Oups... le Pentagone espère ne pas avoir déclenché une nouvelle guerre sans le vouloir

Les troupes de l’armée américaine se battent déjà en Irak, en Afghanistan et en Syrie. Et voilà maintenant que les navires américains attaquent des cibles au Yémen. Est-on parti pour une nouvelle guerre qui ne dit pas son nom ?


Oups... le Pentagone espère ne pas avoir déclenché une nouvelle guerre sans le vouloir
La marine américaine a détruit trois installations radar au sud du Yémen, dans un territoire contrôlé par les Houthis : c’est la première intervention américaine directe dans le conflit en cours dans cette région. L’armée espère que cela ne débouchera pas sur une nouvelle guerre pour les forces américaines.

Mais "l’espoir n’est pas un plan", comme le dit le vieux dicton militaire.

Jusqu’ici, les responsables du Pentagone étaient soucieux de ne pas se laisser entrainer dans un conflit plus large.

Ils ont préféré qualifier l’attaque de mercredi de manoeuvre de légitime défense. Mais, dans le même temps, les représentants du département américain de la Défense affirment qu’ils sont prêts à frapper de nouveau, si les Houthis menacent les navires américains – ou même commerciaux – dans les eaux de la région.

"Cela dépend d’eux", a affirmé au Daily Beast un responsable de la Défense, en référence à la tactique des Houthis, ces rebelles à majorité chiite, qui pourraient tenter à nouveau de frapper les navires américains. "Mais il serait mal avisé de leur part de continuer comme cela".

Soutenus par l’Iran, les Houthis se sont associés à l’ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh, un allié des Etats-Unis forcé à abandonner le pouvoir en 2012. Les Etats-Unis ont fourni une aide logistique à la coalition menée par l’Arabie saoudite qui soutient le successeur de Saleh, Abd Rabbo Mansour Hadi, dont la légitimité est remise en cause dans le pays. Le Pentagone reconnait que la région autour du Yémen est fragilisée par un cycle d’attaques et de contre-attaques. En effet, les Saoudiens conduisent des frappes au nom du gouvernement yéménite qu’ils soutiennent, avec souvent des conséquences tragiques pour les civiles alentours. Les Houthis, qui considèrent qu’un autre gouvernement est légitime, répondent aux frappes de l’Arabie Saoudite et de ses alliés américains. Et les vagues d’attaques reprennent.

Le Yémen est sans gouvernement depuis 2014, lorsqu’une offensive des Houthis a forcé le président d’alors, Abd Rabbo Mansour Hadi, à la démission.

Les tentatives de bombardement de la part des Houthis, qui ont visé par deux fois la semaine dernière un destroyer américain, le USS Mason, semblaient être une riposte à l’attaque d’une cérémonie funéraire à Sanaa, qui a tué au moins 140 personnes et blessé 500 autres dimanche dernier. Les Houthis ont tenu pour responsable la coalition saoudienne soutenue par les Etats-Unis. Mercredi, après la deuxième tentative de bombardement du USS Mason, les forces américaines ont répliqué, lançant trois missiles de croisière Tomahawk.

Les Houthis, qui ont démenti avoir lancé des missiles visant le Mason, menacent déjà de répliquer aux frappes de mercredi.

"L’attaque américaine directe ciblant le territoire yéménite ce matin n’est pas acceptable", a déclaré le général de brigade Sharaf Luqman, un porte-parole des forces yéménites combattant au côté des Houthis, selon l’agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis. "Le Yémen a le droit de se défendre et nous ferons face à tout développement éventuel avec les mesures appropriées".

 
Lundi 17 Octobre 2016
Dakaractu



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