« Oui à un acte pédagogique de haute portée ! » (par Moustapha Djitté)


Dans une Afrique où, on cherche en général, la volonté inouïe de rallonger le séjour au pouvoir, plus que de raison, a causé mort et désolation, l’engagement du Président Macky Sall de réduire son mandat passait pour une vive lumière dans une vaste étendue sombre et funeste. C’est dans un contexte de flambée de tripatouillages des constitutions, contre vents et marées, que le chef de l’Etat a clamé haut et fort qu’il allait réduire son mandat de 7 à 5 ans. Non seulement il a réitéré cette volonté, mais il a soumis son projet comme le lui demande la loi, au président du Parlement et au Conseil constitutionnel. La juridiction suprême lui a dit clairement notifié que le mandat en cours ne pouvait être réduit de 7 à 5 ans. Dès lors se pose un débat à la fois morale et juridique, sans doute plus moral que juridique.
Chef de l’Etat, garant à la fois de la sécurité et de la liberté des citoyens sénégalais, Macky Sall a-t-il le droit de se jouer des 5 Sages du Conseil constitutionnel ? Est-il de nos valeurs de demander avis à un « père » pour ensuite mettre en œuvre le contraire de ce qui est recommandé ? Assurément, dans cette affaire, on est sur le terrain de la morale. Cet espace-là est encore plus rigoureux. Car il provoque en nous des sentiments qui une fois incrustés dans le cœur ne s’effacent plus jamais ! 
Macky Sall a donc fait œuvre pédagogique dans son attitude vis-à-vis du Conseil constitutionnel. Aux générations actuelles et futures, le chef de l’Etat a donné l’exemple d’un homme discipliné et respectueux de la hiérarchie de l’âge, de la sagesse et de l’expérience. Autrement, c’est la porte ouverte au désordre et à l’anarchie dans une période où l’extrémisme violent avance à pas de géant. Tout Etat qui se refuse à cultiver la mystique du respect des valeurs sombre dans des violences inouïes et la destruction.    
En vérité, le Sénégal, renommé être la balise éclairante pour nombre de pays, n’est pas n’importe quelle nation. Les Hommes que nous vénérons doivent en grande partie la poursuite de l’héritage légué au respect de valeurs ancestrales. Macky Sall n’a fait que s’inspirer de leur enseignement.  
Le chef de l’Etat sénégalais ayant donc été élu sous l’empire du septennat ne saurait écourter son mandat sauf cas de force majeure reconnu par la constitution.
C’est ce qui a motivé la position des cinq sages qui ont estimé dans une décision prise lundi mais rendue publique hier soir par le premier magistrat dans une adresse solennelle à ses compatriotes que si, grosso modo, le projet de réforme qui sera soumis à référendum est régulier, le mandat en cours par contre ne saurait être amputé de deux ans et devrait aller à son terme initial prévu en 2019.   Un avis des grands juges, du reste insusceptible de recours, qu’il s’est donc promis de respecter. Au risque de ne pas tenir sa promesse comme on pourrait lui en faire le procès. Ce n’est donc pas faute d’avoir voulu honorer son engagement qui s’est heurté à un obstacle juridique infranchissable.
Moustapha Djitté, Responsable APR à Ngaye Mékhé
Samedi 20 Février 2016
Dakaractu




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