NATA SAMB MBACKE, ADMINISTRATEUR DU FAISE : «J’ai lancé l’initiative 1 émigré 10 Oui pour réussir la mobilisation autour du référendum»

L’administrateur du Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur (Faise) ne veut pas entendre parler de reniement du président de la République au sujet de la réduction du mandat de 7 à 5 ans. Prenant exemple sur le Président américain, Barack Obama, qui avait promis de régulariser les sans papiers, Nata Samb fait de la réussite du référendum un point d’honneur. Pour mobiliser la diaspora à laquelle, elle s’identifie, elle lance l’initiative 1 émigré 10 OUI.


NATA SAMB MBACKE, ADMINISTRATEUR DU FAISE : «J’ai lancé l’initiative 1 émigré 10 Oui pour réussir la mobilisation autour du référendum»
L’As : Le chef de l’Etat avait promis de réduire son mandat, finalement il va faire un mandat de  sept ans. N’est-ce pas là un «wax waxeet» ?
 
 Nata Samb Mbacké : Le vœu du président de la République a toujours été de réduire son mandat. En tant que candidat, il l’avait promis. S’il avait décidé de ne pas suivre la décision du Conseil Constitutionnel, le débat aurait été que Macky Sall enfreint la loi en s’opposant à la décision des cinq sages. Il a voulu réduire le mandat en gardant une attitude républicaine mais à l’impossible nul n’est tenu. Le dernier mot appartient maintenant aux Sénégalais. S’ils votent «Oui» au référendum, ils valideront la volonté du chef de l’Etat. Cependant s’abstenir ou voter «NON» signifierait garder le statu quo. Du coup, on restera au septennat pour tous les autres Présidents.  Est-ce que c’est ce que nous voulons ? Nous sommes en démocratie, les gens sont libres de voter «OUI» ou «NON», mais je crois qu’aller dans le sens indiqué par le chef de l’Etat serait plus pertinent au regard des différentes réformes consolidantes apportées à notre Charte fondamentale. 
 
Les constitutionnalistes sont convaincus que le Président Macky Sall n'était pas obligé de suivre l’avis du Conseil constitutionnel. 
 
Non pour moi, le Conseil Constitutionnel donne un avis qui est une décision pour le président de la République. Si le Président avait décidé de ne pas suivre l’avis du Conseil constitutionnel, le débat aurait été que c’est le premier président de la République à le faire et il serait taxé de dictateur. Une personne doit être jugée pour ses intentions, son ambition et sa volonté. Tout le monde sait que les intentions du Président Macky Sall ont été de réduire son mandat à 5 ans comme il l’a dit partout.
 
Il y a eu pourtant une véritable levée de boucliers…
 
Je vais vous donner l’exemple de la première puissance mondiale, les Etats Unis. J’ai été volontaire dans la campagne de Obama en 2008. J’ai fait un don de 30$ par mois durant toute la campagne de Barack Obama parce qu’il avait fait  la promesse de légaliser les 12 millions d’immigrés illégaux aux Etats Unis. Devenu Président, il a essayé une fois et la Cour suprême s’y est opposée en arguant qu’on devait analyser toutes les étapes du processus de naturalisation. Le Président Obama avait l’intention de le faire, mais c’était sans compter avec un congrès dominé par les Républicains. On ne peut pas parler ici de «Wax Waxeet».
 
D'aucuns pensent que le Président a voulu prolonger son mandat, faute de bilan..?
 
Ceux qui disent cela ne sont pas allés dans le Sénégal des profondeurs. Allez visiter les loumas, les gens exercent leur commerce tranquillement grâce à la politique agricole du Président Macky Sall. Avec la vente d’une tonne d’arachide, on peut s’acheter  quatre tonnes de ciment. Imaginez un peu la valeur que le Président Sall a donnée aujourd’hui à l’agriculture. D’ailleurs, c’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’un président de la République met en place une politique agricole aussi révolutionnaire.
Sans compter les programmes des bourses familiales, la Couverture maladie universelle (Cmu) etc. Ceux qui vivent dans un certain luxe ne peuvent pas savoir tout cela. Les changements opérés dans ces zones reculées, c’est cela la politique, c’est du concret. Les gens, qui parcouraient des kilomètres pour avoir de l’eau, en disposent à leur guise en ce moment. Ces changements sont aussi ressentis dans la vie des Sénégalais de l’extérieur. Chaque sénégalais de l’extérieur, financé, participe au développement personnel des Sénégalais restés au pays.  Le point numéro 8 du référendum concerne exclusivement les Sénégalais de l’Extérieur. Ces Sénégalais à qui le Président Macky Sall accorde une importance particulière avec tous les programmes mis en place se voient dans ces réformes et applaudissent le courage de leur Président.
 
Idrissa Seck traite Macky Sall d'incompétent, le Pds appelle au boycott, Y en a marre et la société civile battent campagne pour un NON. Pensez-vous que le OUI puisse triompher ?
 
Les Sénégalais voteront «Oui», car ils ne sont pas prisonniers et sont assez matures. Je suis désolée, mais c’est la réalité. Devenir président de la République relève du destin, il y a la main de Dieu dedans. Les opposants, qui parlent tout le temps, représentent un pourcentage insignifiant de la population sénégalaise. Ceux à qui le Président Macky Sall a enlevé la lourde charge de se coucher à 20 heures pour se lever à 4 heures du matin, marcher des kilomètres pour avoir de l’eau,  savent ce que le Président a fait pour eux. C’est  la majorité et ils jugeront le Président Macky Sall. 
 
Comment comptez-vous convaincre les Sénégalais de l’extérieur à voter massivement «oui»
 
Cela ne sera pas difficile. J’ai déjà énuméré une liste non exhaustive des réalisations du Président Macky Sall qui seront jugées en conséquence. Les émigrés voteront massivement  «Oui» à ce référendum. Mieux, mon projet est d’amener chaque émigré à faire voter 10 personnes. J’ai lancé l’initiative «1 émigré 10 oui». Chaque Sénégalais de l’extérieur va voter et fera voter sa famille pour le Oui du Président Macky Sall. Je suis en campagne depuis l’annonce du référendum. les Sénégalais de l’étranger ont une conscience citoyenne qui leur permet de dire ou de prendre des décisions sages par rapport à l’économie, mais aussi à leur vie personnelle. Partout où ils se trouvent, ils pensent au Sénégal et à comment faire pour développer notre pays. Dans ce pays, il serait bon d’arrêter de perdre du temps pour des choses sans importance. Il faut qu’on arrête de suivre une race de politiciens hâbleurs et sans convictions. Nous ne sommes pas des moutons de panurge pour suivre ces gens qui ne sont mus que par leurs propres intérêts. Les Sénégalais sont conscients de l’enjeu de développement et ils savent prendre des décisions responsables. 
 
L'As
Samedi 27 Février 2016
Dakaractu




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