PEUT-ON COMPTER SUR « LA JEUNESSE POLITIQUE » SENEGALAISE ?


Les images sont ahurissantes ! Des jeunes armes blanches à la main gambadant en plein jour dans les rues d'un quartier de la capitale du Sénégal, défendant « leur territoire » ? De telles scènes et un tel comportement sont intolérables et inacceptables dans un Etat de droit. Les clichés sont si glaciaux et si  « féconds », qu’il faudra les décrypter très rapidement pour parer très vite au péril.
 
C’est comme si quelqu’un, plongé dans un profond « rêve de démocratie idéaliste », se retrouve subitement dans la réalité, le vécu politique de son pays. Se réjouissant du dépassent de l’âge de « l’argument de la force », il reçoit furtivement une manchette en pleine tête pendant son discours de campagne. Réveil et surprise ne peuvent être plus soudains !  
 
Quels que soient les enjeux, une campagne électorale doit être menée tranquillement dans, exclusivement, la confrontation de la force des arguments et de la pensée. Les contradictions politiques doivent s’exprimer dans les cadres et voies formels autorisés par la loi et acceptés par nos us et coutumes. Les scènes de Grand Yoff relèvent d’une autre époque, tellement les actes sont démoniaques et rétrogrades. Parfois, nous avons l’impression de vivre une démocratie à plusieurs vitesses, des institutions et lois relativement solides très avancées face à des acteurs aux pieds d’argile, incapables de les porter.
 
Pourquoi « la jeunesse politique » accepte-t-elle toujours de porter une mission aussi maléfique que macabre au sien des partis ? Ce qui s’est passé à Grand Yoff n’augure rien de bon pour la suite de la campagne pour les législatives 2017, et pour l’avenir de notre pays. Une jeunesse « allaiter et bercer dans la violence » portera inextricablement et de façon innée la violence dans ses gènes. Dans un terreau fertile en expression physique et pauvre en dialogue spirituel ou intellectuel, aucune lumière ne peut y jaillir, aucune construction sociale, politique et économique ne peut y être porteuse de valeur et de progrès.
 
Certes, le Sénégal regorge de « crèmes » en termes de valeurs intellectuelles et éthiques au sein de la jeunesse, en dehors ou dans les sphères politiques. Cependant, il est constaté que la plupart des jeunes dans les partis politiques ne charrient aucune rupture. Au contraire, ils portent et propagent des symptômes réactionnaires voire même de décadence. Le manque de principes, la perte de repères, le défaut de citoyenneté, le déficit de formation qualifiante, la subjectivité, l’irresponsabilité, le fatalisme, le chômage chronique etc. sont autant de facteurs qui font que la jeunesse ne rassure guère quant –à la marche vers une nation symbole de progrès et de prospérité.
 
Ce qui s’est passé dans l’après-midi du 14 juillet 2017, à Grand Yoff, fait frisson à tous les esprits alertes et bienveillants. C’est un danger, une menace que les Autorités étatiques et les partis politiques doivent analyser de manière froide et en tirer tous les enseignements avant d’y apporter très rapidement des solutions structurelles durables. La gangrène est très profonde et très contagieuse !
 
Les partis politiques tel qu’ils fonctionnement actuellement ne garantissent pas l’éclosion d’une élite politique porteuse de rupture ou de progrès pour la Nation Sénégal. Rares sont les partis politiques qui promeuvent l’enseignement de valeurs citoyennes et patriotiques. L’endoctrinement reste le maître mot. L’intérêt du parti prime sur tout autre intérêt. Les positions et options politiques sont prises en fonction des profits du parti et de ses dirigeants. Dans une telle situation la patrie en pâtirait toujours et aucun progrès ne pourra être envisagé dans un avenir proche.
 
Le ver est également dans les partis politiques.
 
Momath Talla NDAO
Adresse : Kaffrine
momathtalla@yahoo.fr
Samedi 15 Juillet 2017
Dakaractu




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