Manque d’eau à Dakar : pour une communication et gestion de crise efficaces.


Manque d’eau à Dakar : pour une communication et gestion de crise efficaces.
Cette exaspération des manifestants dans la capitale, au-delà d’être l’expression d’une colère et la réclamation d’un droit dont les populations ont été privées depuis plusieurs jours, restent aussi le signe d’une bonne respiration de notre Démocratie. N’oublions pas que la révolution française est naît d’une hausse du prix de pain à la suite  des guerres des farines et des mauvaises récoltes de 1788.
Du point de vue de la bonne gouvernance (nous parlons de la vraie), c’est dans les situations d’urgence et de catastrophes que l’on mesure la capacité des dirigeants à convaincre les plus sceptiques de toutes leurs attitudes et aptitudes de bons gestionnaires.
Pour réussir cette épreuve, toutes les bonnes équipes dirigeantes se sont approprié la première leçon politique qui dit que « gouverner c’est prévoir ». Ce qui nous oblige à ne jamais attendre qu’une situation d’urgence se manifeste pour lui chercher d’abord et ensuite trouver des solutions. Prévoir pour mieux gouverner signifie donc anticiper déjà les pires scénarios en imaginant des solutions de sortie de crise -ou disons issus de secours- au cas où l’imprévisible se produit.
Et si nous considérons ces soulèvements populaires –situations conflictuelles, nous disons qu’elles sont d’une importance vitale pour l’Etat et son devenir démocratique. C’est dans ce sillage que Sun Tzu, auteur  d’un ouvrage stratégique intitulé L’art de la guère,  nous dit que « La guerre [disons ici soulèvement populaire ou crise] est d’une importance vitale pour l’´Etat. C’est le domaine de la vie et de la mort : la conservation ou la perte de l’empire en dépendent ; il est impérieux de le bien régler. » Nécessité exige donc pour tout gouvernant de trouver  des solutions idoines et non précipitées. Communication et gestion de crise oblige.
Comme le soutient  Pascal Ragot, gérer des situations imprévues, revient pour l’Etat en tant qu’organisation de réfléchir  dans l’idéal ne ce reste que quelques instants sur des événements possibles et de simuler, en conséquence, des scénarios. Des exercices dont l'objectif est d'arrêter des stratégies de communication précises en cas de "crise". A chaque situation, ce « petit jeu » implique donc une stratégie différente. En général, Face à une crise, toute organisation peut reconnaître le problème, faire diversion ou obstruction. Toutefois, ces trois stratégies ou approches sont plus ou moins risquées.
C’est pourquoi nous pensons avec Sun Tzu, qu’une meilleure réussite de cette communication et gestion de crise passera par cinq choses principales qui doivent  faire « l’objet de nos continuelles méditations et de tous nos soins comme le font ces grands artistes qui, lorsqu’ils entreprennent quelques chef-d’œuvres, ont toujours présent à l’esprit le but qu’ils se proposent. » C’est la seule manière de pouvoir mettre « à profit tout ce qu’ils voient, tout ce qu’ils entendent, ne négligent rien pour acquérir de nouvelles connaissances et tous les secours qui peuvent les conduire heureusement à leur fin. »
Ces cinq éléments que nous ne devons jamais perdre de vie  et qui ont permis aux pays comme les Etat-Unis de surpasser de « vraies » catastrophes ou situations de crise comme katrina  sont : la doctrine, le temps, l’espace, le commandement et  la discipline.
Expliquons-nous brièvement :
La doctrine  est la source de notre unité de penser. Elle nous inspire d’une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort. C’est dans ce cadre que le président Maky sall martèle qu’ « On a vu des catastrophes dans de grands pays comme Katrina aux Etats-unis où il n’y a pas eu d’électricité pendant des jours, mais souvent les gens se serrent les coudes pour traverser ensemble les épreuves. Je pense que c’est le moment de s’unir pour régler cette situation. Ceux qui veulent politiser ce genre de choses n’ont rien compris. Des manifestations de ce genre n’ébranlent pas un Etat. Ceux qui veulent envenimer la situation à travers les radios ou l’internet ne connaissent pas l’Etat. L’Etat est plus puissant que ça. »
Considérer le temps et l’espace c’est avoir une vision synchronique et diachronique du cours de la vie et du changement social. En les étudiant bien, nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large et de l’´etroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer. Le temps et l’espace sont donc deux dimensions incontournables de toute prévision ou planification du gouvernant.
 
Le commandement fait référence à la bonne gestion des ressources humaines de toute une Nation digne. Ce qui revient à faire preuve d’équité, d’amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général. C’est pour cela que la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur restent des qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité du dirigeant. Et comme le dit le Général, ce sont des vertus nécessaires pour l’acquisition desquelles nous ne devons rien négliger : seules elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement et surtout à la tête des autres.
Pour ce qui est de la discipline elle fait référence à l’art du dirigeant de ranger les « troupes » (aussi bien les responsables et membres de son parti, les alliés qu’opposants).
Et pour le citoyen, la discipline c’est le fait de n’ignorer aucune des lois de la subordination et de les faire observer à la rigueur, être instruit des devoirs particuliers de chacun, savoir connaître les différents chemins par où on peut arriver à un même terme, ne pas dédaigner d’entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et se mettre au fait de chacune d’elles en particulier.
Tout cela ensemble forme un corps de discipline dont la connaissance pratique ne doit point échapper à la sagacité ni aux attentions d’un dirigeant afin que les différentes incantations puissent servir la cause républicaine. Il urge donc de se demander où est-ce que se trouve le patriotisme, la citoyenneté et le civisme des sénégalais ? Quelle posture républicaine pour le Nouveau Type de sénégalais (NTS) tant vanté ?
L’eau source de la vie, ne doit pas être source de frayeur (même si elle peut tuer aussi) pour le régime de Maky Sall car la meilleure manière de  servir uniquement le peuple sénégalais est de promouvoir la quiétude publique par une bonne communication et gestion de crise et à l’épanouissement total des citoyens. In fine, ne pas faire de sérieuses réflexions sur ces soulèvements populaires c’est faire preuve d’une coupable indifférence pour la conservation ou pour la perte de ce qu’on a de plus cher : LA REPUBLIQUE.

Oumar Samba Niang
Sociologue des organisations

Vendredi 27 Septembre 2013
Dakaractu




1.Posté par Mamadou yaya ly le 27/09/2013 23:27
merci cher compatriote ! c"est ce genres de contributions éclairées de citoyens soucieux du commun de vouloir vivre en communauté solidaire dont nous avons avons besoin en ces moments difficiles pour parer à l'essentiel et à l'urgent pour le bien de tous. gare à cs démagogues de mauvais aloi qui tentent par tous les moyens imaginables et inimaginables de politiser cette crise de l'eau.

2.Posté par oumar niang le 29/09/2013 15:36
Merci cher compatriote. Travaillons tous pour l'unité des cœurs et des esprits pour le développement du Sénégal.



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