Monument de la Renaissance, Fesman, terres de Bambilor, contrat de Securiport : 91 milliards de F Cfa dans le vent

Au moins 91 milliards de F Cfa ont été frauduleusement pompés des caisses du Trésor pour satisfaire des intérêts privés dans le cadre de la construction du Monument de la Renaissance, du Fesman, des terrains de Bambilor et du contrat en or de Securiport.


Monument de la Renaissance, Fesman, terres de Bambilor, contrat de Securiport : 91 milliards de F Cfa dans le vent
A la suite de la publication des derniers rapports de la Cour des comptes et de l’Inspection générale d’Etat (Ige), Birahim Seck du Forum civil avait fait une sortie pour se poser des questions quant au sort réservé à certains dossiers d’audit qui avaient défrayé la chronique. Des interrogations légitimes car, aujourd’hui Libération peut affirmer, à la suite d’un calcul, qu’au moins 91 milliards de F Cfa ont été frauduleusement dilapidés pour servir des intérêts personnels dans le cadre de la construction du Monument de la Renaissance, des dépenses du Fesman, du projet Cœur de ville de Kaolack en plus d’un enrichissement illicite de particuliers avec les terres de Bambilor. C’est en tout cas ce qui ressort des rapports des différents corps de contrôle de l’Etat. 
Le Monument de la Renaissance est ainsi l’illustration parfaite d’un enrichissement sans cause. En effet, son financement a été confié à un particulier sur la base d’un contrat co-signé par le ministre du Budget de l’époque, Ibrahima Sarr, qui n'en avait pas les prérogatives. Le coût initial de l’ouvrage a été fixé, de manière forfaitaire, à douze milliards (12.000.000.000) F Cfa. Ainsi le particulier a pris sur lui le financement de 20.000.000.000 de F Cfa, en contrepartie de l’attribution, en pleine propriété, de terrains domaniaux d’une superficie de cinquante-six hectares, trois ares et cinquante-six centiares (56 ha 03 a 56 ca). Sa société civile immobilière, partie à la transaction a, par la suite, procédé à la vente, à l’Institut de Prévoyance Retraite du Sénégal (Ipres) et à la Caisse de Sécurité sociale (Css), c’est-à-dire des démembrements de l’Etat, de deux parcelles de terrains d’une superficie de cent quatre-vingt-quatre mille trois cent cinquante-trois (184.353) mètres carrés et de quatorze mille trois cent dix (14.310) mètres carrés, à respectivement vingt-sept milliards six cent cinquante-deux millions neuf cent cinquante mille (27.652.950.000) F Cfa et deux milliards quatre cent trente- deux millions sept cent mille (2.432.700.000) F Cfa. 
Elle a, donc, réalisé un gain de sept milliards six cent cinquante- deux millions neuf cent cinquante mille (7.652.950.000) F Cfa, compte non tenu des trente-six (36) hectares restants. Or, en vendant directement ces terrains à la Css et à l’Ipres, l’Etat allait pouvoir financer la construction du Monument sans recourir à un bradage systématique du foncier.
C’est presque la même chose qui s’est passée à Bambilor où des particuliers comme N'diagne Fall se sont vus céder des terrains qu’ils ont ensuite revendu à des prix exorbitants à des structures de l’Etat. Or, l’Etat, si besoin en était, pouvait vendre directement ces terrains à ces structures. Il se trouve, qu’avec ces pratiques qui ont visé à enrichir illicitement des privés, l’Etat a perdu, dans ces opérations, hors toutes pénalités, amendes et intérêts de retard, la somme de trente milliards cinq cent trente- trois millions quatre cent cinquante-six mille (30.533.456.000) F Cfa. 

Que dire du contrat signé avec Securiport ? 

Dans ce cas aussi, les autorités étatiques ont choisi d’arroser un privé étranger à coût de milliards pour un projet qu’elles pouvaient elles-mêmes piloter et engranger d’énormes bénéfices. A preuve, la convention a rapporté à Securiport, en dix- neuf mois d’exploitation seulement, près de neuf (9) milliards de F Cfa, au titre des redevances acquittées par les usagers. Alors que cette solution informatique onéreuse ne présente aucune originalité au regard des compétences nationales disponibles, en la matière. Avec les mêmes fonctionnalités et à un prix moindre, des techniciens sénégalais auraient pu proposer à l’Etat un système conforme aux besoins du ministère de l’Intérieur.
Pour le Fesman, 6,4 milliards de F Cfa ont été engagés dans des dépenses qui n’ont aucun lien avec cette manifestation. Au surplus, la contribution d’un pays ami du Sénégal, d’un montant d’un milliard (1.000.000.000) F Cfa a été soustrait. Le plus choquant, est que Wade a acquis, à titre personnel, à partir de ressources publiques, un terrain sis à Ngor d’une superficie de cinq mille quatre cent trente-cinq (5.435) mètres carrés, pour un montant d’un peu plus d’un milliard (1.000.000.000) de F Cfa. 
​Cette transaction, dont le principal bénéficiaire est Cheikh Amar «Gabon», a également été marquée par des irrégularités fiscales, les droits d’enregistrement, la taxe sur la plus-value immobilière et les pénalités pour dépôt tardif n’ayant pas été acquittés, pour des montants respectifs de cent soixante-dix-sept millions trois cent sept mille quatre cent quarante-neuf (177.307.449) de F Cfa, cent soixante-quatorze millions trois cent soixante-douze mille cinq cent quarante-neuf (174.372.549) de F Cfa et quatre-vingt-quatorze millions six cent vingt et un mille sept cent vingt et un mille (94.621.721) de F Cfa.
Pour le projet «Cœur de ville de Kaolack», un expert commis par l’Ige a évalué les coûts des travaux réalisés par Sattar à six milliards cent soixante et un millions cinq cent quatre-vingt-quatorze mille quarante- sept (6.161.594.047) F Cfa, au lieu des dix- sept milliards deux cent trente millions sept cent sept mille trois cent vingt-quatre (17.230.707.324) francs Cfa, coût du marché après avenant. Sur ce montant, quinze milliards trois cent soixante-neuf millions six cent cinquante-deux mille cent quatre- vingt-seize (15.369.652.196) de F Cfa ont été effectivement payés. 
Le préjudice cumulé causé au Trésor public est évalué à neuf milliards deux cent huit millions cinquante-huit mille cent quarante-neuf (9.208.058.149) F Cfa. 
Mercredi 15 Juillet 2015
Dakaractu




1.Posté par jack le 16/07/2015 07:41
Mbaye Diop de SATTAR n'est qu'un prête nom devenu puissant pa la force des choses.



Dans la même rubrique :
Fidel Castro est mort

Fidel Castro est mort - 26/11/2016