POUR L’EXPLOITATION DU ZIRCON : Le groupe Astron a planqué sa filiale sénégalaise à... Hong Kong

A l’instar de plusieurs multinationales déjà mises en cause par Libération, le groupe Astron, qui exploite un gisement de Zircon à Niafourang, a trouvé une manière bien singulière d’éviter une «double imposition» selon le terme usité, pour ne pas dire de payer moins au fisc sénégalais. Sa filiale, Astron Senegal Limited, est immatriculée à Hong Kong.


POUR L’EXPLOITATION DU ZIRCON : Le groupe Astron a planqué sa filiale sénégalaise à... Hong Kong
Libération révélait que Menzies Middle East Africa, la pieuvre offshore contrôlée par Bibo Bourgi et Papa Mamadou Pouye, avait des tentacules au Panama, au Luxembourg mais aussi à Hong Kong, un paradis fiscal par excellence.
A vrai dire, Menzies n’est que la face visible de l’iceberg puisque d’autres entités basées au Séné- gal et qui exploitent nos ressources ont les pieds dans cette région administrative spéciale de la Chine. Une manière très singulière de se faire le maximum de profits en évitant de payant plus cher les impôts au niveau local. A Hong Kong, Menzies côtoie ainsi le groupe Astron. Il y’a de cela plusieurs années maintenant, cette multinationale s’était attirée les foudres de la localité de Niafourang, en Casamance, lorsqu’elle a commencé à y exploiter un gisement de Zircon.
Les esprits se sont calmés depuis lors et Astron mène tranquillement ses activités.
Cette filiale locale du groupe n’est en réalité qu’une façade et pour cause. Les documents obtenus par Libération attestent formellement qu’Astron Senegal Limited n’est «sénégalaise» que de nom. La filiale du groupe qui a été montée le 12 avril 2012 est en réalité immatriculée à Hong Kong.
Dans le registre du commerce de Hong Kong, la compagnie est d’ailleurs enregistrée sous le numéro 1727879. Pourquoi une telle démarche ? Difficile de répondre à cette question pour le moment. Comme nous l’écrivions encore, plusieurs multinationales présentes au Sénégal ont fait immatriculer leur filiale locale dans des paradis fiscaux. C’est le cas de Trafigura Refining Senegal Limited planquée aux Bahamas. On peut ainsi citer Cah Senegal Ltd, Exxon Exploration and Production Senegal Limited, Exxon-mobil Exploration and Production Senegal (Deepwater) Limited, Senegal Entreprise Corp, Senegal Investments Limited et Senegal Ltd. Nous écrivions déjà hier que de grands groupes basés au Sénégal ont fait immatriculer leurs filiales locales dans le Delaware pour faire le maximum de profits et ainsi échapper au fisc.
Libération avait déjà révélé le cas de Contourglobal qui a fourni une centrale au Sénégal après avoir monté deux sociétés offshore au Delaware, Contourglobal Senegal Holdings Llc et Contourglobal Sénégal Inc en l’occurrence. Deux filiales sénégalaises de la multinationale immatriculées discrètement dans un paradis fiscal. A vrai dire, Contourglobal n’était que l’arbre qui cache la forêt puisque nous avions identifié une liste de 22 sociétés «sénégalaises» planquées dans ce petit Etat au régime fiscal inexistant.
Parmi elles, la compagnie pétrolière Chevron qui y a fait enregistrer Chevron Oil Company of Senegal, sa filiale locale, partenaire de Kosmos Energy. On y retrouve aussi les «traces» de Marathon Petroleum, une compagnie basée à Findlay qui a logé dans ce paradis fiscal Marathon Petroleum Sene- gal, sa filiale locale.
Ces entités côtoient dans le Deleware Tuleu Consulting Company Sénégal (immatriculée au Delaware depuis 2013), Senegal Ventures Llc, Sene- gal Consulting Llc, Senegal Bird Adventures Llc, Hv Senegal Llc, Edc Senegal Llc, Elenilto Senegal Llc, Conservation of Energy Senegal House Llc, Homeview Investments Senegal Llc etc.
Mardi 16 Août 2016
Dakaractu




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