Mise en demeure aux ministres : Une révolte de dernière heure souffle sur l'Assemblée


Mise en demeure aux ministres : Une révolte de dernière heure souffle sur l'Assemblée
Les parlementaires ne sont pas du tout contents du comportement des ministres du gouvernement à leur endroit.Ils l’ont exprimé hier, à l’occasion du vote de budget du ministère chargé des relations avec les Institutions.Pour Thérèse Coumba Diop, si par le passé des portes de ministre étaient fermées aux députés c’est une erreur.Car reconnaît-elle, le Gouvernement et le Parlement doivent s’écouter et travailler ensemble.

L’initiative n’est pas courante du Parlement où les députés passent pour être une caisse de résonnance. Hier, on a vu un tout autre visage de l’Assemblée avec certains de ses membres qui ont sonné la ‘rébellion’ pour réclamer plus de considération et de respect de la part du gouvernement. C’était à l’occasion du vote du budget du ministère chargé des Relations avec les Institutions.
Profitant de cette tribune, les parlementaires ont plaidé pour une plus grande ‘accessibilité’ des membres du gouvernement lorsqu’ils font l’objet de sollicitations. Pour cette raison, les députés ont apprécié l’opportunité de nommer des attachés parlementaires chargés de maintenir la jonction entre les élus qu’ils sont et les membres de l’Exécutif. ‘La valorisation des conditions matérielles et morales au sein des Institutions ne peut être optimale que ci celles-ci bénéficient d’infrastructures adéquates’, estiment-ils. A cet égard, ils ont sollicité l’implication du ministre dans le processus de construction de sièges modernes pour les Institutions. Non sans dénoncer les limites inhérentes à l’encadrement légal du processus budgétaire.

Les députés disent être mis dans l’obligation de voter le projet de budget sur la base des seuls arbitrages du gouvernement puisqu’aucune marge de manœuvre ne leur est ouverte pour modifier les dotations. Aussi, ont-ils sensibilisé le ministre du Budget pour un accroissement des crédits budgétaires du ministère chargé des Institutions et encouragé le ministre à explorer la coopération internationale.

Les députés ont également demandé l’équipement du Parlement en matériels modernes de communication. ‘La mise en place d’un système de traduction simultanée dans nos langues nationales s’avère indispensable pour décloisonner les débats’, estiment les parlementaires. De même, ‘la transcription des rapports dans ces langues permet de s’imprégner du contenu des documents’. Les élus ont plaidé pour la création d’une chaîne de télévision parlementaire, voire d’une ‘chaîne des Institutions’ pour donner plus de relief et de visibilité à la communication parlementaire.

Le ministre chargé des Institutions n’a pas ramé à contre-courant. Elle a plutôt souligné la nécessité pour son département de servir d’interface entre le gouvernement et le Parlement. ‘Le ministère que je dirige doit servir d’interface entre l’Exécutif et le Législatif, donc entre le Parlement et le Gouvernement. Et je m’attacherai également à remplir cette tâche’, a indiqué Thérèse Coumba Diop. ‘Nous avons à vous ouvrir nos portes. Ce sont des instructions que le président de la République nous a données et je vais rappeler ces instructions à mes collègues ministres. Si par le passé des portes de ministre vous étaient fermées, a-t-elle continué, sachez que c’est juste une erreur. C’est vrai, le gouvernement et le Parlement doivent s’écouter et travailler ensemble’, assure le ministre chargé des relations avec les Institutions. Elle annonce l’organisation d’une journée des Institutions prévue à la fin du vote des budgets des différents ministères par les députés et les sénateurs. ‘Ce qui va permettre au public et à tous les citoyens de mieux connaître leurs Institutions. Et, à travers cette journée, les citoyens pourront se rapprocher des députés’.

Cette révolte de députés trahit des frustrations liées aux ambitions manifestées au début de la présente Législature, en 2007. Forts de l’invite qui leur avait été faite en ce sens par le président de la République, via le Premier ministre de l’époque, Cheikh Hadjibou Soumaré, ils s’étaient distingués par une frénésie dans le dépôt de propositions de lois et autres initiatives visant la création de commissions d’enquête. Une velléité d’indépendance qui a été stoppée net par le débarquement en règle du président de l’Assemblée nationale de l’époque, Macky Sall. A ce dernier, il était reproché d’avoir… convoqué Karim Wade pour une séance de reddition des comptes de l’Anoci. Depuis, ils en étaient réduits à un rôle d’agents sous les ordres de l’Exécutif dont ils devaient, les yeux fermés, valider les textes.

Avec la fin de l’actuelle législature qui se profile pour 2012, les députés se sont subitement rappelés le niveau d’assumation qu’ils auraient dû atteindre dans leur rôle au cours des quatre années écoulées.

Charles Malick SARR

( WALF )
Vendredi 18 Novembre 2011




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