Africains sont signataires du Traite de Rome let qu'en le faisant ils savaient bien quelles étaient leurs obligations mais le constat est que cette cour ne fonctionne pas sur la base de l’équité
A preuve ils y a combien de dossiers pendants à la CPI et jusqu'à présent seuls les dossiers concernant les Africains sont traités.cette promptitude d’ailleurs à traiter les dossiers Africains .et surtout ceux concernant les Africains au Sud du Sahara est suspecte.Et à chaque fois c’est des nègres de service qui animent les pseudo organisations des droits de l'homme qui montent au créneau pour servir de caisse de résonance cette Cour qui a cessé depuis longtemps de convaincre.Et croyez moi ,si elle ne change pas son mode opératoire tinté de racisme et de xénophobie elle mourra bientôt de sa belle mort .Et d'ailleurs si crime de masse est crime de masse qu'elles qu'en puissent être les mobiles , nous voudrions bien savoir pourquoi les crimes de la pègre qui se comptent en dizaines de milliers de morts par an n'entrent pas dans le champ de compétence de la CPI?



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