Me Mame Adama Guèye : « On ne peut pas nous reprocher de développer une opposition crypto- personnelle au président Macky Sall… »

Sans prendre de gants, l’avocat Me Mame Adama Guèye s’est prononcé sur l’actualité de l’heure. Il était l’invité de l’émission dominicale Grand Jury de la RFM.


Une analyse sans complaisance. C’est l’exercice auquel l’avocat d’affaires au barreau de Dakar, Me Mame Adama Guèye s’est livré au sujet de la situation politique, sociale et économique du Sénégal. Le coordinateur de la plateforme Avenir Senegal Biñu Beug trouve que les « espoirs nourris par les sénégalais avec l’avènement de Macky Sall au pouvoir ont été déçus ». 
Rappelant que les douze ans de Me Wade au pouvoir ont été marqués par des maux très graves tels que le népotisme, la corruption, la mal gouvernance, la robe noire regrette que les ruptures promises n’aient pas été au rendez-vous. Il est d’autant plus déçu qu’il se présente comme un acteur du changement opéré à la tête du Sénégal le 25 mars 2012. Ce qui fait dire à Mame Adama Guèye « qu’on ne peut pas nous reprocher une opposition crypto-personnelle au président Macky Sall ». 


Dans la même veine, il s’attaque au Plan Sénégal émergent. A son avis, le PSE est comme un véhicule non encore au point mais qui est déjà mis en marche. Pour étayer son diagnostic, l’avocat cite des « experts » tels que l’économiste Amadou Aly Mbaye qui, selon lui, prône une politique économique indépendante qui voudrait qu’on arrête de soumettre notre pays aux bailleurs. 


Convaincu que les Sénégalais sanctionneront le régime de Macky Sall à l’occasion des prochaines législatives, Me Mame Adama Guèye n’en est pas moins inquiet sur les conditions de l’organisation de ces joutes électorales. A l’en croire, il y a un pré requis pour que les choses se passent dans les règles de l’art. Il évoque la question de la carte d’identité numérisée et parle de « scandale ». « Pourquoi attendre au dernier moment pour lancer une procédure d’urgence », s’interroge l’avocat qui regrette le manque de vision du gouvernement. « On a un gouvernement qui court après les urgences », fustigera-t-il.


Naturellement, la démission du juge Ibrahima Hamidou Dème du Haut conseil de la magistrature s’est invitée au débat. Mame Adama Guèye s’est dit pris de court par la décision du magistrat. « Parce qu’au Sénégal, on ne démissionne pas », a-t-il argumenté. Cependant, le coordinateur de la plateforme Avenir Senegal Biñu Beug fait remarquer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil même s’il loue l’acte posé par le substitut général de la Cour d’appel. « Symboliquement, c’est important. Ca fait progresser le débat…», renchérit l’avocat qui juge que le magistrat Dème n’a pas violé l’obligation de réserve.


L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats va plus loin en appelant à des assises de la justice dans une approche inclusive, telles que le théorisait un certain…Sidiki Kaba le 28 janvier 2016. « Il faut réformer la gouvernance du HCM pour neutraliser la prééminence de l’exécutif dans le fonctionnement du Haut conseil de la magistrature », requiert-il.


Au président de la République, Me Mame Adama Guèye demandera de prendre ses responsabilités pour éviter un pourrissement de la situation. Pour autant, le coordinateur de la plateforme Avenir Senegal Biñu n’est pas de ceux qui pensent qu’il faudrait couper le cordon ombilical entre l’exécutif et le judiciaire.


Actualité pour actualité, Mame Adama Guèye s’est prononcé sur le rachat de Tigo par le groupe Wari. « C’est une tres bonne chose. Il faut s’en féliciter », a déclaré l’avocat d’affaires qui rappelle cependant que d’autres opérateurs économiques sénégalais se sont déjà inscrits dans le même sillage depuis fort longtemps. L’occasion faisant le larron, il s’est de nouveau attaqué à l’Etat qui, à son avis, ne fait pas tout ce qu’il faut pour accompagner « nos champions nationaux ». 
Dimanche 12 Février 2017
Dakaractu




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