POUR AVOIR ACCUSÉ SON VOISIN DE "DEUM" : Augustin Diouf envoyé en prison

Augustin Diouf est dans de sales draps. Attrait, hier, à la barre du tribunal de Grande instance de Dakar pour les faits de dénonciation calomnieuse et coups et blessures volontaires, il est accusé d’avoir taxé son voisin Ernest Ngom de ‘‘Deum’’ (anthropophage).
Le tribunal, après examen des faits, s’est déclaré incompétent.


POUR AVOIR ACCUSÉ SON VOISIN DE "DEUM" : Augustin Diouf envoyé en prison
Le prévenu Augustin Diouf a comparu, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour les faits de dénonciation calomnieuse et coups et blessures volontaires ayant entrainé une Incapacité temporaire de travail de 10 jours. Il a été attrait devant la justice par son voisin Ernest Ngom qu’il a taxé d’anthropophage. Les deux hommes habitent le mon ême village.
Ils ont quitté leur Fatick pour déposer leur baluchon dans la capitale sénégalaise à la recherche d’une vie meilleure. Mais, ce n’est pas le parfait amour entre ces deux-là. Ils se détestent mutuellement et ne ratent aucune occasion pour le manifester. Si ce n’est pas une rude dispute, c’est une bagarre qui éclate entre eux. Mais, pour cette fois-ci, Augustin Diouf est allé très loin dans ses provocations.
Dans le quartier, il avait commencé à propager l’information selon laquelle Ernest Ngom est un «Deum». Ce qui fait que les gens avaient commencé à le fuir. Touché au fond de lui-même par les accusations de son voisin qui, selon lui, ne reposent sur aucun fondement valable, il a décidé de porter l’affaire devant la justice. A la barre, Ernest Ngom a raconté : «Augustin et moi n’avons aucune relation particulière parce que nous ne nous entendons pas. On ne parle pas le même langage et on est tout le temps à couteaux tirés. Ainsi, pour éviter toute embrouille avec lui, j’avais pris la décision de le mettre en quarantaine et de ne plus lui adresser la parole. Malgré cette position que j’avais adoptée, il continuait toujours à me provoquer.» 
Il ajoute : «Le jour des faits, alors que j’étais en train de discuter tranquillement avec un ami qu’on a en commun, il est venu dire à celui-ci de faire attention aux gens qu’il fréquente d’autant qu’il y a des «Deum» dans le quartier. Je savais qu’il s’adressait indirectement à moi mais, j’ai jugé nécessaire de ne pas lui répondre. J’ai fait comme si je n’avais pas entendu ce qu’il disait. C’est ainsi qu’il m’a donné un coup avant de me signifier que les propos étaient dirigés contre moi. J’ai sur ces entrefaites décidé de porter plainte contre lui afin qu’il me laisse en paix car je ne veux pas d’histoire.» 
Ce qui est cocasse dans cette histoire, c’est que le plaignant est doublement plus costaud que le prévenu. Mais, il a jugé nécessaire de recourir à la justice plutôt que d’en venir aux mains avec ce dernier. Lequel, devant le prétoire, a tenté de nier les faits qui lui sont reprochés. «Je ne l’ai pas traité de ‘‘Deum’’. Je donnais juste des conseils à celui avec qui il discutait en lui disant de faire attention car, la vie n’est plus sûre maintenant. Qu’il devait revoir ses fréquentations pour ne pas avoir des soucis demain. C’est vrai qu’Ernest était assis quand je tenais de tels propos, mais je ne faisais pas allusion à lui. Je donnais juste des conseils à l’ami qu’on a en commun», a soutenu Augustin Diouf qui a, tout de même, reconnu avoir donné un coup au plaignant.
Mais, précise-t-il : «C’est lui qui m’a frappé en premier. Je n’ai fait que riposter. On se battait.» Le représentant du procureur a déclaré les faits constants avant de requérir l’application de la loi. Auparavant, il a bien savonné le prévenu qui a présenté ses excuses au plaignant. Rendant cette décision, le tribunal s’est déclaré incompétent. Une décision qui va retenir le prévenu en prison quelques semaines encore avant que l’affaire ne soit transmise au tribunal d’instance.
Mardi 18 Octobre 2016
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :