Me OUSMANE SÈYE : « Me Abdoulaye Wade doit se ressaisir ! »


Me OUSMANE SÈYE : « Me Abdoulaye Wade doit se ressaisir ! »
La déclaration faite le 29 Octobre 2016 par l’ancien président de la République Me Abdoulaye Wade depuis la France où il animait une conférence sur la démocratie et l’Etat de droit au Sénégal, demandant à l’opposition de résister face à ce qu’il a qualifié de « dictature rampante » du président Macky Sall, n’a pas laissé Me Ousmane Sèye insensible. 
En effet, le président du Front Républicain reste formel sur le rôle dévolu à l’opposition : « le rôle de l’opposition est la conquête du pouvoir ». Mais comment  procéder à la conquête du pouvoir ? L’avocat dit penser que « c’est Me Wade lui-même qui devait donner le Sénégal comme modèle démocratique ».  Parce qu’il rappelle que « l’ancien chef de l’Etat libéral a eu à mener une opposition pendant 26 ans à l’issue desquels il a finalement conquis démocratiquement le pouvoir en 2000 ». Cela, en dépit du fait qu’il appelait  très souvent ses responsables et militants à des soulèvements populaires et à la résistance contre le régime de l’époque.  Mais « lorsqu’il a emprunté la voie démocratique qui est le procédé légal, il a accédé au pouvoir qu’il a exercé pendant 12 années ». Me Abdoulaye Wade doit même savoir mieux que quiconque que « le Sénégal est un pays démocratique et que les citoyens Sénégalais sont des démocrates  pour avoir remporté plusieurs scrutins dans la transparence et la démocratie ».  Sans quoi, l’ancien chef de l’Etat n’aurait jamais pu présider aux destinées de notre pays au moins pendant 12 ans. C’est pourquoi Me Ousmane Sèye pense aujourd’hui que « le rôle du président Wade doit plutôt consister à magnifier l’image du Sénégal à travers le monde tel un ambassadeur dont la mission est de contribuer à véhiculer  davantage l’image démocratique de notre pays. Néanmoins, l’avocat dit espérer que « Wade va se ressaisir après sa sortie parce que ce n’est pas la résistance à une quelconque oppression doit être le rôle principal de l’opposition surtout que nous n’avons pas un régime dictatorial, ni oppressif ». A en croire le président du Front Républicain « le président de la République et son gouvernement  sont tous des démocrates qui exercent le pouvoir dans la transparence et la démocratie ». Aujourd’hui, c’est reconnu sur le plan international au point que le Sénégal est représenté au niveau des plus hautes institutions de la communauté internationale. Ce qui prouve selon Me Sèye que les raisons que l’image que l’opposition tente de dépeindre à notre pays est toute autre, car notre pays qui est souvent cité en  exemple, est à l’honneur au niveau de plusieurs instances dans le monde.  Même le siège du Haut Conseil  de l’Union Africaine sera abrité par le Sénégal avant même que le Haut Conseil national ne soit créé, il a été ainsi décidé par l’Union Africaine. Donc, si Me Wade demande aujourd’hui  aux opposants d’engager la résistance contre le pouvoir « c’est vraiment désolant et à la limite malheureux et il est temps de cesser depuis l’extérieur, d’essayer de ternir l’image de notre pays » juge l’avocat. Ailleurs en Europe ou aux Etats Unis, on n’a jamais vu un leader de l’opposition venir au Sénégal pour peindre un tableau sombre de son pays. Selon Me Sèye « c’est là où commence le patriotisme et nous ne devons pas avoir honte de dire au monde entier la vérité même nous sommes des opposants »
Les enjeux du pétrole et du gaz face au défi économique du Sénégal
« Je profite de l’occasion pour féliciter le premier Mouhamad Boune Abdallah Dione qui est entrain d’abattre un travail extraordinaire à la tête de l’équipe gouvernementale qu’il dirige ». Il a eu déjà à tenir une conférence de presse pour livrer à l’opinion des documents et donner des informations précises sur le pétrole et le gaz. Selon Me Sèye « le premier ministre n’était pas dans l’obligation de le faire ». Puisqu’il rappelle que « toutes les interpellations qui avaient été faites sur ces ressources minières là n’étaient pas légitimes ». Même s’il est vrai que les citoyens ont droit à l’information, mais les compatriotes sont bien représentés au Sénégal à travers des institutions comme l’Assemblée Nationale. Cependant, le président du Front Républicain estime que « c’est par une volonté de clarification et par un souci de transparence, d’information qu’il a eu à faire cette conférence presse parce que le gouvernement n’a rien à se reprocher ». Cela, pour non seulement donner des informations mais aussi mettre à la disposition de l’opinion des documents essentiels, notamment des contrats avec des partenaires étrangers  sur la recherche et l’éventuelle production du pétrole. Toutefois l’avocat dit se refuser à réduire  la découverte du pétrole et du gaz à un seul homme fût-il le fils ou le frère du président de la République. Il a laissé croire que la découverte de l’or noir doit amener les Sénégalais et le gouvernement en premier à s’interroger sur les conséquences de cette découverte sur l’économie nationale. En termes plus clairs, Me Ousmane Sèye parle de l’environnement du pétrole et pour lui « l’important ne n’est pas les recettes tirées du pétrole mais plutôt l’investissement de ces recettes ». Par exemple au niveau de l’agriculture, de l’élevage, au niveau des entreprises et des services qui nous permettra de bâtir une économie forte et émergente pour le développement de notre pays.  Selon lui, il faudra y penser et fort heureusement « nous avons un président de la République qui maîtrise parfaitement la question ». Car le premier acte rassurant que le chef de l’Etat a eu à poser c’est  de faire adhérer le Sénégal à l’ITE qui est un organe de transparence pour la production et la gestion du pétrole. Le deuxième acte posé toujours par le président Macky Sall est la récente création du Comité d’Orientation Stratégique du pétrole et du gaz. Selon Me Sèye « ce comité est d’une importance capitale » et il faut aussi rappeler que c’est le président de la République qui détermine la politique de la nation. Seul, il peut le faire mais le chef de l’Etat a pris la précaution pour la découverte et l’exploitation du pétrole du gaz de créer le COS-Petrogaz. Mais à travers la composition de cette organisation, on se rend compte qu’il a voulu s’entourer de garantie et de transparence parce que pratiquement, toutes les institutions de la République y seront représentées. Mais ce sera quand même un organe de l’exécutif  où seront représentées les institutions parce qu’il n’appartient pas à l’opposition de déterminer la politique du gouvernement encore moins à la société civile. Si le chef de l’Etat a pris la responsabilité de créer un organe pour s’entourer de garantie et de transparence, ce sont les institutions, certains organismes et d’autres personnes ressources qui doivent y siéger  parce que le peuple a déjà choisi celui qui doit définir  la politique de la nation et c’est le président de la République.  Il lui appartient lui, et le cas pour un souci de transparence, de pouvoir mieux être conseillé dans le cadre de la sauvegarde des intérêts  du Sénégal et des Sénégalais, de créer  des comités consultatifs qui ont un caractère exécutif comme le COS-Petrogaz. Donc pas de désordre, le COS est une institution exécutive composé par des représentants de certaines institutions pour  conseiller le président de la République. Mais d’autres actes du chef de l’Etat vont suivre au fur et à mesure qu’on va avancer dans l’exploitation du pétrole parce qu’il faut dire aussi à tous ceux-là qui s’agitent que nous n’en sommes pas encore à la phase de l’exploitation,  de la production-partage. Nous sommes à la phase de prospection et de recherche et faut-il le rappeler « toutes les sociétés minières concernées par  cette phase sont exemptées d’impôt ». Aujourd’hui,  on est peut être à la phase de production-partage qui fait l’objet de contrats  de production-partage approuvés par décret. Selon Me Sèye, c’est dans ce contrat que les conditions financières, techniques et fiscales de la production et du partage du pétrole seront consignées. Donc tous ceux qui spéculent autour de la fiscalité sur l’exploitation du pétrole, soit ils sont de mauvaise foi ou bien ce sont des ignorants. C’est pourquoi dit-il « je vois mal certaines sociétés minières  prêtes à investir des milliards pour la recherche du pétrole et qui les sortent avant toute découverte ». A ce niveau de confusion, l’avocat dit compter sur la maturité des Sénégalais qui savent discerner les bonnes informations. Mais il y’a un autre aspect évoqué par Sèye qui signale que le Sénégal est devenu un enjeu important sur le plan international  et géopolitique et qu’il ne faudrait pas se voiler la face. Selon lui « il y’a des puissances étrangères, des lobbies extérieurs  qui veulent aussi exploiter le pétrole de notre pays et qui se cachent derrière des hommes politiques  ou d’autres lobbies nationaux pour essayer de créer la tension en vue de renverser la situation pour n’avoir pas bénéficié de contrat ». Donc il faut  que les compatriotes soient très vigilants et comme la constitution dit clairement que pour être candidat, il faut exclusivement être de nationalité Sénégalaise.  C’est d’autant plus préoccupant pour lui qu’il s’est interrogé sur les intérêts réels que semblent défendre ces  hommes politiques qui  sont subitement montés au créneau, parlant du pétrole. Selon Me Sèye « parmi ces détracteurs, il y’a des Franco-Sénégalais qui préfèrent plutôt défendre des intérêts autres que ceux du Sénégal et les populations ne doivent pas être prises dans ce piège ». Giscard d’Estaing avait dit au président François Mitterrand que « tu n’as pas le monopole du cœur » et Me Sèye de dire aux opposants que « vous n’avez pas le monopole du patriotisme ». Le président Macky Sall pose aujourd’hui des actes éminemment  patriotiques et « je peux même affirmer qu’il est le premier patriote au Sénégal ». Il ne faudrait pas donc par la désinformation et  l’intoxication, que la vigilance des compatriotes soit détournée et qu’ils posent des actes pour protéger leurs intérêts et non ceux d’autres pays.  Il s’agit essentiellement d’un enjeu de souveraineté nationale qui se pose au moment où de grands agitateurs  qui rament à contre courants des intérêts nationaux dans le but de remettre en cause notre souveraineté nationale.
Le HCCT, sa composition et ses missions…
« C’est le peuple Sénégalais qui a assigné une mission aux hauts conseillers  territoriaux que nous sommes en votant avec une très large majorité, le référendum du 20 Mars 2016 ». Parmi les points importants  de ce référendum figurait la création du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT).  Me Ousmane Sèye semble se convaincre que le peuple Sénégalais en était tellement d’accord que cela n’a même pas fait l’objet de débat pour dire que « c’est de manière consensuelle que les populations ont accepté dans leur majorité la mise en place de ce haut Conseil ». Contrairement au mandat présidentiel qui aura fait couler beaucoup d’encre et de salive mais il se félicite du fait que la création de cette nouvelle institution a dû faire l’objet d’un consensus national. Notamment à travers le vote et les débats qui ont précédé le référendum. Le deuxième  point c’est la loi organique qui a créé le Haut Conseil des Collectivités Territoriales et qui a donné à l’institution sa mission d’Assemblée consultative pour conseiller le président de la République dans la mise en œuvre des politiques publiques  de territorialité. « Je dis souvent qu’avec la mondialisation, le territoire est devenu le refuge du citoyen, le centre socio-économique  de la politique nationale ». Dès lors que l’Afrique a raté la fédération des états, il ne faudrait que notre continent rate encore la fédération des territoires.  Aujourd’hui, tout le monde sait que l’Union Africaine a adopté la création du Haut Conseil des Collectivités Territoriales et presque tous les états de l’UEMOA ont respectivement crée cette institution et il y’aura peut-être même une fédération régionale ou sous régionale des différents hauts conseils au niveau de la CEDEAO ou de l’UEMOA.  Cependant, Me Sèye souligne que les missions sont diverses parce qu’outre le rôle de réflechir  et de conseiller le président de la Républiques sur les politiques territoriales, il y’a que des problèmes se posent avec  l’Acte III de la décentralisation. Me Sèye renseigne que « nous allons incessamment vers la phase 2 de l’application de Acte III  où il y’a la création des pôles régionaux  qui nécessité le dialogue des territoires  pour leur rattachement.  Comme on a l’ambition de revenir à des régions naturelles au Sénégal, le Haut Conseil a pour mission de faciliter ce dialogue des territoires. Il y’a également le problème de la fiscalité locale au niveau des communes et il ne faut nullement perdre de vue que la décentralisation est un transfert de pouvoirs de l’Etat aux collectivités locales. Il faudrait que ce processus soit accompagné aussi de transfert de moyens  et Me Sèye estime que « la fiscalité locale est l’instrument nécessaire et essentiel devant permettre aux différentes collectivités locales de jouer pleinement leur rôle au grand bénéfice des populations ». Tout compte fait, l’avocat ne doute pas que le Haut Conseil puisse donner au président de la République après enquêtes et investigations et compte tenu des compétences que regorge l’institution, des avis avisés afin que le problème de la fiscalité locale soit résolu.  Il y’a aussi le problème du statut de l’élu local et son personnel sur lesquels les hauts conseillers territoriaux devront réflechir. Mais également sur les pouvoirs de police de l’élu local ainsi que sur le découpage des communes. Comme il y’a le problème du regroupement des pôles régionaux, il faudra qu’on  essaye de trouver le dialogue au niveau des collectivités locales pour voir comment elles peuvent s’organiser, se regrouper pour créer quand même un espace beaucoup plus viable et vital. Parce que selon lui « il ne sert à rien d’avoir de petites communes  qui face très souvent à des difficultés de recettes et de dépenses encore que l’Etat ne peut pas  prendre en charge ces préoccupations financières très colossales ». En définitive, l’Acte III de la décentralisation a donné le pouvoir aux élus  pour qu’ils puissent nouer des relations et partenariats à l’international notamment sur le plan financier et économique afin d’être totalement autonomes financièrement par le biais de la coopération décentralisée où le Haut Conseil  va jouer un rôle très important. Il s’agira de faciliter les conditions pour les communes à investir et gérer leurs personnels. En outre, le Haut Conseil est le fondement de la démocratie locale et va participer à l’animation, à la formation des citoyens  pour qu’ils s’imprègnent des enjeux de la démocratie décentralisée.  En tout cas, Me Sèye  considère que le Haut Conseil est l’une des institutions les plus importantes de notre ordonnancement institutionnel.  Aujourd’hui dit-il « nous avons l’honneur et la responsabilité de servir cette nouvelle institution qui a des missions nouvelles très importantes dans la vie quotidienne des Sénégalais ». Parce qu’on parle désormais du rapprochement des administrés de l’administration, c’est-à-dire le fondement de la décentralisation et le Haut Conseil représente le levier essentiel sur lequel  le président de la République et son gouvernement doivent s’appuyer pour réussir la politique de décentralisation au Sénégal.
 
 
 
 
Jeudi 3 Novembre 2016
Dakar actu



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