Mohammed VI se rendra à Addis Abeba pour le sommet de l'Union africaine (Premier ministre)


Mohammed VI se rendra à Addis Abeba pour le sommet de l'Union africaine (Premier ministre)
Le roi du Maroc se rendra à Addis Abeba fin janvier à l'occasion du sommet de l'Union africaine (UA) au cours duquel le royaume entend réintégrer l'organisation continentale, a affirmé le chef du gouvernement marocain désigné Abdelilah Benkirane.

"Le roi ira à Addis Abeba pour défendre l'entrée du Maroc dans l'Union africaine", a déclaré jeudi soir à la presse M. Benkirane.

Au Maroc, le souverain a traditionnellement la haute main sur la diplomatie du royaume. Son déplacement n'a pas été confirmé de source officielle ou par les Affaires étrangères. Un haut responsable de ce ministère, s'exprimant sous couvert d'anonymat dans la presse locale, a affirmé pour sa part qu'il n'y avait pas encore de décision finale pour ce voyage.

Le Maroc avait annoncé en juillet sa volonté de réintégrer l'organisation panafricaine, qu'il avait quittée en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien.

Depuis, le pays mène une vaste offensive diplomatique pour baliser le terrain à ce retour, et le roi Mohammed VI a enchaîné les tournées diplomatiques en Afrique, notamment au Rwanda, en Tanzanie, au Gabon, au Sénégal, en Ethiopie ou encore à Madagascar. 

Le retour du Maroc dans l'UA doit être validé par un vote des Etats membres à la majorité des deux tiers (soit 36 pays). 

Il donne lieu à une sourde lutte d'influence avec l'Algérie dans les couloirs de l'organisation, avec en toile de fond la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée depuis 1975 par Rabat, et dont le Front Polisario, soutenu par Alger, réclame l'indépendance.

En préalable à cette réintégration au sein de l'UA, les deux chambres du Parlement marocain doivent par ailleurs ratifier l'acte constitutif de l'organisation panafricaine.

Le 10 décembre, lors d'un Conseil des ministres consacré principalement à l'UA, Mohammed VI avait appelé les deux chambres à accélérer cette ratification, alors que les négociations pour la formation du futur gouvernement sont dans l'impasse depuis plus de trois mois, et que le Parlement ne s'est pas encore réuni depuis les législatives d'octobre.

A la demande du souverain, le Premier ministre a réuni vendredi après-midi les chefs de partis représentés aux deux assemblées. Au cours de cette rencontre, il a été décidé que la chambre des représentants se réunira lundi pour élire son président et les membres des différentes instances parlementaires.

L'Assemblée procédera dans les jours suivant, et "d'ici vendredi prochain", à la ratification du texte de loi entérinant le retour du Maroc à l'UA, a annoncé vendredi soir à la presse le doyen des députés, Abdelouahed Radi.

La réunion de la Chambre des représentants, alors que le pays est sans gouvernement, constituera une situation inédite. Elle devrait donner lieu à une intense bataille politique entre le Parti justice et développement (PJD, islamiste) du Premier ministre Benkirane, majoritaire, et une alliance de quatre partis, portée par le RNI (Rassemblement national des indépendants, libéral).

Des divergences entre M. Benkirane et le patron du RNI, Aziz Akhannouch, sont au coeur du blocage des négociations pour la formation du nouveau gouvernement de coalition.

Après la victoire du PJD aux législatives d'octobre, Abdelilah Benkirane avait été reconduit par le roi à la tête du gouvernement de coalition qu'il dirige depuis cinq ans.

Mais après trois mois d'interminables négociations, le chef du gouvernement a annoncé le week-end dernier qu'il mettait fin aux négociations avec le RNI, actant l'échec des discussions, désormais dans l'impasse.


 
Vendredi 13 Janvier 2017
Dakaractu



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