Modification de l'article L78 du code électoral : Comment le pouvoir a empêché un 23 juin bis


La montagne a accouché d'une souris. Pour ainsi dire, le rassemblement auquel des partis de l'opposition avaient convié les populations sénégalaises devant les grilles de l'Assemblée nationale pour protester contre la modification de l'Article L78 du code électoral n'a pas eu lieu. Les forces de sécurité ont pris les devants pour faire échouer ce projet. Pour ce faire, la police a déployé un dispositif impressionnant et placé ses hommes armés jusqu'aux dents sur toutes les voies menant à l'Assemblée nationale. Seuls étaient acceptés quelques passants et les journalistes. Même les jeunes de l'opposition qui ont pu accéder à la salle où se menaient les débats, ont été éjectés. Ce qu'ils n'ont pas manqué de dénoncer d'autant plus que pour ces jeunes du Pds et de Bokk Gis Gis, des partisans de la majorité ont été ménagés pour ne pas dire qu'ils ne sont pas inquiétés. Sommés de vider la devanture de l'Assemblée nationale, certains d'entre eux ont opposé de la résistance aux éléments du GMI qui n'ont pas hésité à employer la force pour les disperser. Plus encore, ils ont fait usage de leurs grenadeses lacrymogènes. Un peu plus tôt, c'est Guy Marius Sagna du collectif “Non aux APE” qui s'est fait arrêter. Il a été conduit au commissariat central de Dakar au même titre que certains jeunes de l'opposition. Le jeune responsable libéral Gallo Tall a récolté une cheville cassée.
Le député Omar Sarr sortait par moment s'enquérir de la situation mais c'est non sans se heurter lui aussi aux forces anti émeutes qui ne lui ont cédé aucune parcelle de liberté pour, ne serait-ce que parler aux journalistes. Finalement, il s'est adressé à la presse dans une rue très éloignée de l'Assemblée nationale. Après sa déclaration, il est revenu au parlement où les débats se faisaient de plus en plus virulents entre députés de la majorité et leurs collègues de l'opposition. La place Soweto quant à elle, était désemplie de manifestants. Ses seuls occupants étaient de la...police. Rien à voir avec l'affluence du 23 juin 2011. Il faut croire que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Les quelques téméraires qui osaient mettre les pieds aux abords de l'hémicycle étaient aussitôt chassés des lieux sans le moindre ménagement. Ce fut le cas du vice président de Rewmi. Vêtu d'un “Obasanjo” de couleur noire, Déthié Fall s'est vu refuser l'accès à l'assemblée nationale. Très surpris par cette éconduction, le second d'Idrissa Seck n'a même pas eu l'opportunité de s'entretenir avec les dizaines de journalistes. Il a voulu rappeler à ses interlocuteurs ses droits, mais rien n'y fit. Tout comme les autres, il a été accompagné jusque dans une rue quasi déserte pour s'adresser aux journalistes. Finalement, le projet de loi portant modification de l'article L78 du code électoral a été adopté. L'opposition rate ainsi son 23 juin bis, mais semble n'avoir pas dit son dernier mot. 
Jeudi 6 Juillet 2017
Dakaractu



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