Médina/Référendum 20 mars 2016 : Renforcer cette dynamique unitaire (Contribution)


Nonobstant les manipulations tous azimuts et consignes du Front du NON à Dakar, où un vacarme politique passionnel a été fortement médiatisé, les dakarois ont massivement voté OUI sur 17 contre 19 communes. Premier constat : à la Médina, commune assez stratégique, où l’arrogance a un nom, et la violence collée à  des visages, la déferlante machine du OUI a foudroyé les ambitions de ces fractionnistes, auto-proclamés invincibles. Second constat : pour nous il est difficile de comprendre la posture de la société civile qui a décline l'offre de la candidature indépendante. Paradoxal que cette société civile-là, si longtemps et injustement tenue à l’écart des consultations électorales, n'ait pu saisir cette opportunité historique pour exister.
 
Un OUI historique et décisif
Qu’il est dangereux de faire dire à un texte constitutionnel ce qu’il n’a pas dit surtout que ses contours étaient précis et indiscutables. Il est évident tout enfant qui étudierait ou se racontera le référendum du 20 mars saura que ce bloc d'offres  "révisionnistes" soumis au peuple sénégalais allait au-delà de la personne du Président Macky Sall. Qui plus, cette ambitieuse reforme ne renfermait que des dispositions pour faire progresser équitablement l'Etat de droit et d'engager harmonieusement le processus de modernisation de nos Institutions.  Aujourd'hui ce OUI sortit vainqueur de cette épreuve décisive a dissiper le rêve du courant du NON qui, voulait vaille que vaille noircir cette consultation référendaire, en fuyant le vrai débat. Sans doute les résultats qu'ils s'étaient préfabriqués virtuellement, largement répandue d'ailleurs dans les réseaux sociaux, prévoyaient-ils une cohabitation aux législatives ou une inévitable défaite du Président Sall, à la présidentielle 2017. Nous n'en sommes pas encore là. Malheur à eux donc puisque cela n'existe que dans le domaine de la futurologie politique.
 
La Médina : une synergie conquérante
Pour les médinois, le référendum du 20 mars constituait un énorme enjeu, un nouveau point de départ d'une étape significative qui, sous l'angle de la citoyenneté politique, rétablissait les citoyens d´un droit si nécessaire, celui de jouir d’un privilège exclusivement accordé aux membres de partis politiques. N´est-ce pas à côté des politiques, il y a les désirs et les actes des citoyens ; et les politiques ne réussissent vraiment que si elles s'appuient sur ces derniers. Que déduire de cet enseignement ? Nous aurions trahi les médinoises en laissant aux seuls politiciens de toujours jouir d’avantages illégaux ou se voir éternellement combler de faveurs refusées à d'autres personnes parce qu'ils appartiennent à une classe définie. Pour cette victoire éclatante, nous en sommes certes redevables aux populations médinoises, mais aux ministres non politiques notamment Dr Papa Abdoulaye Seck, Mme Maïmouna Ndoye Seck, Youssou Ndour qui, sous l’impulsion du président El Hadj Malick Sy Souris, aux côtés des politiques comme Seydou Gueye, Sidy Sam, Pape Momar Diop, Babacar Gueye de l'Afp, du comité "Médina néna OUI", mouvements citoyens et autres organisations de communautés de base, se sont mouillé le maillot en se lançant dans une telle dynamique. De l'autre côté, nous ne saurions oublier Mme Eva Marie Coll Seck qui, elle aussi, a enlevé son manteau de   l'image de ses collègues ministres du gouvernement, pour enfiler sa robe de sentinelle de la démocratie. Pourquoi tous ces gens ont eu le même réflexe ? Il y a eu certes l'appel du Président Macky Sall, sollicitant leur appui pour le vote du OUI massif, mais c'est peu dire ici que leur préoccupation majeure était la gestion de la commune de la Médina. En effectuant des visites de proximité dans la Médina avec eux, nous tous avons senti la déception due en grande partie à une absence réelle de projets collectifs et de véritable politique de développement de notre commune. Constat affligeant !
 
Maintenant que les candidatures indépendantes sont acceptées, il urge de préserver et renforcer cette dynamique unitaire victorieuse, de se constituer en forces de contrôle et de propositions pour faire valoir nos capacités de leadership. Car la gestion d’une Cité, nous cesserons jamais de le dire, passe inéluctablement par la participation des citoyens, la création de relais efficaces d’écoute et une prise en compte des aspirations populaires. A leur corps défendant, tous les messages provenant des femmes et jeunes ont été bien perçus par ces ministres, natifs de la Médina, qui ont fait de tout poil la démonstration de leur capacité à être des têtes bien-pensantes au service de leur Médina, quartier d'amour et de cœur.

Gallo Thiam, Apr-Médina
 
Dimanche 27 Mars 2016
Dakaractu




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