«PANAMA PAPERS» : Frank Timis, client de Mossack Fonseca dès... 1997

Des fichiers du cabinet panaméen Mossack Fonseca établissent que l’homme d’affaires Frank Timis a commencé à demander ses services dès... 1997.


«PANAMA PAPERS» : Frank Timis, client de Mossack Fonseca dès... 1997
Libération appris de sources autorisées que le DIICOT, chargé de lutter contre le crime organisé en Roumanie, a annoncé l’ouverture d’une en- quête à la suite des «Panama papers» mettant en cause l’homme d’affaires Frank Timis et d’autres ressortissants roumains dont Cornelius Lacobov. Comme nous l’écrivions, Frank Timis dont le nom est associé à Pétrotim au Sénégal, a sollicité les services du cabinet panaméen Mossack Fonseca pour ouvrir des sociétés offshore au Bahamas et dans les Iles Caïmans.
Si le cas Timis intéresse particulièrement les autorités roumaines, c’est que Frank Timis, qui a aussi la nationalité australienne, a commencé à solliciter les services du fameux cabinet panaméen dès... 1997. Comme l’attestent les documents obtenus par Libération, Frank Timis avait, à cette date, sollicité Mossack pour le montage d’une société offshore Castle Europa Limited. Combien de sociétés ont suivi après ? Difficile de le dire.
Dans tous les cas, le bureau roumain de lutte contre le blanchiment a décidé aussi de son côté d’y voir plus clair. Pour rappel, c’est par décret n° 2011-1808 micitie/mde/dhcd du 02 novembre 2011 que l’ancien Président Abdoulaye Wade avait accordé une première concession à Timis à travers sa société African Petroleum corporation (APC). Ce décret portait approbation du contrat de recherche et de partage de Production d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, la société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN) et APC pour le Bloc de Rufisque offshore profond et Sangomar offshore ultra profond. Le rapport de présentation disait : «African Petroleum corporation est une compagnie de droit australien cotée à la bourse nationale d’Australie (NSx) à la date du 29 juin 2010 et opère dans deux permis de recherche d’hydrocarbures au Libéria, depuis 2005 ; et en Sierra Léone, depuis février 2011. En 2010, elle a également conclu un accord avec la compagnie ‘’Buried Hill’’ pour l’acquisition de 60 % de parts d’intérêts dans des permis en Gambie».
«Ce contrat de recherche et de Partage de Production d’hydrocarbures est signé pour une période initiale de recherche d’une durée de quatre (4) ans, renouvelable deux fois ; pour une durée de deux (2) ans aussi bien pour le premier renouvellement que le second renouvellement ; soit une période de recherche totale de huit (8) ans. Durant la phase de recherche, Africain Petroleum corporation procédera au forage d’au moins trois (3) puits d’exploration», ajoutait-il. Aussi, «à la fin de la phase de recherche, un investissement mini- mum de soixante deux millions de Us dollars (62 000 000 Us) sera réalisé par la compagnie ; soit l’équivalent d’au moins trente et un milliards (31 000 000 000) de francs Cfa. PETROSEN était consignataire de ce contrat, à titre d’associé à part entière d’Africain Petroleum corporation.»
A ce titre, «elle possède 10% des parts de la zone contractuelle pendant toute la période de recherche. Africain Petroleum corporation supportera la totalité des investissements pendant la phase de recherche. En cas de découverte commerciale d’hydrocarbures, PETROSEN aura la latitude de porter sa participation à 20 % dans tout le périmètre d’exploitation. En cas d’exploitation commerciale d’une découverte, une part maximale de soixante quinze pour cent (75%) des hydrocarbures produits dans le périmètre d’exploitation sera destinée au remboursement des coûts pétroliers engagés par le contractant», selon le décret qui précise que «le reste de la production est partagé entre l’Etat du Sénégal et le contractant, suivant les tranches de production journalière arrêtée dans le contrat. Ainsi, selon la tranche de production, la part revenant à l’Etat du Sénégal varie entre 35 % et 58 %».
Le 10 novembre 2011, toujours par décret contre signé par son ancien Premier ministre, Souleymane Ndené Ndiaye, Wade bénissait un autre contrat pour Franck Timis mais, cette fois-ci, pour le bloc de Rufisque offshore profond. Le décret disait : «Ce contrat de recherche et de Partage de Production d’hydrocarbures est signé pour une période initiale de recherche de quatre (4) années ; renouvelable deux fois, pour une durée de deux (02) ans aussi bien pour le premier renouvellement que pour le second renouvellement ; soit une période de recherche totale de huit (8) ans. Durant la phase de recherche, African Petroleum corporation procédera au forage d’au moins trois (3) puits d’exploration. (...) En cas de découverte commerciale d’hydrocarbures, Petrosen aura la latitude de porter sa participation à 20 % dans tout Périmètre d’exploitation.»

UNE POLEMIQUE SANS FiN

Plus tard, Aliou Sall a été nommé gérant de Petrotim, filiale de APC. Selon l’acte déposé à l’APIx et dont nous détenons copie, Petrotim Sénégal SAU a été créée, le 9 juillet 2012, avec un registre de commerce numéro Sndkr2012B9438. Cette société anonyme unipersonnelle (SAU) avait pour gérant Aliou Sall et son objet social est «l’exploration et la recherche pétrolière, la prise de participation dans tous titres miniers et pétroliers, l’exploitation, la production, le stockage temporaire, le traitement, le transport, le raffinage, la distribution, le marketing et la commercialisation.»
PETROSEN a signé pour des financements de 400 millions de dollars avec Komos Energy et Timis Corps - maison-mère de African Petroleum - pour l’exploitation des blocs offshore de Kayar et de Saint-Louis. Une transaction qui nourrit la polémique depuis les graves accusations de Wade et la contre-attaque de Aliou Sall. Depuis, l’affaire fait l’objet d’une enquête de l’Office national de lutte contre la fraude et la concussion (OFNAC). Parlant tout récemment de cette trans- action, le vice-président chargé de la communication de Kosmos affirmait : «Lors de cette trans- action, Kosmos/Energy n’a déboursé aucun sou en direction de Timis Corporate. Et, c’est le lieu de vous dire qu’on a entendu beaucoup parler du frère du Président Macky Sall dans ce dossier. Mais, il n’y a jamais eu d’interaction entre Kosmos/Energy et Aliou Sall. Kosmos/Energy n’a jamais remis de l’argent à Aliou Sall d’autant qu’on ne le connait pas. Je défie quiconque dans ce pays de prouver qu’il y a eu une transaction entre le frère du président et nous. D’autant qu’il n’est pas possible chez nous de ne pas faire dans la transparence, notre société était cotée en bourse à New-York. Ce qui fait qu’elle remplit toutes les conditions de transparence pour nous accompagner dans notre présence au Sénégal. La législation américaine est très sévère quand une grande entreprise, comme nous, travaille avec une autre mise sur liste rouge. Kosmos/Energy est très regardante en termes de mœurs avec les entreprises avec qui elle travaille.»
Mardi 12 Avril 2016
Dakaractu




Dans la même rubrique :