PARTENARIAT AVEC LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT : «Les pays ne doivent pas traiter avec les industries du tabac et de la pornographie»

Pour les pays qui veulent nouer un partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), il leur est catégoriquement interdit de traiter avec les industries de tabac et de la pornographie. L’annonce a été faite, hier, dans le cadre d’un atelier avec le Forum des organisations de la société civile ouest-africaine.


PARTENARIAT AVEC LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT : «Les pays ne doivent pas traiter avec les industries du tabac et de la pornographie»
Le Forum des organisations de la société civile ouest-africaine (OSC) qui s’est déroulé en fin mai à Lusaka (Zambie) a été l’occasion pour la Banque africaine de développement (BAD) d’annoncer l’organisation de cinq ateliers régionaux de consultation en Afrique.
Hier, à Dakar, s’est tenu un atelier de consultation régionale avec les OSC de la zone ouest-africaine. Une opportunité pour ces organisations de plaider pour un renforcement de leurs capacités ainsi que de leur rôle d’alerte.
En effet, l’objet de cette session était, entre autres, de permettre des échanges avec les OSC et d’aboutir à un Plan d’actions pour l’engagement de l’institution en question avec la société civile. Ainsi, dans la mise en œuvre, les priorités de la BAD seront définies. Ce, dans le cadre de son projet dit Top 5. Ces cinq priorités consistent à nourrir, éclairer, intégrer, industrialiser et améliorer les conditions de vie des Africains.
Il s’agit de définir et d’identifier pour chacun des domaines prioritaires des Top 5, des actions contextuelles où les OSC peuvent contribuer à réaliser le programme de développement de la banque.
Dans son intervention, le conseiller juridique principal, Eric Paul Le Blanc, a précisé que pour être partenaire de la BAD, la société civile doit être enregistrée en tant que personne morale disposant d’un programme de responsabilité sociétale. Elle doit aussi disposer d’une politique de soutien en développement et ne doit pas entretenir de liens avec les industries de tabac, de la pornographie et des jeux de hasard. Et de souligner que la BAD a pour fonction d’utiliser les ressources à sa disposition pour financer des projets, mobiliser et augmenter en Afrique et hors d’Afrique celles destinées aux financements de ses programmes.
Par contre, l’institution financière n’a ni le droit de financer un projet sur le territoire d’un Etat membre si celui-ci s’y oppose, ni intervenir dans les affaires politique des Etats membres. S’agissant des OSC, Le Blanc signale qu’elles peuvent participer directement à ces projets financés par la BAD. La collaboration entre les deux entités doit apporter une valeur ajoutée.
Pour les représentants de la société civile, l’institution internationale doit revoir les critères d’admissibilité des OSC et inviter à une discussion autour des politiques publiques des pays. Ils ont insisté sur la nécessité de bénéficier de renforcements de capacités ainsi que du renforcement de leur rôle d’alerte afin qu’elles puis- sent avoir des lignes de crédits pour des financements.
La Secrétaire générale de l’Union du fleuve Mano, Saran Daraba Kaba, estime que la société civile travaille pour le bien de sa population et ne peut pas demander à la BAD de jouer son rôle et en même temps que celui de l’Etat. «Notre crédibilité nous impose de pouvoir être visible et efficace dans nos pays, mais nous ne pouvons demander à être consultés que lorsque la BAD investit dans nos pays», a-t-elle dit.
Jeudi 1 Septembre 2016
Dakaractu



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