PROCESSUS DE LIQUIDATION POLITIQUE D’AÏDA MBODJ - La Golipam dans sa phase médiane avec la fermeture imminente de Bambey-Fm.


Le 03 Avril 2016 à Bambey, prenait effet une entreprise politique censée apporter une forte réplique à Aïda Mbodj. Des responsables politiques de l’Apr et quelques alliés avaient, sans le dire de manière formelle, envisagé de prendre une série de mesures capable de réduire la lionne de Bambey à « sa plus simple expression ». 
La Golipam ou Grande Offensive pour la Liquidation Politique d’Aïda Mbodj était ainsi mise en branle. L’assaut s’articulait autour de quatre axes. Le premier requérait l’audit de la gestion des fonds alloués au conseil départemental, le deuxième visait la défenestration d’Aida Mbodj de la tête de ce conseil pour cumul illégal de mandats, le troisième annonçait la fermeture de Bambey Fm considérée comme une arme politicienne de la députée et le dernier avait pour ambition d’annihiler sa suprématie au niveau du département et de la commune. Aujourd’hui, un des quatre objectifs est atteint alors que deux autres sont en passe de l’être. La Golipam déroule fort.
 
AÏDA MBODJ PERD UN POINT DÈS LE 22 AVRIL
Dix-neuf jours seulement après le déclenchement de la Golipam, l’un des axes essentiels de l’offensive était atteint. Aïda Mbodj est démise de ses fonctions de Présidente du Conseil départemental de Bambey pour cumul de mandats. La décision lui a été notifiée par Abdoulaye Diouf Sarr, la veille.  On n’en parle pas trop, mais c’est automatiquement près de 2 millions de francs qui sont ôtés des avoirs financiers de la responsable politique. A Bambey, ses partisans minimisent l’incidence financière de la décision de l’Etat du Sénégal et se concentrent sur le caractère « abusif et illégal » de la mesure. 
Non contentes de réussir l’acte 1, des voix s’élèveront une à une pour réclamer un audit de la gestion. L’on peut mentionner, en passant, la remarque faite, à ce propos, par le maire de Réfane. Djibril Thiaw disait : « le compteur réalisation d’Aïda Mbodj affiche encore zéro malgré les millions alloués. Il faut qu’on fasse auditer sa gestion parce qu’il est dans nos droits de connaitre où sont allés les millions qui ont été votés pour le compte du conseil départemental. Elle n’a rien fait et nous soupçonnons que cet argent ait été utilisé pour ses comptes politiques personnels. Nous souhaitons qu’une enquête soit menée sur la distribution des bourses familiales. Je prends exemple de ma commune où la mère de celui qui est réputé financer son parti bénéficie d’une bourse familiale, alors que ces sommes d’argent sont destinées aux personnes déshéritées. »
 
LA RADIO BAMBEY FM SUR LA SELLETTE
Un mois 9 jours après l’affaire du Conseil départemental, surgira la question de Radio Bambey Fm. Cette radio qui « pimente le quotidien » de l’Apr pour reprendre l’expression d’alors de Pape Diouf, Président du Conseil d’administration de la Société nationale de Recouvrement. L’affaire est sérieuse. C’est le ministre Abdoulaye Daouda Diallo, à travers une correspondance adressée au Cnra, qui se plaint d’emblée.  Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel ne perdra pas de temps.  Le 1er juin dernier, elle adresse une lettre à Doudou Lamassass Fall, actuel directeur de Bambey Fm. Voici Voici la lettre :
 « Monsieur le Directeur,
 Le ministre de l'Intérieur et de la sécurité publique a saisi le Conseil national de régulation de l'audiovisuel pour attirer l'attention sur certains enregistrements de la radio Bambey FM.  Dans sa correspondance, le ministre soutient que le jeudi 28 avril 2016 des journalistes de la radio Bambey FM ont effectué une visite dans les locaux du service départemental de l'agriculture de Bambey pour demander au chef de service de se prononcer sur les conditions difficiles de travail. Le ministre reproche également au directeur de la Radio, Doudou Lamassas Fall, d'avoir « demandé aux populations impactées par le projet de l'autoroute à péage Ila Touba de faire usage de la force pour réclamer le paiement de leurs impenses comme ce fut le cas dans la commune de Réfane le dimanche 24 avril 2016 où l'entreprise CRBC en charge des travaux a été empêchée d’accéder au chantier ».
 Je vous invite à me faire parvenir, dès réception de la présente, un rapport détaillé sur les griefs ainsi articulés qui pourraient constituer des violations du cahier de charges applicable aux titulaires d'autorisation d'exploitation de radio communautaire ». Une ampliation a été faite à Madame Aïssatou Mbodj dite Aïda, députée à l’Assemblée Nationale.
 
Au téléphone de Dakaractu, Doudou Lamassass s’est dit écœuré : « Les accusations sont fausses. Il est dit ‘’des journalistes de Bambey Fm ont rendu visite’’ alors que j’étais seul. L’élément en question n’a jamais été diffusé sur nos ondes. Mieux, pour ce qui concerne l’autoroute Ila Touba et la grogne des paysans, Bambey Fm n’a jamais pris part au point de presse lors duquel ces menaces de sabotage ont été brandies. Et pour terminer, je rappelle encore un fois que la radio n’est pas communautaire, mais d’informations générales ».
 
A la lettre du CNRA, il répondra :
« Monsieur le directeur général,
 J'accuse réception de votre lettre citée en référence. En réponse, je voudrais vous apporter des éléments de clarification qui sont en déphasage avec les accusations. Bambey Fm est une radio d'informations générales qui couvre les activités phares dans le cadre du développement du département. C'est ainsi qu'après le cdd préparant la campagne agricole, j'ai voulu donner l'opportunité au service de l'agriculture de parler des préparatifs pour cet hivernage et des dispositions prises pour pallier les difficultés afin d’en informer les populations. D'ailleurs mon interview s'est focalisée sur les intrants de cette année comparés à ceux de l'année dernière et jusqu'au moment où je vous parle l'élément que j'ai bien voulu vous télécharger n’est pas encore diffusé.  Concernant l’élément de Réfane, Bambey Fm n'a pas été invitée à la couverture. Donc, nous ne sommes ni de près ou de loin affectés par ce qui s’est dit. Pour ce qui est de l'autoroute Ila Touba, contrairement à ce qui s’est dit, c'est la station qui est en partenariat avec l'organe qui s'occupe du paiement des personnes indemnisées, émet les communiqués relatifs aux convocations des intéressés.
Pour terminer,  Monsieur le Directeur je voudrais porter à votre connaissance que nous n'avons nullement l'intention de nuire mais que depuis le référendum Bambey Fm est la cible de certains hommes politiques ».
 
BAMBEY FM, VIT-ELLE SES DERNIERS JOURS ?
La question mérite d’être posée. Au moment où  ses lignes sont écrites, Bambey Fm diffuse en direct le journal d’une radio de la place. Un petit tour dans la ville nous a permis de nous rendre compte que la 98.8 est très bien écoutée par les populations. D’où son impact. Interrogée, certains commerçants du marché disent ne pas sentir la propagande telle qu’elle est martelée par certains responsables du parti au pouvoir. Une idée loin d’être partagée par des jeunes rencontrés derrière la voie ferrée. Pour eux, « c’est tout le contraire ». Quant à l’opportunité de sa fermeture, toutes les personnalités rencontrées ont été unanimes à répondre par la négative.
 
Vendredi 10 Juin 2016
Dakar actu




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