Me Wade : chronique d’une candidature controversée


Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la candidature de Me Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle du 26 février, ravivant davantage la contestation dont elle a fait l’objet depuis plus d’un an.

Le chef de l’Etat sortant a déposé sa candidature lundi après avoir été investi par les Forcés alliées (FAL 2012) en décembre dernier. Il avait déjà déclaré sa candidature depuis 2010, soulevant une salve de critiques parmi les opposants et la société civile.

Le président de la République, 86 ans, a été élu en 2000 sous l’emprise de la Constitution de 1963 modifiée qui fixait la durée d’un mandat à 7 ans. En 2001, une nouvelle Constitution fixe cette durée à 5 ans, mandat renouvelable une seule fois. En 2008, après la réélection du président Wade, la nouvelle révision constitutionnelle fixe encore la durée du mandat à 7 ans.

Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le décompte doit se faire à partir de la première réforme constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu’il s’agit donc d’un second mandat conforme à la Constitution.

Dans une récente déclaration, le chef de l’Etat a affirmé qu’il pouvait "légalement" se présenter non seulement en 2012, mais également en 2019.

Sous tous les toits Me Wade a défendu la recevabilité de sa candidature et mettant même à contribution l’expertise internationale. Ainsi le 21 novembre, un séminaire international convoqué par la mouvance présidentielle conclut que le chef de l’Etat peut briguer un nouveau mandat en 2012.

Lors de cette rencontre à laquelle ont participé des juristes français et américains, seul le professeur Seydou Madani Sy avait soutenu que selon la lecture qu’il se fait de la constitution, Me Abdoulaye Wade ne peut pas se porter candidat pour un autre mandat parce qu’ayant déjà exercé deux mandats comme le limite la Constitution.

Le chef de l’Etat sortant avait déclaré en mars 2007 avoir épuisé le nombre de mandats présidentiels, donnant ainsi des arguments à ses opposants. Pour les participants au séminaire de Dakar, cette déclaration relève plutôt du "commentaire" et n’a pas de valeur juridique.

Le principe de la non-rétroactivité de la loi est l’un des principaux arguments avancés par les constitutionnalistes qui défendent la candidature de Me Wade.

Selon eux, cette interprétation est la seule logique ; suivant le socle commun de toutes les démocraties de type libéral fondées sur le respect de l’Etat de droit, une nouvelle disposition dispose pour l’avenir, mais n’a pas d’effet rétroactif.

Sur fond de tension, Me Abdoulaye Wade a invité, lundi dernier à Dakar, les Sénégalais et les candidats déclarés à l’élection présidentielle du 26 février à un scrutin pacifique, soulignant que la ‘’République s’est dotée de moyens légaux et légitimes pour défendre cette paix’’.

‘’Je demande à ceux qui sont de l’autre côté du gouvernement, que ce soit des candidats à l’élection ou des mouvements citoyens que nous voulons la paix. Nous plaidons la paix’’, a dit Me Wade, lors d’une manifestation des Forces alliées(FAL), pour la paix et la stabilité organisée à la Place de l’Obélisque.

’’Ces personnes qui parlent de légitimité de ma candidature veulent seulement perturber les élections. Elles parlent depuis un certain temps de la légitimité, mais je leur dis que c’est le peuple qui est légitime et il choisira son candidat légitime au soir du 26 février’’, a dit Me Wade.
Vendredi 27 Janvier 2012




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