OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX : Jean-Marc Ayrault pose un débat « gênant »


 La France qui préside depuis le 31 mai dernier le Conseil de sécurité démarre sa présidence par un sujet gênant : « la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix ». Ce thème sera débattu ce 10 juin par cette institution de l’ONU. « Gênant » pour la France dont quelques-uns de ses soldats sont au centre d’accusations d’abus sexuels en Centrafrique. C’est un rapport de l'ONU qui a établi que des soldats français de la force Sangaris auraient forcé en 2014 des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux en échange d'une petite somme d'argent, a indiqué à l'AFP un de ses responsables à New York. Selon l'ONG AIDS-Free World, trois jeunes filles ont affirmé à un officier des Nations unies qu'elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire de Sangaris dans un camp puis forcées d'avoir des relations sexuelles avec un chien. Des responsables de l'ONU ont pu interroger 108 victimes présumées d'abus sexuels, en "grande majorité" des mineures, a indiqué son porte-parole, Stephane Dujarric. "Nous sommes confrontés au fait que des soldats envoyés pour protéger les habitants ont au contraire plongé au cœur des ténèbres", a-t-il déploré. Ces faits "n'ont pas été confirmés", a souligné Stephane Dujarric.
La France a envoyé sa force d'intervention Sangaris en Centrafrique en décembre 2013 pour stopper les massacres intracommunautaires. Ces soldats ne font pas partie des Casques bleus mais le Conseil de sécurité les a chargés d'aider au rétablissement de la paix. La France, qui a mobilisé jusqu'à 2500 soldats au plus fort des violences, compte encore 900 hommes en Centrafrique. La Minusca compte quelque 12.600 militaires et policiers.
Ce vendredi, Jean-Marc Ayrault, décide de se regarder dans la glace face aux membres du Conseil de sécurité, même si elle a promis de faire « toute la lumière » sur les accusations de viols commis par ses soldats en Centrafrique. « Les cas d'abus et d'exploitation sexuels allégués sont particulièrement révoltants et odieux", avait dénoncé l'ambassadeur français auprès des Nations unies François Delattre, à propos d'accusations de violences sexuelles et même de bestialité révélées par l'ONU. 
 
Jeudi 9 Juin 2016
Dakar actu




Dans la même rubrique :