Michael Moore : Pourquoi Trump va remporter l’élection présidentielle

Si Michael Moore ne soutient pas Donald Trump, il est néanmoins persuadé que le candidat républicain à la présidentielle américaine va l’emporter.


Michael Moore : Pourquoi Trump va remporter l’élection présidentielle
Pas besoin de boule de cristal. Pour Michael Moore, l’élection de Donald Trump est une suite logique et inévitable. Le documentariste oscarisé est réputé pour son franc parler et son goût pour la polémique, et on ne peut nier qu’il a le don de mettre le doigt sur les enjeux qui divisent nos sociétés. Le réalisateur de «Bowling for Colombine» et «Fahrenheit 9/11» a publié sur son site internet un scénario inquiétant : selon lui, le candidat républicain, «misérable, ignorant, dangereux clown à mi-temps et sociopathe à plein-temps», sera le prochain président américain. Voici les 5 raisons selon lui.

Une question de mathématiques

L’élection américaine est indirecte. Elle se fait par États et chacun détient un certain poids en fonction de la densité de sa population. Les États les plus peuplés sont donc stratégiques. Mais les plus intéressants, pour un candidat, sont surtout les Etats indécis, qui peuvent faire basculer l'élection. 

À cet égard, Michael Moore remarque que le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin, États traditionnellement démocrates, ont élu depuis 2010 des gouverneurs républicains ( la Pennsylvanie a toutefois rebasculé depuis). Selon lui, ce volte-face résulte des dégâts provoqués par l’Accord de libre-échange nord-américain (l’Aléna) soutenu par les Clinton en 1994. Ces quatre régions, dont l’économie repose sur la manufacture, l’acier et l’automobile, souffrent particulièrement de cet accord, ce qui leur a valu le surnom de «Rust Belt» («la ceinture de rouille»). De manière attendue le message populiste de Donald Trump et de Bernie Sanders y a trouvé une résonance particulière.

Le cinéaste rappelle que les États de la «Rust Belt» représentent 64 voix du Collège électoral. 64 voix qui iront selon lui à Trump, par vengeance ou animosité contre la candidate démocrate, et femme de celui qui signa l’Accord. Enfin, Michael Moore note qu’en 2012, Mitt Romney a perdu l’élection face à son adversaire républicain, Barack Obama, de… 64 voix.

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Le problème ce n’est pas Trump, mais Hillary
«Son vote en faveur de la guerre en Irak m’a fait promettre de ne jamais voter pour elle». Si M. Moore avoue qu’un adversaire comme Trump l’a contraint à changer d’avis, il se doute que bon nombre d’Américains n’auront pas le même réflexe.

«Le problème ce n’est pas Trump mais Hillary», dit-il. Le cinéaste appuie ses propos sur un sondage estimant que 70% des électeurs pensent qu’elle n’est pas digne de confiance et malhonnête. Il faut dire que cette dernière a essuyé les accusations et polémiques tout au long de sa campagne. Selon lui, la candidate démocrate est très impopulaire et puisque l’élection se joue en grande partie sur la séduction et la capacité à mobiliser la population, la partie est perdue d’avance.

La dépression des partisans de Sanders

Ce constat vaut pour les partisans du candidat démocrate déchu, Bernie Sanders. «Arrêtez de vous tracasser en pensant que les partisans de Bernie ne voteront pas pour Hillary –Nous votons Hillary !» Mais à contrecoeur, sans faire de bénévolat pour le parti et sans motiver leur entourage à aller voter. Les électeurs au moral en berne voteront par dépit, «mais beaucoup resteront à la maison», souligne Michael Moore.

L’homme blanc blessé dans son honneur ?

Selon Moore, les avancées au chapitre du droit des femmes, des gais, des transgenres et des minorités ont mis à mal la fierté de l’homme blanc américain hétérosexuel. Ce dernier a dû supporter à la mi-temps du Super Bowl, «le concert de Beyoncé et de son armée de femmes noires, doigt d’honneur levé», scandant l’Egalité avec un grand E. Le réalisateur doute qu’après avoir subi les directives d’un noir pendant huit ans, l’homme blanc moyen supportera l’idée d’obéir aux ordres d’une femme.

Le bulletin de vote option "pochette surprise"

«Des millions d’Américains vont voter Trump. Non pas parce qu’ils sont d’accord avec lui, ni parce qu’ils aiment son ego, mais parce qu’ils le peuvent». Selon lui, certains électeurs qui normalement voteraient démocrates se diront «je coche Trump, juste pour voir ce que ça donnera». Comme si l’électorat était devenu un public votant à une télé-réalité et donc en fonction de ce qui les divertira le plus. Et si les politiques de Trump restent à définir, il est de loin le candidat le plus divertissant que nous ayons vu depuis Jesse Ventura.

Un peu d’espoir pour les anti-Trump

Pour ceux qui appréhendent nerveusement l’élection du milliardaire, Michael Moore souligne que ses propos n’engagent que lui et qu’il n’a «jamais autant souhaité avoir tort». Il nous donne rendez-vous la semaine prochaine sur une petite touche d’espoir, avec un texte exposant les possibilités de battre Donal Trump. 
Mercredi 27 Juillet 2016
Dakaractu




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