Mendicité des enfants : Macky Sall sera-t-il ferme, après la volte-face du régime précédent

Après l’incendie de la Médina dans lequel ont péri 9 talibés, les pouvoirs publics affichent la ferme volonté de sévir contre le phénomène de la mendicité des enfants. Ce qui n’est pas sans rappeler l’engagement puis la volte-face du régime précédent sur la question.


Mendicité des enfants : Macky Sall sera-t-il ferme, après la volte-face du régime précédent
Le 24 août 2010, à l’issue d’un conseil interministériel, le Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye annonçait la décision du gouvernement de prendre des mesures visant à lutter efficacement contre la mendicité et la traite des personnes au Sénégal.
 
Au lendemain, la traque des mendiants sur la voie publique est déclenchée à Dakar, à l’exception des lieux de culte que le gouvernement a désignés pour y convier les nécessiteux, afin qu’ils y reçoivent la charité.
 
A l’époque, des conservateurs musulmans s’étaient vite rebiffés et avaient pris la mesure de l’interdiction de la mendicité dans la rue pour ‘’une atteinte à la religion’’ et à la survie des écoles coraniques traditionnelles.
 
Les tenants de cette thèse s’étaient réfugiés derrière l’indigence matérielle des maîtres coraniques ou l’épreuve de souffrance à laquelle ces derniers prétendent soumettre les apprenants ‘’pour le bien’’ de leur formation spirituelle et morale.
 
Les tribunaux sénégalais avaient également commencé à condamner des récalcitrants qui défiaient la mesure gouvernementale, en continuant de lâcher les hordes de jeunes mendiants dans les rues de la capitale pour la pitance journalière. Pour la plupart, les mis en cause sont des maîtres coraniques qui exploitent des talibés.
 
Plus sages, des collectifs d’associations islamiques ou d’écoles coraniques se sont constitués tous azimuts et ont continué d’appeler les autorités étatiques à revenir sur leur décision d’interdiction de la mendicité dans la rue et de confiner les mendiants dans les lieux de culte.
 
Cette volonté ferme des pouvoirs publics d’interdire la mendicité fera long feu. L’engagement est suivi d’une volte-face qui avait été cautionnée au plus haut sommet, notamment par le président de la République.
 
En effet, le 8 octobre 2010, le président Abdoulaye Wade s’était mis en désaccord avec son gouvernement concernant l’interdiction de la mendicité dans la rue, estimant que ‘’l’aumône est une pratique recommandée par la religion’’.
 
‘’Revenant sur la mendicité dans notre pays, le président de la République, considérant que l’aumône est une pratique recommandée par la religion, a exprimé son désaccord par rapport à son interdiction’’, rapportait un communiqué du conseil des ministres.
 
Me Wade avait préconisé ‘’une mutualisation de l’aumône au niveau national’’ en vue d’aboutir à ‘’la rationalisation de cette pratique’’, dans un pays de croyants composés en majorité de musulmans cohabitant avec des chrétiens. Ces deux communautés prônent la solidarité avec les démunis.
 
Le chef de l’Etat avait en outre instruit le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, de réfléchir sur cette question de la mutualisation, en impliquant le ministre délégué chargé des Droits de l’homme, Coumba Gaye, le ministre conseiller chargé des Affaires religieuses, Mamadou Bamba Ndiaye, les guides religieux, les maîtres coraniques et les bonnes volontés.
 
‘’Concernant justement les maîtres coraniques, le président de la République a demandé au gouvernement d’examiner les voies et moyens pour leur accorder une subvention en vue de leur permettre de s’acquitter convenablement de leur devoir d’éducateur’’, ajoutait le communiqué gouvernemental.
 
Réagissant sur les lieux du drame de la Médina, Macky Sall a assuré lundi que l’Etat sénégalais prendra ''des mesures très sévères'' à l’endroit de tous ceux qui organisent la mendicité des enfants.
 
Neuf enfants on été tués dimanche soir dans l'incendie d'une école coranique (dahra) située dans le quartier de la Médina. Un autre enfant a été grièvement brûlé dans ce sinistre. 
 
Les victimes faisaient partie de quelque 80 enfants, dont 51 talibés, entassés dans un bâtiment construit sous forme de baraque. Le site, très exigu et peu accessible, abrite une école coranique et d'autres familles locataires à raison de 15.000 francs CFA par chambre.
 
''Nous ne sommes pas contre la charité, mais nous sommes contre la mendicité des enfants. Des mesures très sévères seront prises à l’endroit de tous ceux qui continuent, au nom de l’Islam soit disant, d’organiser cette condition de vie qui comme, on l’a vécu aujourd’hui, peut entraîner la mort d’autant d’enfants dans des conditions tout à fait inhumaines’’, a-t-il dit.
 
Selon M. Sall, le Premier ministre Abdoul Mbaye et le gouvernement ''vont non seulement communiquer dans les prochaines jours mais mettre en œuvre les directives indiquées’’.
 
Il a énuméré plusieurs mesures parmi lesquelles l’organisation de la charité, l'appui aux établissements qui sont en mesure d’accueillir des enfants, le soutien et la fermeture de tout établissement qui ne répond pas aux normes pour lutter contre l’exploitation des enfants.
 
''Mais aussi, (il s'agira) de sévir contre tous ceux qui continuent à vouloir exploiter les enfants en les envoyant dans la rue pour mendier’’, a expliqué le chef de l’Etat.
 
Par ailleurs Macky Sall a affirmé que ce drame obligera les autorités, ''à intervenir et identifier partout où des sites comme celui-ci existent, pour qu'ils soient fermés et que les enfants soient récupérés et remis à leurs parents lorsqu'ils en ont la possibilité, soit l’Etat lui-même en ce qui le concerne gardera ces enfants’’.
 
''Pour les enfants venant de la sous-région, nous prendrons des mesures au besoin avec les autorités de ces pays’’, a-t-il précisé.

APS
Mercredi 6 Mars 2013




1.Posté par effet le 06/03/2013 20:47
Effet d'annonce ? : on jugera le gouvernement macky/abdoul.

2.Posté par deug le 07/03/2013 12:49
le pdt macky n est pas wade il (macky) est mille fois mieux ces mesure vont etre pris au serieu pck ces mauvais d exposé les enfants san defence dans la rue c mme une attenta en tt cas pdt le peuple vous faites confiance il fau faire le necessaire



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