Moïse Sarr, Directeur SGESE : « Avec la nouvelle réforme, le taux des bourses d'excellence a augmenté et tout étudiant ayant déposé à temps sa demande de renouvellement perçoit sa bourse le 1er de chaque mois »

Dakaractu s'est rendu à Paris, pour y rencontrer Moïse Sarr, le Directeur du Service de gestion des Etudiants Sénégalais de l’Extérieur pour s'enquérir de l'état des bourses, mais aussi de la situation des étudiants à l'étranger. Malgré les contraintes de temps avec la venue du président Macky Sall à Paris, Moïse Sarr nous a accordé un entretien de quelques minutes.


DAKARACTU : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
 
MOISE SARR 
: Je m’appelle Moise Sarr, Directeur du Service de gestion des Etudiants Sénégalais de l’Extérieur. Une structure qui relève du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et qui est rattachée au ministère des Affaires Etrangères. Nous sommes basés à Paris et nous gérons l’ensemble des étudiants Sénégalais à l’étranger. Qui parle de gestion, parle de suivi du cursus, du paiement des allocations et aussi en terme d’accompagnement.
 
Quel est concrètement le rôle de la structure que vous dirigez ?
 
On a deux missions fondamentales : la gestion du cursus, c’est à dire  tous les étudiants qui sont à l’étranger sont gérés de la première jusqu’à leur sortie ou la fin de leurs études. Quand je parle de la fin d’études, c’est aàdire les Licences Pro, le master pour le 3 ème cycle d’une école d’ingénieur et pour finir ceux qui font le doctorat seront accompagnés jusqu’à l’obtention du diplôme.
Chaque année nous procédons au renouvellement de ces jeunes et nous suivons aussi les difficultés qu’ils rencontrent quand nous sommes saisis pour les accompagner.
Nous nous chargeons aussi du paiement des allocations. Quand je parle d’allocation, il y a les bourses, il y a les aides et dans les bourses nous avons des bourses d’excellence, nous avons des bourses de  coopération, mais nous avons aussi des bourses socio-pédagogiques. Toutes ces bourses et aides de l’Etat, sont gérées par nos services et elles sont toutes payées le 1er de chaque mois.
A ce niveau, je souligne que nous avons des paiements qui sont maîtrisés et réguliers. Tout étudiant boursier ou qui bénéficie d’une aide reçoit son dû le 1er du mois. Que ça soit un samedi ou un dimanche, nos services effectuent quand même le virement. A travers le site web mis en place, il peut facilement voir que le virement a été effectué.
 
Nous savons que le problème des bourses est un véritable casse tête pour les autorités. Vous qui gérez les étudiants à l’étranger, quel genre de problème rencontrez-vous en général dans votre fonctionnement ?
 
Pour les étudiants boursiers ou qui bénéficient d’une aide, on ne peut pas parler de problème pour le paiement. Maintenant on peut émettre des interrogations sur le taux de la bourse. Et à ce niveau, il y a eu des efforts considérables qui ont été consentis à savoir l’augmentation de la bourse d’excellence qui était de 373 euros pour ceux qui sont dans la région parisienne et de 297 pour ceux qui sont en province. Avec la nouvelle réforme, le président de la République a donné des instructions que ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Mary Teuw Niane a exécuté à la lettre. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les bourses d’excellence sont à 650 euros par mois pour les bacheliers qui ont la mention très bien ou Bien, mais aussi s’il est lauréat au concours national.
Maintenant, il faut ajouter que ces jeunes là doivent avoir une inscription dans les classes préparatoires. Parce que ce sont des jeunes qui ont un haut potentiel et on ne veut plus qu’ils aillent s’inscrire dans les universités ou des écoles de seconde zone, là où les jeunes occidentaux de même niveau ne vont pas s’inscrire.
Maintenant pour bénéficier d’une bourse, il faut déposer dans les délais. Après dépôt, l’étudiant a un numéro. Après les délais, le ministre convoque une commission pour travailler sur les dossiers en fonction des critères établis et les critères objectifs. Après ce travail, le ministère prend une décision d’attribution. Une décision qu’il signe et qui fait le circuit des visas, c’est à dire le ministère des Affaires Etrangères, au contrôle financier de la présidence même à la primature pour numérotation. Une fois ce circuit fait, on nous envoie les décisions que nous exécutons. Des qu’on reçoit la décision, on contacte directement l’étudiant ou son parent pour l’informer de son attribution. Et là, on engage un paiement sans délai. Alors il ne peut y avoir de problème.
 
 
Quelle est la voie à suivre pour être bénéficiaire d’une bourse ? Et comment se fait la répartition des bourses? 

 
Aujourd’hui avec la nouvelle réforme, nous avons misé sur l’excellence, sur la transparence, sur l’équité mais aussi sur la justice. Tout étudiant sénégalais bachelier 2014, qui a eu à déposer dans les délais une demande de bourse ou d’aide à l’étranger, et qui avait la mention Bien ou Très Bien, a obtenu une bourse pédagogique du gouvernement du Sénégal.
Les bacheliers de l’année 2013 qui ont eu à déposer une demande pour l’année académique 2014/2015, et qui avaient la mention Bien ou Très Bien, ont aussi obtenu une bourse.
Les bacheliers 2014 qui ont eu la mention Assez Bien, qui ont déposé dans les délais, ont obtenu une aide d’Etat du gouvernement du Sénégal.
 Nous avons aussi fait des répartitions en ce qui concerne les anciens bacheliers à l’étranger, on a regardé leur cursus pour voir leur mention et moyenne, mais aussi la question de l’âge. Après cela, on a affecté l’enveloppe destinée à cette catégorie.
Le président de la République accorde une importance particulière au social, c’est pourquoi les pupilles de la Nation qui ont déposé une demande ont obtenu des bourses.
Les étudiants qui ont quitté le Sénégal sans suivre nos procédures et qui viennent à l’étranger avec leurs propres moyens, peuvent aussi bénéficier d’un soutien de l’Etat du Sénégal s’ils en font la demande. Du moment qu’ils sont sénégalais, ils sont accompagnés par le gouvernement en fonction des moyens à disposition.
 
Qu’en est-il des logements sociaux et les faveurs accordées aux étudiants sénégalais à l’étranger ?
 
Nous avons mis en place beaucoup de dispositifs à notre niveau pour accompagner les étudiants.
Pour ce qui est de la question des logements, nous avons signé en décembre 2013 en présence du président de la République Macky Sall, une convention de logement de partenariat avec le plus grand bailleur social en France du nom de Adoma.
Une convention de logement d’une durée de 4 ans avec un contingent mobilisable de 500 logements. Nous avons tiré les enseignements du passé, alors nous avons fait en sorte que la disponibilité puisse correspondre aux besoins. Nous ne faisons pas de réservations pour des étudiants qui ne viendront pas car nous n’avons pas les moyens de payer des logements inoccupés. Ceux qui nous sollicitent, déposent et s’il y a des disponibilités de l’autre côté, on nous alerte et on régit immédiatement en envoyant l’étudiant bénéficiaire.
Ce sont des logements pas chers et les étudiants qui les occupent aujourd’hui paient en moyenne entre 100 ou 200 euros par mois. Ce qui soulage les étudiants.
On a aussi mis en place la caution solidaire. Pour le cas de la France, on demande beaucoup de papiers pour le garant. Là, nous intervenons en nous engageant à être le garant de l’étudiant allocataire. Et comme nos paiements sont faits tous les 1er du mois, l’étudiant doit honorer son engagement une fois le paiement effectué et pour payer son logement il a une semaine c’est à dire jusqu’au 8 du mois. S’il ne paie pas, le bailleur nous le signale dès le début du mois de non paiement. A notre niveau, on appelle l’étudiant pour lui dire de payer, s’il ne le fait pas, notre comptable fait un chèque de paiement pour le bailleur. Et à la date de son prochain paiement de bourse, nous ponctionnons notre dû.  Parce qu’il s’est engagé à honorer sa dette.
Ce dispositif facilite la tâche à l’étudiant mais aussi aux bailleurs publics, privés ou particuliers.
L’autre dispositif mis en place au sujet de la question du logement est ce qu’on appelle la dette locative. C’est à dire que des étudiants qui ne sont pas encore bénéficiaires de bourses ou d’autres qui ont des dettes de location, s’ils nous saisissent, on fait un chèque et on paie le bailleur. L’étudiant ne va plus stresser pour ça et ceci le soulage et lui évite d’être à la rue. A notre niveau, on étale sa dette sur plusieurs mois d’une façon qu’il ne sentira même pas qu’il est en train de payer.
Pour les boursiers de l’excellence, nous leur avons trouvé des logements avant même qu’ils n’arrivent et n’avons même donné des chèques pour leur caution. Naturellement ça sera étalé dans le temps d’une manière qu’ils ne le sentent pas et cela va leur permettre de se concentrer sur les études.
Nous avons aussi engagé récemment une conseillère juridique parce que nous rencontrons des étudiants qui sont en situation irrégulière. On prend ce problème très au sérieux et nous travaillons à satisfaire ce besoin au niveau de la préfecture.
Pour ce qui est de la question du stage, on accompagne l’étudiant avec des lettres d’appui et par des mises en relation.
On a aussi un serveur vocal interactif qui permet aux étudiants de pouvoir nous joindre pour détenir toutes les informations dont ils ont besoin.
Alors nous les accompagnons et nous leurs donnons la bonne information. Nous sommes aussi en collaboration avec la poste pour les documents dont ils auront besoin.
Nous allons lancer la bourse de mobilité pour ceux qui sont en Master II ou Doctorat et qui veulent partir au Sénégal.
Pour éviter que nos étudiants en Master ou Doctorat ne valident pas leur année, nous mettrons à leur disposition des bourses de mobilité pour leur voyage au Sénégal afin de faire un stage avec une aide de 60 000 F Cfa par mois.
Pour les doctorants nous mettrons en place les doctorats en alternance. Ils pourront bénéficier pendant 6 mois d’alternance à l’étranger avec 915 euros mensuel et l’Etat va lui donner chaque année un billet d’avion aller-retour pendant 3 ans avec la possibilité d’augmenter une année supplémentaire.
Tout cela pour dire que nous sommes en train de réformer totalement le système sur la direction du ministre Mary Teuw Niane qui a la volonté et la rigueur pour maintenir les réformes. Alors nous accompagnerons les étudiants et leur demanderons aussi de retourner au pays après les études pour apporter leur expérience chez nous et avec le PSE cela peut être bénéfique pour tout le monde.
 
 
Mardi 27 Octobre 2015
Dakaractu




1.Posté par Bakary le 27/10/2015 10:57
Good job M. Sarr. Toutes mes felicitations a toute l'equipe. Les choses ont vraiment changé dans le bon sens. Bon courage.

2.Posté par Démocrate de lait le 27/10/2015 12:59
Très bien. Bon courage!

3.Posté par Jean Noel Diene Thiang le 27/10/2015 15:07

4.Posté par baidy anne le 27/10/2015 19:29
félicitations moise, nos encourgements...on n'en a attendé pas moins émanant d vous...

5.Posté par souley le 29/10/2015 08:57
Toutes nos vives félicitations M. SARR. Vous êtes notre fierté et nous vous encourageons vivement. Merci à toute l'équipe du SGEE. Vous faites un excellent boulot sans fanfaronnade ni vanité.
Que dieu vous benisse M. SARR



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