Mr. le procureur, ne menacez pas ma liberté


Mr. le procureur, ne menacez pas ma liberté
M. le procureur, moi j'ai choisi la sacro-sainte liberté, elle qui est un droit naturel pour dire que si menaçante soit votre menace, elle est incapable d'enlever la liberté qui est consubstantielle à la nature de tout Homme, appelée qu'elle est, à s'exprimer parfois de la manière la plus naturelle qui soit. La liberté étant donc naturelle chez tous les hommes et rien de ce qui est humain ne m'étant étranger, alors ce droit naturel est en moi aussi. La justice n'est pas votre justice. Elle n'est pas rendue en votre nom mais au nom  du peuple.
Or, si le peuple ou une partie du peuple a le sentiment que sa Justice est aux ordres, votre mission en tant que magistrat devrait plutôt consister à le rassurer et non à le menacer.
Après tout, les magistrats ne sont pas les seuls à être critiqués. Même les pompiers sauveurs de vie sont parfois critiqués. Je ne parlerai pas des médecins, enseignants etc. Les prophètes sont critiqués.
Le bon Dieu est critiqué. Pourquoi pas les magistrats? M. le procureur, le citoyen lambda n'est pas le seul à désespérer de sa Justice. Rappelez-vous que de grands praticiens du droit ont confirmé ce que dit le citoyen lambda: le juge Keba Mbaye, l'avocat Mame Adama Gueye, l'Union des Magistrats du Senegal, et tout récemment  le très honnête magistrat, Ibrahima Hamidou Deme. La liste est loin d'être exhaustive.
Le dernier nommé, votre collègue le magistrat Deme, substitut général  de la Cour d'Appel de Dakar,  donc homme du sérail, était tellement dépité d'une justice aux ordres qu'il a même fini par claquer la porte du CSM dont il était membre. M. le procureur tout ce que nous voulons, c'est une justice libre et indépendante, toutes choses quasiment impossibles sans une nette séparation des pouvoirs qui n'est malheureusement pas le cas au Senegal.
Preuves : Macky Sall a ouvertement affirmé mettre certains dossiers sous le coude; un cordon ombilical appelé CSM relie le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif.
Non M. le procureur, vos menaces ne passeront pas et nous nous battrons pour y faire face.
Vous ne pouvez pas vous arroger le droit de menacer les citoyens que nous sommes, car vous n'êtes pas au-dessus de la loi. Au contraire, vous êtes censé protéger nos droits en disant le droit, droit dans vos bottes. Le citoyen lambda doit exprimer sa liberté tant que la liberté d'autrui n'est  manifestement pas atteinte.
Moi qui ai beaucoup d'amis magistrats, suis bien placé pour dire que nous avons beaucoup de magistrats valeureux, honnêtes, extrêmement compétents et très dignes. On ne peut donc pas dire que tous les magistrats sont pourris. C'est loin d'être le cas.
Mais au vu des affaires et des affres causées sur les citoyens par une justice aux ordres, force est de constater que notre justice a une gangrène qu'elle traine tels des chercheurs d'étrennes, qui l'entrainent vers des migraines et après, ce sont les rengaines guerrières proférées derriere l'arbre qui cache la clairière où se trouve le temple de Themis. Dame Justice a beau être belle, son visage est toujours amoché quand un magistrat refuse d'être indépendant et libre. Moi j'ai choisi d'être libre, de grace ne menacez pas ma liberté pour que vive la justice, M. le procureur.

Dr. Yankhoba SEYDI
couraj@yahoo.fr
Samedi 4 Mars 2017
Dakaractu




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