OMAR DIAW, LICENCIÉ DU ‘’GONDOLIER VIRAGE’’ : « Les employés sont effectivement traités comme des esclaves! »

A la suite des révélations de Libération sur les pratiques de Youssouf Saleh, le propriétaire de ‘’Gondolier Virage’’, un ancien employé, Oumar Diaw, s’est approché de votre canard pour confirmer mais aussi corser le scandale.


Monsieur Diaw, pourquoi avoir décidé de briser le silence ?

Je suis désorienté et je ne sais vraiment pas à quel saint me vouer. Je viens également confirmer ce que vous avez écrit dans votre dernière livraison. Effectivement, nous avons beau taper à la porte de l’Inspection du travail, mais en vain. Nous, employés du ‘’Gondolier Virage’’, sommes convaincus qu’il y’a anguille sous roche. Je veux dire par la que nous avons remarqué que les agents de l’Inspection du Travail - je parle de ceux-là à qui nous avons soumis nos cas - ne font rien.
Pour mon cas, j’ai été abusivement licencié et suite à de mûres réflexions, je suis venu vers vous afin que vous nous servez de relais. Les autres qui sont toujours en poste ne peuvent s’exprimer de peur de perdre leur emploi à défaut de mieux. Mais puisqu’ils m’ont licencié, vous conviendrez avec moi que je n’ai pas le choix. Je viens dénoncer le traitement infligé au personnel. Un traite- ment digne de la traite négrière. Conscient que la presse reste le seul recours et ne sachant à quelle porte taper, je viens vous expliquer, dénoncer ce qui se passe au ‘’Gondolier Virage’’, méconnu du grand public, de l’élite, je veux nommer les plus hautes autorités de ce pays au premier chef Monsieur le Président de la République Macky Sall qui a de tout temps prôné la rupture, l’équité, la transparence...

Qu’avez-vous fait pour qu’on vous licencie ?

Très bonne question ! Jusqu’au moment où je vous parle, j’ignore les raisons. Ni youssef Saleh, ni Hala Saleh encore moins Ass ne peuvent vous édifier sur ce que j’ai pu faire et qui nécessite un licenciement. Je me rappelle qu’il y’a quelques jours, ils m’ont remis une demande d’explication dont je vous transmets d’ailleurs copie.
La direction m’a fait la remarque comme quoi je prenais la liberté de fumer du chicha et que je m’asseyais avec la clientèle pendant mes heures de service. Soit. Je me suis excusé et ils m’ont dit que la page est tournée. Mais, je crois savoir que nous sommes tenus et il nous est recommandé en tant que serveur de gérer avec calme et diplomatie les aléas du service notamment la mauvaise humeur d’un client, concernant par exemple le plat manquant à la carte ou de mauvaise qualité, un vin bouchonné, une erreur dans la commande ou l’addition...
C’est pourquoi, il arrive qu’on se permette de temps à autre de discuter avec la clientèle. Et puis, discuter un peu avec la clientèle, du moins avec ceux qui sont ouverts, je crois que c’est une manière subtile de la fidéliser. J’en rajouterais que le bon sens voudrait pour un bon serveur d’avoir d’abord une bonne présentation, d’être souriant, car, comme disait l’autre : ’’Il est beaucoup pardonné aux aimables’’, savoir vendre apéritifs, desserts, cafés, digestifs et tout ce que le chef recommande de ‘’passer’’.
Il s’y ajoute qu’il s’agit de prévenir les désirs de la clientèle par exemple proposer une meilleure place à un client qui semble mal à l’aise là où s’il s’est d’abord installé etc. Pour autant, n’est-ce pas qu’il faut discuter, être jovial, de commerce facile avec la clientèle ? Et, je vous dis, rien que veiller à remplir régulièrement les verres en l’absence d’un sommelier ou d’un maître d’hôtel, ce n’est pas au client de faire lui-même son service. Il faut donc se mettre discrètement à côté, lancer de temps à autre un petit mot aimable, égayant.
Mais, comme dit l’adage, qui veut noyer son chien l’accuse de rage. Ils ne peuvent absolument rien me reprocher ; sauf que moi, comme tous les autres serveurs, faisons le job dans les règles de l’art. La vérité est que nous avons entamé une grogne par rapport à nos conditions de travail qui sont plus précaires. A preuve, cela fait deux ans que je suis là bas, mais jusqu’ici je n’ai pas été embauché.
D’ailleurs, je ne connais pas de serveur ou de cuisinier ou un autre employé qui y est embauché comme le stipule la législation du travail au Sénégal. Je me sou- viens d’une chose au moins : ils nous ont fait signer des contrats de travail dans lesquels sont marqués en gras ‘’à durée déterminée’’, mais je vous dis que nos employeurs n’ont jamais respecté les termes du libellé.
A preuve nous n’avons pas droit aux primes de nourriture, encore moins aux indemnités de congé. Nous mangeons les restes des clients et gare à vous si la direction vous surprend en train de manger ces restes. Soit elle vous ponctionne cela de vos maigres revenus soit elle jette les restes dans la poubelle.
Comment concevez-vous que quelqu’un qui travaille de l’après-midi jusqu’à 3 heures du matin se contente de manger des restes de clients ? Trouvez-vous normal que l’on descende à 3 heures du matin pour se cotiser le taxi ? Nous nous contentons des pourboires. Moi qui vous parle, j’ai été une fois arrêté par la police parce que, très lessivé, j’avais oublié ma pièce d’identité au Gondolier. Je ne suis pas aussi cultivé, mais je me suis renseigné et il me revient que les opinions que les travailleurs, quelle que soit leur place dans la hiérarchie professionnelle, émettent dans l’exercice du droit d’expression ne peuvent motiver une sanction ou un licenciement.
J’ai été licencié pour la bonne et simple raison que l’on me surnomme là-bas Baye Fall ; autrement dit, je traîne la réputation de dire tout haut ce que tout le monde murmure tout bas, c’est à dire nos pénibles conditions de travail qui, normalement, devraient être révolues.

Maintenant que vous avez perdu votre job, que comptez- vous faire ?

M’en remettre à Dieu, mais je compte me battre au niveau de la Justice. Je crois encore à la justice de mon pays parce qu’il y’a encore de la bonne graine au sein de la magistrature. Ils ne peuvent pas m’employer pendant deux ans et se lever un bon matin pour me dire «oust» comme un mal- propre. Je le répète et je leur lance un défi : ils ne peuvent rien, absolument rien, me reprocher. Qu’ils prouvent à la face du monde, la «faute lourde» que j’ai commise comme ils le prétendent. Je m’en remets au Chef de l’Etat, à son Gouvernement, au ministre de l’Emploi, aux syndicats professionnels qui ont exclusivement pour objet l’étude et la défense des intérêts économiques, industriels, commerciaux...
De grâce, aidez nous, aidez ces employés du ‘’Gondolier Virage’’ que je surnomme ‘’Gondolier Mirage’’ parce que là bas l’apparence est séduisante mais elle est trompeuse. Au Gondolier Virage, c’est le mirage d’une vie heureuse, sans souci...
Vendredi 11 Mars 2016
Dakaractu




1.Posté par WAAW le 11/03/2016 13:05
Mon pauvre, que DIEU t 'assiste car personne ne bougera pour t'aider hélas! c'est comme cela au pays

2.Posté par S CLAVE le 11/03/2016 13:49
De nombreux employeurs au Sénégal ont le même comportement que ceux du ‘’Gondolier Virage’’,
Trop d' investisseurs et de dirigeants étrangers maltraitrent les salariés
voir de nombreux commentaires sur Dakaractu ou des employés demandent à la justice a faire son travail
(mais pas une justice sénégalaise

exemple
"Nous encourageons le procureur de Thiès, un homme respecté par la justice et sa droiture. Nous lui suggérons lui et son homologue de Mbour de reconsidérer les déferrements s’affairant autour des entreprises

C'est bien bizarre car d'habitude les dirigeants ne perdent jamais de procès au Sénégal car ils ont acheté la plupart de juges de la place.

3.Posté par vrai le 11/03/2016 14:17
je confirme !
j ai subi le meme sort !

4.Posté par vrai le 11/03/2016 14:18
je confirme !
j ai subi le meme sort helas !

5.Posté par Loro le 11/03/2016 16:44
Le Gondolier Virage... N'est-ce pas l'un de ces établissements qui, en cours de construction, devaient être rasés pour cause d'empiétement sur le domaine public maritime?
N'était-ce pas l'un des nombreux engagements de M. Pierre Goudiaby Atépa?

6.Posté par Abdoun le 12/03/2016 12:52
inspecteurs ne font pas leur boulot,vous pouvez me censurer



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