N'dongo N'diaye conseiller technique du Chef de l’Etat : « Que l’on ne donne pas des ailes à Karim Wade (…) les sorties de Saleh et Cissé Lo sont inopportunes, le PS doit avoir un candidat ».

Ndongo N'diaye ancien joueur de l’équipe nationale de basket et actuel conseiller spécial en charge des sports et de la jeunesse du chef de l’Etat, tire ici sur les pourfendeurs d’une candidature plurielle des alliés et sur ceux qui pensent qu’une menace pourrait surgir de Karim Wade , comme potentiel candidat en 2017. Membre du Directoire national de l’alliance pour la République et responsable politique dans le Département de Mbacké il est par ailleurs certain que cette ville tombera dans l’escarcelle du pouvoir en 2017.


N'dongo N'diaye conseiller technique du Chef de l’Etat : « Que l’on ne donne pas des ailes à Karim Wade (…) les sorties de Saleh et Cissé Lo sont inopportunes, le PS doit avoir un candidat ».

En quoi consiste le rôle d’un conseiller technique en matière de sport et jeunesse ?

Mon rôle est de faire part au chef de l’Etat de l’actualité sportive, de réfléchir en tant que conseiller sur les perspectives en matière de sport et de jeunesse. Nous ne sommes pas les exécutants, mais nous sommes dans la phase pour participer à la confection des idées et permettre au chef de l’Etat de prendre la bonne décision et de diminuer la marge d’erreur.

Le Président avait promis des milliers d’emplois pour les jeunes, pour le moment c’est un « éléphant blanc ».  Le conseillez-vous sur ce plan ?

Je corrige une erreur que nous tous faisons. Celle de croire que le problème principal de la jeunesse c’est l’emploi. Ce n’est pas cela.  Plus de 52% de la jeunesse Sénégalaise a moins de 18 ans,  elle a donc besoin d’une formation et d’une inspiration. Si la population est de 13 millions plus de 6, 5 millions a moins de 18 ans, il faut une éducation, on doit se concentrer sur sa formation. Le débat sur l’emploi des jeunes doit être reposé, il a été mal posé. Beaucoup de jeunes n’ont pas d’emploi parce qu’ils n’ont pas de métier, aucune formation. Je crois que nous devons revenir sur l’orientation de notre jeunesse. Le Président a un objectif d’ici 2035 et pour que cette génération soit prête à porter ce PSE et cueille les fruits de ce programme, il faut que les jeunes soient formés et que ces derniers aussi sachent que ce pays leur appartient. L’économie qui sera générée par le PSE leur donnera le travail qu’ils veulent, mais il faut au préalable cette formation citoyenne, un métier.

Et vous posez le débat avec lui ?

Oui on le fait. On a une nouvelle orientation en politique de jeunesse qu’il ne faut pas confondre avec une politique d’emploi. On a fait l’erreur de mettre un ministère de la jeunesse et de l’emploi, la politique de la jeunesse est une politique orientée. Dans la république française, la politique de jeunesse a chaque fois rapport avec les exigences du moment. Quand la France avait besoin d’une grande armée elle avait fait le ministère des forces armées et de la jeunesse, quand elle avait besoin d’une élite sportive, elle avait fait un ministère des sports et de la jeunesse etc. La jeunesse, il faut donc l’orienter et pour le moment c’est la formation citoyenne.

Quelle place la politique sportive occupe chez le chef de l’Etat ?

Une grande place, la remise du drapeau national en direction de la Can 2015 et le discours engagé tenu par le Président montre qu’il prête une attention particulière au sport. Dans ce cas de figure pour exemple, avant même les messages, il faut saluer les faits. Le cahier de charges proposé par la Fédération Sénégalaise des sports et validé par le ministère des sports a été intégralement pris en charge par le chef de l’Etat. Tout ce qui a été demandé a été fait. Cela veut dire qu’il prête à l’équipe nationale que lui-même appelle un patrimoine national, une très grande importance. Il y aussi une grande politique d’infrastructures qui a été faite avec la rénovation de certains stades. Nous allons aussi vers de grands projets structurants « une collectivité locale, un complexe sportif ». Et ce sera fait sous forme de Partenariat Public Privé entre l’Etat central, les collectivités locales et les entreprises privées.

On a noté une kyrielle de conseillers qui gravitent autour du chef de l’Etat, mais le régime pêche par son manque de communication. Comment analysez-vous cela ?

C’est vrai qu’il faut noter que tous les acquis du chef de l’Etat ne se disent pas normalement. Il y a d’autres leviers de communication qui doivent être mis en place. Chacun dans son domaine peut constater des avancées significatives depuis l’accession du président au pouvoir.  Nous avons l’obligation de communiquer plus et mieux et je peux vous assurer que des mesures seront prises dans ce sens pour que les sénégalais comprennent les enjeux du moment.

Que vous inspire ce débat soulevé sur la candidature aux présidentielles des alliés du Président

Je n’ai pas vu un allié du Président dire qu’il aura un candidat autre que Macky Sall. Et je pense même que le PS doit avoir un candidat. Quand nous allions avec ces grands partis, ce n’était pas pour qu’ils ne posent pas d’actes de candidature, l’engagement était une gestion sobre et vertueuse de ce pays et la prise en charge des besoins des populations. Le débat est soulevé trop tôt par nos amis eux mêmes.  Le débat c’est le PSE, les acquis! Le Chef de l’Etat abat un travail extraordinaire et nous devons nous lever et le montrer au lieu de ce débat politico politicien sans fondement. Le PS est un grand parti qui doit avoir un candidat, mais il peut choisir Macky sall. Leur porte-parole l’a dit, le candidat du PS peut ne pas être dans ce parti même cas de figure pour l’AFP. Nous tous de la coalition devront avoir une ambition la réussite du PSE, que le Président ait un bilan et c’est gagné.

Les sorties de Saleh et Cissé Lo sont donc inopportunes ?

Elles le sont. La seule opportunité serait de démontrer combien le Chef de l’Etat est en train de travailler, les avancées sur le plan de la politique de l’élevage, de l’aménagement du territoire etc. Tout autre sujet est une distraction et cela a trop longtemps plombé le pays

Mais parmi les programmes du Président figure la traque des biens mal acquis. Cela ne risque-t-il pas de lui porter préjudice ?

C’est un faux débat, dans ce pays l’existence des trois pouvoirs est une réalité. Quoi que l’on dise ces pouvoirs sont en train de faire leur travail. Je ne me prononce jamais sur les problèmes de justice, mais nous sommes tous des justiciables. Et au Sénégal, la justice a montré qu’elle a une histoire bien écrite.  Si Karim Wade et Cie ne sont pas coupables, ils sortiront le cas échéant, ils paieront. Karim Wade n’empêche pas Macky Sall de travailler, la traque des biens mal acquis n’est pas dans son programme. Que l’on ne donne pas des ailes à Karim Wade. Il faudrait déjà qu’il soit Sénégalais sur les papiers, mais aussi qu’il appartienne à ce pays. Il n’est pas sénégalais! Le programme du Président, c’est la bonne gouvernance qui est un axe fort du PSE.

Comment s’est faite votre reconversion du basket vers la politique ?

Le chef de l’Etat je l’ai rencontré alors qu’il était Président de l’Assemblée. On a noué une amitié basée sur des valeurs, parce qu’il m’estimait et moi pareil, à cause de son attachement aux valeurs de la démocratie. Lors de la crise de Wall Street en 2008, je suis rentré au Sénégal pour développer mon business et quand il a créé son parti, il m’a confié le secteur du sport et j’ai été coopté dans le Directoire national. Je suis là depuis le début. Mais la politique c’est des valeurs, c’est l’art de dire la vérité aux Sénégalais. Mais ce n’est pas ce que je vois à la télévision maintenant.

Vous êtes responsable politique à Touba qui est un véritable enjeu électoraliste. Une tâche difficile ?

Touba est une ville spéciale qui a ses réalités. Et aujourd’hui une politique ne peut se faire qu’en collaboration avec les autorités locales. Le Chef de l’Etat a trouvé la bonne voie dans ce sens-là. Le Khalife général est son ami et le consulte pour toutes les idées qu’il veut tenir. Hier il a posé les jalons de la plus grande infrastructure jamais pensée. Nous qui travaillons dans cette base politique, nous avons l’obligation de l’accompagner dans ce sens, que ses acquis soient bien perçus et que Touba ne se sente pas blessée par les propos d’un tel ou d’un autre. Notre travail peut être vu comme compliqué, mais en réalité, ce n’est pas le cas.

Dakaractu Bi hebdo  du Lundi 12 Janvier 2015

Lundi 12 Janvier 2015




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