Même le Real Madrid n'est pas toujours élégant

Le Real Madrid, «plus grand club du monde» par son histoire, peine parfois à se conformer à l'exigence d'élégance qu'il s'impose. La gestion quelque peu maladroite du départ de l'emblématique Iker Casillas n'est pas le seul exemple.


Même le Real Madrid n'est pas toujours élégant

Le club: l'exemple d'Iker Casillas

Lorsqu'un des «enfants» de la maison, qui a tout gagné avec son club, a passé seize ans dans l'équipe pro et  pleuré au moment de sa conférence de presse de départ, est «unfollowé» sur les réseaux sociaux dès le lendemain de sa signature dans une autre équipe, on peut considérer la manoeuvre légèrement indélicate. C’est pourtant ce qu’a fait le Real Madrid, via son community manager, avec Iker Casillas.

Car rien n'est plus rapide aujourd’hui que la propagation de l’information via, justement, ces moyens de communication. De toute façon, «San Iker», déjà pris en grippe par une partie de Bernabeu, avait eu un avant-goût de ce manque de tact. Au moment de ses adieux devant les journalistes, samedi, aucun dirigeant n’est venu à ses côtés sur l’estrade.
 

Le président : l'exemple de Vicente Del Bosque


Deux Ligues des champions, une Coupe intercontinentale, une Supercoupe d’Europe, deux Championnats d’Espagne et une Supercoupe d’Espagne: le palmarès de Vicente Del Bosque à la tête du Real Madrid est impressionnant. Mais, aux yeux de Florentino Pérez, il manque quelque chose d’essentiel au technicien: il n’est ni moderne ni glamour.

Le 24 juin 2003, après une émission de télévision où il est venu commenter le titre conquis deux jours plus tôt par les Madrilènes, Del Bosque apprend, au détour d'un couloir, qu'il a été sacrifié. «Je pensais que si un jour mon tour venait, Valdano (alors directeur sportif) m'en informerait personnellement, déclare, écoeuré, Del Bosque. Au lieu de ça, il a fait propager la nouvelle par des intoxicateurs (sic), des gens du Real qui n'ont aucune idée de ce que représente la fonction d'entraîneur de la Casa Blanca (la Maison Blanche). Ça n'a pas été la manière la plus élégante de notre institution.»
 
 

Les supporters : l'exemple de Cristiano Ronaldo


Le Real Madrid est si particulier qu'il doit probablement être le seul club au monde où les supporters sont capables d’aduler puis de siffler un joueur auteur d’au moins 50 buts lors de cinq saisons d’affilée. Certes, Cristiano Ronaldo pêche parfois par égoïsme, mais tout de même, beaucoup de fans aimeraient pouvoir admirer un tel attaquant.

Ce changement de comportement suscite d’ailleurs l’incompréhension du triple Ballon d’Or et n’est pas anodin à ses sautes d’humeur et à sa volonté, parfois difficilement masquée, d'aller voir ailleurs. Preuve de cet agacement: la saison passée, stupéfait des sifflets descendants de Bernabeu après un hors-jeu de Marcelo, l'ancien Red Devil a adressé un regard noir au virage avant de lâcher un «Foda-se». Traduction polie: «Allez vous faire voir.»
 

Les supporters (bis) : l'exemple de Guti


En quittant le Real Madrid en 2010, Guti a tenu à rendre hommage au public madrilène. Pourtant, le milieu de terrain en a bavé avec les aficionados du Real. Souvent pris à partie à cause de ses sorties nocturnes et sa présence en Une des magazines people, Guti a appris au fil des années à composer avec ce public capricieux. «Dans une saison, il ne se passe pas un seul match sans qu’une partie de Bernabeu ne me siffle. J’ai fini par me blinder», confiait ainsi l'élégant gaucher il y a cinq ans. Juste avant un départ en toute discrétion, après 24 ans passés au sein de la Maison Blanche.

L'Equipe
Lundi 13 Juillet 2015




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