Ousmane Cissé, responsable Apr de Kébémer : « Ce sont des anarchistes qui demandent au président de la République d’être un hors-la-loi »

Le responsable Apériste de Kébémer par ailleurs directeur des Mines et de La Géologie, n’a pas mis de gants pour analyser le projet de révision constitutionnelle et pour répondre à l’opposition qu’il qualifie même de « transitaire » sinon d’anarchiste.
Demander au Chef de l’Etat de fouler au pied la Constitution, il faut être un hors-la loi pour le faire », estime-t-il. Trois questions à Ousmane Cissé, qui décortique pour dental, le sens même de cette révision constitution. Entretien…
Le conseil constitutionnel vient de rendre sa décision sur le projet de révision de la constitution dont l’un des faits marquants est la réduction de la durée du mandat de 7 à 5 ans qui ne s’applique pas à celui en cours. Quelle est votre appréciation sur la décision du Président de la république de suivre le conseil constitutionnel ?


Ousmane Cissé, responsable Apr de Kébémer : « Ce sont des anarchistes qui demandent au président de la République d’être un hors-la-loi »
Je voudrais tout d’abord, saluer la sagesse et la clairvoyance des juges du conseil constitutionnel. La décision du conseil renforce la solidité des institutions de la république, l’état de droit, la vitalité de notre système démocratique  et confirme, si besoin en était, que la séparation des pouvoirs est une réalité au Sénégal. Voilà un projet du pouvoir exécutif soumis à l’appréciation du pouvoir judiciaire et qui revient amendé, avec le retrait d’une disposition essentielle dudit projet qui portait sur l’application au mandat en cours de la nouvelle durée qui est ramenée de 7 à 5 ans.

C’est formidable que le pouvoir judiciaire indique au tenant du pouvoir exécutif que, pendant toute la durée d’exercice de sa fonction de président de la république, sa personne est indivisible, c’est à dire que le candidat a cessé d’exister dès la prestation de serment. En tant que candidat vous pouvez prendre des engagements électoraux, votre repère politique, mais pour les mettre en œuvre en tant que président de la république, pour les matières juridiques et constitutionnelles, votre recours c’est la constitution.

A cet égard, le conseil constitutionnel ne s’embarrasse pas pour lui indiquer que vous pouvez toujours mettre en œuvre votre engagement électoral si tant est qu’il est conforme à l’esprit et aux principes de notre charte fondamentale. Et de décider que cette disposition portant sur la rétroactivité de la nouvelle durée du mandat n’est pas conforme à la constitution et, pire, elle fait naitre une insécurité juridique et une possible incertitude si une nouvelle majorité politique venait à s’installer et selon les circonstances s’en inspirer pour demander la prolongation de la durée de son mandat.

L’opposition et une certaine partie de la société civile appelle au boycott du référendum. Comment jugez-vous une telle attitude?

C’est une attitude irresponsable et subjective. Vous savez que le OUI n’a de sens que si l’on peut dire NON. Malheureusement, le PDS et ses alliés ne peuvent dire OUI au projet de réforme parce que les modifications constitutionnelles proposées portent sur la correction des dysfonctionnements institutionnels et démocratiques dont ils sont à l’origine. Pour une partie de la société civile, le discours est à la limite, incohérent.

Un jour on se met en bouclier pour interdire à l’exécutif de ne pas toucher à la constitution, un autre jour c’est pour lui demander de fouler au pied la constitution. Ce sont des anarchistes qui demandent au président de la république d’être un hors-la-loi face au conseil constitutionnel qui a bien précisé que les engagements du candidat ne peuvent nullement prendre le dessus sur la constitution de notre république. La décision prise par le président de la république n’est pas facile.  Pour citer le Chevalier, je vous rappelle que l’homme est entouré de problèmes et il lui incombe, en terme de confort et de liberté, de trouver des solutions appropriées.

Contrairement à Samba Diallo de l’Aventure ambiguë qui  est devenue une nature étrange, en détresse de n’être pas deux, le président de la république, entre deux termes d’un choix, c’est à dire la voie de l’anarchie et celle de la république, a eu une tête lucide. Il a choisi la voie démocratique qui consolide et protège nos institutions. Il ne fait aucun doute que si les avis des anarchistes avaient été suivis, le président serait poursuivi pour parjure. La démarche du président de la république doit être saluée; il est le premier magistrat et garant de nos institutions et, en ses qualités, doit donner l’exemple en suivant le conseil constitutionnel.

La question n’est pas de savoir si la décision du conseil est un avis consultatif ou non, mais de savoir si le conseil constitutionnel a dit le droit. Sans ambiguïté, le conseil a dit le droit et la seule conduite possible pour le président de la république est de se conformer. C’est pourquoi il est indispensable que toutes les forces démocratiques de ce pays se dressent pour étouffer dans l’œuf cette velléité d’affaiblir les institutions de la république.

Nous devons être plus que vigilants et veiller sur les activités d’une certaine partie de la société civile qui se mue de plus en plus en une société de terreur avec comme finalité d’influer négativement sur le taux de participation au référendum. Nous devons tous nous mobiliser  et partager avec les  sénégalais les motivations de la réforme constitutionnelle. Ce projet est une continuité de l’appel du président Macky SALL pour bâtir une alliance pour la république. C’est une réforme en profondeur pour consolider les valeurs de la république, les institutions, l’état de droit, les libertés des individus et les institutions. Le projet est riche en plusieurs innovations majeures qui renforcent notre système démocratique et de gouvernance.

Depuis l’annonce du mandat de 7 ans, certains partis de la mouvance présidentielle commencent à quitter le navire. Ne pensez-vous pas que cela va fragiliser le président Sall?

Je ne le crois pas. Vous savez, le président de la république a respecté ses engagements et a suivi les procédures requises pour réviser la constitution. Maintenant, s’il y’a des partis qui commencent à quitter la mouvance présidentielle pour la simple raison que le président de la république aurait dû ne pas suivre la décision du conseil constitutionnel, je crois vraiment que cet argument  est léger. Une telle attitude confirme que leur alliance avec l’APR n’était pas sincère. Ces partis sont des «transitaires», c’est à dire des éléments du peuple des assises nationales qui conçoivent le mandat actuel du président de la république comme un mandat par défaut donc de transition.

Entretien réalisé par Tallo BA
Samedi 20 Février 2016
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