Me Bassirou Ngom : « Les mises en garde dans l’affaire Eden Rock c’est des gesticulations (…) Le Président de la République est étranger aux problèmes du PS »


Me Bassirou Ngom : « Les mises en garde dans l’affaire Eden Rock c’est des gesticulations (…) Le Président de la République est étranger aux problèmes du PS »
 
 
Me Bassirou Ngom, la CREI a mis en vente les appartements Eden Rock appartenant à Bibo Bourgi, contestés par les avocats qui rappellent la procédure pendante devant la juridiction internationale. Quelle analyse vous en faites ?
 
D’abord je précise que ce n'est pas la CREI qui a mis en vente les appartements EDEN ROCK. La     CREI a jugé et a estimé qu'il y'a enrichissement illicite.
Par conséquent, il a ordonné la confiscation des biens au profit de l'État comme le prévoit la loi.
Par la suite la Cour suprême a confirmé l'arrêt de la Crei et toutes les voies de recours ont été épuisées y compris au niveau international en ce qui concerne les biens qui sont au Sénégal dont les dits appartements.
La décision ayant aujourd'hui acquis l'autorité de la chose jugée, l'État du Sénégal au profit de qui la confiscation a été ordonnée, a muté les appartements en son nom.
Les appartements étant aujourd'hui immatriculés au nom de l'État, il est en droit de les vendre ou d'en faire l'usage qu'il voudra.
Pour les mises en garde, il s'agit juste de gesticulations tendant à semer le doute dans la tête des éventuels acquéreurs qui n'auront aucune peine à comprendre la stratégie qui sera un échec comme celles qui l'ont précédée.
 
 
 
 
L’affaire Bamba Fall et l’inculpation des présumés casseurs du PS, comment vous l’appréciez? N’est-ce pas une façon pour Macky Sall de protéger un de ses souteneurs, de ses amis en l’occurrence Tanor Dieng ?
 
Vous savez au Sénégal, on à la fâcheuse habitude de jouer aux victimes en toute circonstance juste pour ameuter le peuple et se couvrir pour ses agissements.
 
Dans cette affaire, il s'agit d'un différend qui oppose des personnes d'une même association à laquelle le Président de la République est entièrement étrangère.
Mentionner son nom relève par conséquent d'une mauvaise foi et de la diversion.
 
Rappelez-vous que les faits remontent à dix mois et que la plainte a été déposée par le parti socialiste contre X.
Qu’en ce moment Monsieur Khalifa Sall lui même s'était indigné de ce qui s'était passé et avait demandé à ce qu'une enquête soit ouverte et que les auteurs et les commanditaires soient poursuivis.
 
C’est exactement ce qui a été fait et au bout d'une longue enquête des personnes ont été arrêtées et placées sous mandat de dépôt.
 
Dans ces circonstances, il est quand même aisé d'affirmer que le pouvoir n'est en rien concerné et que c'est à leur niveau qu'il était possible de régler cette affaire.
 
 
 
Et la fréquence des retours de parquet observée dans cette affaire, qu’est-ce qu’il faut faire pour que les mis en cause puissent être présentés au procureur dans de brefs délais ?
 
 Pour les retours de parquet, je pense que c'est surtout en cas d'ouverture d'une information que c'est fréquent. Il s'agit de problèmes administratifs inhérents à la complexité et aux différentes procédures allant de la présentation au procureur au face à face avec le magistrat instructeur qu'il faut choisir entre 10 cabinets en passant par les avis et le réquisitoire introductif qui est l'acte qui saisit le juge.
 
Un commentaire sur la situation en Gambie
 
 Ce qui se passe en Gambie est quand même déplorable. Je souhaite une sortie honorable pour le président Yaya Jammeh, ce qui passera par une solution négociée comme l'a toujours souhaité et préconisé le Président Macky Sall.
 
Comment appréciez-vous les sorties de votre collègue Me El Hadj Diouf sur cette question ?
 
 Il faut comprendre que mon confrère et ami El Hadj Diouf défend une position qui est la sienne et qu'il faut respecter, même si on n’est pas d'accord. Je pense qu'il faut prendre en considération toutes les solutions proposées et par la suite choisir la meilleure qui est à mon avis le dialogue, la mise en confiance et sur ce que tout le monde s'accorde, y compris El Hadj Diouf
 
Le Président Sall a mis en place diverses institutions comme le HCCT, le CESE, le CNDT qui ont un impact financier considérable sur notre économie.  Sont-ce des priorités ?
 
Pour ce qui est des institutions, il faut comprendre que la démocratie a un coût. Si on veut une démocratie moderne comme ce qui se fait de meilleur dans le monde, il faut des institutions fortes chargées de contrôler son fonctionnement. Il sera dommage d'accepter qu'il y ait territorialisation des politiques publiques sans créer un organe chargé de contrôler et d'accompagner ses territoires dans leurs efforts d'œuvrer au bien être des populations.
 
Et quid du TER ?
 
Pour ce qui est du TER, c'est curieux de reprocher au Président d'être ambitieux pour son peuple qui a porté sa confiance en lui. L’agglomération Dakaroise concentre une bonne partie de la population construire ce ter qui aura une gare dans chaque ville traversée comme Pikine et Guédiawaye, Rufisque et... une connexion avec un réseau de bus qui vont desservir toute la banlieue jusqu'à l'aéroport de Diass constitue une vrai vision qu'il faut au contraire saluer et un excellent legs pour les générations futures comme aime à le dire monsieur le Président de la république.
 
Dimanche 15 Janvier 2017
Dakaractu




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