POUR UNE HISTOIRE D’OMELETTE : La «niarel» assène un coup de poêle à la «awo» et écope de 6 mois de prison avec sursis

Une bagarre entre co-épouses a été jugée, hier, par le tribunal des flagrants délits de Dakar. La «niarel», pour avoir asséné un coup de poêle à la «awo», a écopé de 6 mois avec sursis.


POUR UNE HISTOIRE D’OMELETTE : La «niarel» assène un coup de poêle à la «awo» et écope de 6 mois de prison avec sursis
L’affaire jugée, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar est insolite. Elle dévalorise la valeur de la femme en ce qu’elle met en cause deux co-épouses qui, pour une histoire d’omelette, se sont crêpées les chignons.
Au cours de cette altercation, la deuxième épouse, Astou Boury, a asséné un coup de poêle à la «awo», Penda Diallo. Cette dernière s’en sortira avec des blessures occasionnant une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 21 jours. Munie de son certificat médical, elle a porté plainte contre sa co-épouse qui sera interpellée et placée en garde à vue pendant 48 heures. Elle sera, par la suite, déférée au parquet avant d’être renvoyée en jugement pour coups et blessures volontaires. Force de constater que si ces deux co-épouses en sont arrivées à cette situation, c’est, en partie, grâce au comportement irresponsable de leur époux, un certain M. Ndiaye.
En effet, il ressort des faits de l’espèce discutés à la barre que ce jour là, c’était le tour de la «awo». Il incombait ainsi à cette dernière de préparer le petit-déjeuner pour leur mari. Elle a, de ce fait, préparé une omelette. Malheureusement, elle y avait mis trop de poivre. Ce que M. Ndiaye n’a pas apprécié.
Mais, au lieu de s’en contenter, il a commandé le même plat auprès de sa seconde épouse comme pour humilier la première qui, par cet acte, s’est sentie offensée. Pis, Astou Boury a profité de cette occasion pour se moquer d’elle en la dépeignant comme une dame incapable de concocter de bons plats au bonheur de son mari. 
Ne pouvant plus supporter les quolibets que sa co-épouse lui adressait de gauche à droite, Penda Diallo a riposté par des insultes. Un concert d’invectives est lancé. Les mots, les uns plus virulents que les autres, tonnent de tout bord. Ce, sous les yeux irresponsables de leur époux qui ne fait rien pour les calmer.
Le ton monte et les deux co-épouses passent à la vitesse supérieure. En clair, elles en viennent aux mains. C’est sur ses entrefaites que la «niarel» a asséné un coup de poêle à sa co-épouse qui, sans équilibre, s’écroule. Il a fallu l’intervention des voisins pour les séparer.

«Si vous vous mettez à vous battre pour votre mari, vous serez toujours les perdantes»

Devant le prétoire, la prévenue, Astou Boury, a nié les faits qui lui sont reprochés. «C’était une bagarre. Elle m’a donné des coups et je lui en ai donné également», a expliqué la «niarel» qui dit regretter son acte. Pour sa part, la «awo» a fait savoir que sa co- épouse lui fait vivre l’enfer depuis qu’elle a rejoint le domicile conjugal.
Le procureur de la République, Ramatoulaye Ly Ndiaye, a savonné les deux parties. «On n’a pas besoin de se battre pour bien ferrer son homme. La femme doit avoir des trucs et des astuces pour garder son homme. Vous pouvez séduire autrement votre mari que de vous battre. Cela est dépassé. En plus, si vous vous mettez à vous battre pour votre mari, vous serez toujours les perdantes. Car, s’il n’en peut plus de vos chamailleries, il ira chercher une troisième femme. Au lieu de vous battre pour un homme, unissez-vous et vivez en paix pour votre bonheur et celui de vos enfants. Ce que vous faites n’a aucun sens. Votre mari est un irresponsable. Il devait être pré- sent à l’audience afin que je puisse lui dire mes quatre vérités», a déclaré la représentante du parquet qui a requis l’application de la loi.
La partie civile, Penda Diallo, n’a pas réclamé de dommages et intérêts mais elle dit vouloir la paix, rien que la paix, dans sa maison. L’avocat de la défense a plaidé la clémence en soutenant que sa cliente est une délinquante primaire qui n’a jamais eu maille à partir avec la justice.
Rendant sa sentence, le tribunal a condamné la «niarel» à une peine de 6 mois avec sursis. Auparavant, le conseil de la défense a demandé aux deux dames se serrer la main et de se pardonner mais elles ont refusé. Une attitude qui renseigne qu’elles ne sont pas encore prêtes à fumer le calumet de la paix.
 
Vendredi 5 Août 2016
Dakaractu




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