«PANAMA PAPERS» : 33 clients de Mossack Fonseca identifiés au Sénégal

En épluchant les fichiers du cabinet Mossack Fonseca, basé au Panama, Libération a pu dénicher 33 entités ou personnes physiques établies au Sénégal et liées à des sociétés offshore planquées dans des paradis fiscaux.


«PANAMA PAPERS» : 33 clients de Mossack Fonseca identifiés au Sénégal
Combien y a t-il de Sénégalais et de personnes établies au Sénégal dans les «Panama
papers» du nom de ces fichiers dérobés au cabinet Mossack Fonseca et qui révèlent l’existence d’un système mondial favorisant l’évasion fiscale ? En épluchant les fichiers, Libération a pu dresser une liste de 33 clients qui ont recouru au service du tristement célèbre cabinet ou de ses intermédiaires éparpillés à travers le monde.
Au sommet de la liste, on retrouve Francis Normant qui loge à Mbour sous la boîte postale numéro 450. Normant est le bénéficiaire économique de Afribone Inc, une société de production très active au Bamako qu’il contrôle avec le nommé Éric Stevance. Afribone est immatriculée aux Seychelles tout comme Tristao Management Group directement contrôlé par ce dernier. Il a aussi sous sa coupe Pagdu Foundation immatriculée au Panama.
Yvette Cissokho, épouse de Pierre Goudiaby Atepa, apparaît dans les fichiers tout comme l’architecte et président de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Malgré les explications de Atepa, il est constant, d’après les documents, que Atepa Engineering Corp que le couple contrôle est immatriculée au Panama avec adresse en Switzerland. Mieux, le couple est passé par un intérimaire du cabinet Mossack Fonseca, en l’occurrence Fidinam, à l’origine de la création de plusieurs sociétés offshore.
Richard Jorge De Palinnhos, un étranger vivant au Sénégal d’après les documents de Mossack, est lui, au cœur d’un système offshore très complexe. En effet, il est le bénéficiaire économique de Beauchamps Holding Sa logée aux Îles Vierges. 
En dehors de Richard Jorge, cette entité est contrôlée par trois autres sociétés offshore : Castellum Fiducia, Cross Asset Corporation et Storymaker.
L’autre mystère des «Panama papers» est la famille Havenstein basée à Dakar. Ruan Havenstein contrôle une société offshore immatriculée à Jersey à savoir Chrisralph Ltd. Parmi les autres actionnaires de cette société, on note une autre société offshore Church Street Trustess Ltd mais aussi Ralph, Hermann et Berta trois membres de la famille Havenstein.
L’homme d’affaires libanais, Ghaleb Kassem, n’est pas en reste. Depuis Mermoz, il trône sur Sygma Ltd immatriculée aux Seychelles.
Marwan Zakhem, ami d’enfance de Bibo Bourgi, se trouve, pour sa part, au cœur de plusieurs sociétés offshore. Il fait partie avec Nicolas Delsuc des actionnaires de Z2 Group, une entité offshore elle-même bénéficiaire de La Maison du Pain Ltd née aux Îles vierges. Zakhem est encore lié à Strathearn Property Ltd.
Comme révélé, Mamadou Pouye, complice présumé de Karim Wade figure dans les fichiers de Mossack comme actionnaire de Regory et de Latvae, deux sociétés offshore dont nous reviendrons sur l’actionnatriat dans notre prochaine édition. A l’instar de Pouye, un autre Sénégalais, Mamadou Sall, apparaît dans les fichiers comme patron de Dong Fang Industrial Ltd formée dans les Îles vierges.
Clément Niox, basé au Sénégal au moment des faits, est un cas assez singulier. Il fait partie des actionnaires de Oxin International Ltd logée dans les Îles Vierges. Mais on retrouve aussi parmi les actionnaires de cette société Harpo Sa, une société offshore actionnaire dans... 27 autres sociétés offshore comme Hermine Invest, Bsg Consulting Ltd, Itelsa Corp, Merwood Corp, Fsf Inc etc. André Martinez n’est pas en reste. Il gère depuis le Sénégal Egys Consultant Sa immatriculée au Panama. Fait assez troublant, cette structure compte d’autres actionnaires anonymes que le Fisc sénégalais gagnerait à identifier.

La bamboula des asiatiques

Concernant le Sénégal, l’autre fait marquant des «Panama papers» est la présence massive dans les fichiers de ressortissants asiatiques. C’est le cas de Thio Boen Hok établi sur le boulevard Martin Luther King. Il est le bénéficiaire principal de Tk Global Holdings Pte Ltd immatriculée dans les Îles vierges. Un autre asiatique basé à Dakar, Yao Shu-Yee est le patron de Wise Hope Développement Ltd immatriculée dans le même paradis fiscal. On peut aussi citer Chye Chia Chow identifié au 7 Rue Carde à l’immeuble de la Caisse de sécurité sociale (CSS). Il règne sur Amberia Ltd logée dans Îles vierges.
A la même adresse évolue Tseng Lee Tean actionnaire de Onset Development Ltd immatriculée aux Îles Vierges à l’instar de Asia Carbon Equity limited qui est sous la coupe de Chew Hian Wen localisé à Mermoz.
Henderson China Investment Limited qui a son siège social au 450 Ngaparou Plage est aussi une autre nébuleuse. S’il est difficile, pour le moment, de connaître ses actionnaires, on sait au moins que cette structure est le bénéficiaire économique de Bolton Limited immatriculée dans les Îles vierges. A l’unité 6 des Parcelles Assainies, on signale Zhou Qinwei, patron de Coral Pearl Group Ltd logée aux Îles vierges. Immatriculée à Samoa, Sunshine Ltd est une autre entité offshore contrôlés par Zhao Xuemin et Sun Juhui qui étaient établis à Dakar au moment de l’ouverture de cette société. Sen Mines qui se trouve à Mbodiène, kilomètre 10, figure dans les fichiers. Cette boîte est sous la coupe de Yang Sheng Wei qui se cache derrière l’actionnaire de référence qui est Largon Tech Solution immatriculée dans les Îles Vierges. A suivre...
Mardi 17 Mai 2016
Dakaractu




1.Posté par Maïmoune le 17/05/2016 15:18
Tous les contribuables dont les noms figureraient sur la liste mondialement connue, seront contraints de s'acquitter de leurs devoirs envers la société ! Comme ailleurs, des pénalités devraient leur être imputées !



Que veut dire offshore ?
Cette expression anglaise a d'abord été utilisée en français pour évoquer une forme d'industrie pétrolière, avant d'être transposée à d'autres domaines de l'économie.
1. L’exploitation pétrolière mais pas seulement

Offshore signifie littéralement « au large des côtes ». Toute activité se déroulant au large peut donc être qualifiée d’offshore. L’exploitation du pétrole mais aussi un champ d’éoliennes peuvent être offshore.

L’exploitation offshore du pétrole a débuté dans les années 1970, quand les pays développés ont réalisé qu’ils dépendaient fortement du pétrole du Moyen-Orient et cherché d’autres sources d’hydrocarbures.

Les premières plateformes du Golfe du Mexique ont été installées sur une très faible profondeur d’eau. Aujourd’hui, on est capable de pratiquer un forage à plus de 100 m de profondeur. Des plateformes pétrolières et gazières offshore sont apparues aux quatre coins du globe, de la mer du Nord à la mer de Chine.
2. Une notion transposée dans le domaine de la finance

Dans le monde des affaires, un compte bancaire et une entreprise peuvent être qualifié d’offshore. Un compte bancaire offshore est un compte ouvert dans un autre pays que celui où réside son titulaire, souvent avec un objectif d’optimisation fiscale. Les banques suisses sont ainsi les reines du offshore. Une entreprise qui pratique le offshoring délocalise une partie de ses services à l’étranger.

Ouvrir un compte offshore ou créer une société offshore peut constituer un moyen de blanchir de l’argent ou de verser des rémunérations occultes.

Il est notamment question de comptes offshore dans l’affaire Neyret et dans une affaire de fraude fiscale qui éclabousse le rugby français.



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